Rechercher
Rechercher

Monde - Défense

L’UE renforce son autonomie pour être un « partenaire fort » pour Washington

L’UE renforce son autonomie pour être un « partenaire fort » pour Washington

Le président du Conseil européen, Charles Michel, lors d’un sommet virtuel avec le dirigeants des 27 et le secrétaire général de l’OTAN, hier. Reuters/Johanna Geron/Pool

Confrontés au désengagement américain et à de nouvelles menaces, les dirigeants européens, réunis hier en sommet, ont décidé de renforcer l’autonomie d’action de l’UE pour lui permettre de s’affirmer comme un « partenaire fort » pour l’OTAN et les États-Unis.

« La complémentarité est la clef », a insisté le président du Conseil européen, Charles Michel, à l’issue d’une visioconférence de près de trois heures avec les dirigeants des 27 et le secrétaire général de l’OTAN. « Nous voulons renforcer la capacité de l’UE d’agir de manière autonome, avec le souhait d’être un partenaire fiable pour l’OTAN et les États-Unis », a-t-il expliqué.

« Un partenariat fort requiert des partenaires forts », a insisté le dirigeant belge. Le nouveau secrétaire d’État américain, Antony Blinken, avait utilisé la même formule lors de son premier entretien en visioconférence lundi avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE.

« Nous devons affronter les mêmes menaces, et ni l’Europe ni les États-Unis ne peuvent le faire seuls », a reconnu le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

« Mais cette capacité pour l’UE d’agir de manière autonome inquiète les pays membres en première ligne face à la Russie, car ils appréhendent un désengagement européen vis-à-vis de l’OTAN », confie un haut fonctionnaire européen. Les dirigeants lituanien, letton et polonais ont renouvelé leurs préoccupations pendant le débat, mais « personne n’a contesté le besoin d’agir de manière autonome », a assuré un des participants.

Nouvelles menaces

Le président français Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité pour l’Europe « d’anticiper les nouvelles formes de menaces, cyber, maritimes, spatiales, aériennes ». Le risque est aussi terroriste. « Le niveau de la menace est aujourd’hui le plus élevé jamais constaté depuis la guerre froide, et il ne vient pas que de la Russie », explique un diplomate européen de haut rang.

L’eurodéputé français Arnaud Danjean (PPE, droite pro-UE), spécialiste des questions de défense, déplore le « faux débat » créé autour de l’autonomie de défense de l’UE. « Tout le monde sait que le cœur de l’OTAN, c’est son rôle sur le front est, face à la Russie », soutient-il. Selon lui, c’est sur le flanc sud qu’il faut « une vraie autonomie européenne », car l’OTAN s’y retrouve régulièrement « paralysée » par la Turquie, qui s’est notamment opposée à une opération en Libye (au sein de l’Alliance, les décisions sont prises à l’unanimité). « La Turquie est un membre important de l’OTAN, mais nous (les pays de l’UE) avons des difficultés avec ses comportements », a souligné Charles Michel.

L’état des relations entre l’UE et la Turquie sera évalué par les dirigeants européens fin mars et « nous prendrons les décisions ensemble », a-t-il précisé.

L’UE doit faire front uni pour identifier ses moyens et surtout ses dépendances : elles sont énormes, soutient Arnaud Danjean, citant les drones, les missiles, les composants, les capteurs et le géopositionnement pour les armes téléguidées.

« Nous devons réduire nos dépendances, diversifier nos approvisionnements, et cela ne vaut pas seulement pour les capacités militaires », a insisté la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. La Commission européenne a récemment fourni un cadre avec son plan d’action pour les synergies entre les industries civile, spatiale et de défense. Le budget européen prévoit un budget annuel de 1 milliard d’euros pendant sept ans pour financer le Fonds européen de défense.

La « facilité de paix » va permettre de fournir des armements aux partenaires de l’UE et peut désormais entraîner et équiper des forces militaires en Afrique.

« L’UE a identifié les menaces et ses moyens. Elle doit maintenant passer aux actes », a commenté le diplomate. Elle doit renforcer sa capacité à mener des missions militaires de manière autonome, développer une autonomie technologique, être en mesure d’agir contre les cyberattaques, et être présente dans l’espace et dans toutes les mers pour défendre la liberté de navigation de ses navires, a-t-il expliqué. « Les Européens ont les moyens d’agir. Il leur faut la volonté politique. Hélas, elle n’est pas encore au rendez-vous », a-t-il déploré.

Source : AFP


Confrontés au désengagement américain et à de nouvelles menaces, les dirigeants européens, réunis hier en sommet, ont décidé de renforcer l’autonomie d’action de l’UE pour lui permettre de s’affirmer comme un « partenaire fort » pour l’OTAN et les États-Unis.
« La complémentarité est la clef », a insisté le président du Conseil européen, Charles...

commentaires (1)

j'ai pas vraiment saisi : est ce que l'UE decide d'augmenter sensiblement leurs depenses militaires comme exige par D Trump ?

gaby sioufi

14 h 37, le 27 février 2021

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • j'ai pas vraiment saisi : est ce que l'UE decide d'augmenter sensiblement leurs depenses militaires comme exige par D Trump ?

    gaby sioufi

    14 h 37, le 27 février 2021

Retour en haut