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Économie - Industrie

Inauguration de la première voiture électrique assemblée au Liban

Inauguration de la première voiture électrique assemblée au Liban

La Quds sera commercialisée à partir de juillet avec un prix de départ de 30 000 dollars, avec des facilités de paiement pour le Liban. Photo M.A.

C’est avec fierté que le PDG et fondateur canado-palestinien Jihad Mohammad a dévoilé hier la première voiture électrique assemblée au Liban, baptisée Quds, nom arabe pour la Ville sainte de Jérusalem, à proximité du siège social de l’entreprise Ev Electra Ltd à Hadeth (caza de Baabda), fondée il y a trois ans et demi, et financée par la société d’investissement de son PDG, Jihad Mohammad Investments llc.

La joie se lisait sur les visages et sourires des employés, fiers de cette voiture, et particulièrement de sa symbolique. « Quds va conquérir le monde », a lancé Nasma Abdallah, chargée de la communication de la société, coiffée du traditionnel keffieh palestinien, avant de fondre en larmes lorsqu’elle a aperçu la voiture. La sorte de l’automobile de l’usine a d’ailleurs poussé certaines femmes à pousser un youyou (zaghrid) et les autres personnes présentes ont applaudi. Il s’agit « d’un rêve devenu réalité », a lancé Jihad Mohammad, fier de ses origines, étant de père palestinien et de mère libanaise. « Mais cette industrie est libanaise », précise-t-il, en particulier pour certaines pièces « à 100 % libanaises, comme les portes et la carrosserie ».

Diversité des équipes

Malgré la crise sanitaire, le PDG était ravi d’avoir pu inaugurer cette voiture, alors que le pays est toujours confiné en raison du Covid-19. L’événement a tout de même eu pour effet de retarder l’inauguration du showroom, obligeant ainsi la présentation à se dérouler en plein air. Il a tenu à ne pas décaler la date prévue depuis plusieurs mois en raison des critiques qui lui ont été adressées concernant la non-faisabilité du projet. « Personne ne nous a crus, mais nous sommes là », hurle-t-il sous les applaudissements. En effet, plusieurs observateurs avaient souligné la difficulté de mettre en œuvre un tel projet compte tenu des circonstances que traverse le pays, en commençant par la crise économique, l’instabilité politique et régionale, sans oublier les nombreuses coupures d’électricité récurrentes au Liban, alors que son coût reste cher comparé à d’autres pays industriels, comme la Chine par exemple. Des défis que Jihad Mohammad a souhaité relever, selon ses déclarations à L’Orient-Le Jour en début d’année.

Concernant le moteur, ce sont leurs ingénieurs en Europe qui l’ont imaginé, mais l’entreprise œuvre à le fabriquer au Liban, et travaille actuellement sur une nouvelle tonologie, qui sera « dix fois plus puissante et qui devrait voit le jour à fin 2021 », selon le PDG. Quant à la pièce la plus importante, la batterie, elle est importée, et Jihad Mohammad a confirmé que l’usine libanaise ne la fabrique pas. Il avait précisé en début de mois à L’Orient-Le Jour qu’elle sera importée en pièces détachées et assemblée sur place.

Nasma Abdallah, chargée de la communication de la société, coiffée du traditionnel keffieh palestinien a fondu en larmes lorsqu’elle a aperçu la voiture. Photo M.A.

La batterie a une capacité de  « 45 kilowattheures ». La batterie en lithium ne devant pas être utilisée à 100 % de sa capacité afin d’éviter tout problème, explique-t-il. Son autonomie oscille entre « 250 et 400 km », selon le type de route, du trafic et du dénivelé. Le moteur a une puissance de « 240 chevaux », et passe 0 à 100 km/h en 3,5 secondes selon lui. Son prix en entrée de gamme sera de « 30 000 dollars » avec des facilités de paiement pour le Liban – en raison de la baisse de pouvoir d’achat et des restrictions sur l’accès aux avoirs en devises – et s’élèvera à « 70 000 dollars » pour la voiture équipée de toutes les options. La marque a également développé une autre gamme, en plus de Quds, Rise, cette dernière ayant été nommée en référence à la double explosion meurtrière qui a eu lieu au port de Beyrouth le 4 août dernier.

Jihad Mohammad a indiqué que la voiture sera mise en vente à partir de juillet, mais les personnes l’ayant déjà commandée devront la recevoir avant cette date. La production de masse n’a pas encore débuté, et il espère ouvrir prochainement des usines dans le pays, comme prévu depuis plusieurs mois. L’équipe a continué de travailler sur le modèle la nuit de samedi à dimanche, même si la voiture a connu un problème technique lors du lancement hier, en attendant les dernières finitions.

Ev Electra Ltd prévoit d’assembler 10 000 voitures cette année et 100 000 voitures en cinq ans. Pour y parvenir, la société prévoit de décupler son nombre d’employés passant de 200 actuellement, essentiellement des Libanais et des Palestiniens vivant au Liban, pour atteindre 2 000 au moment de l’ouverture de ses sites, puis 4 000 en 2022 et 50 000 en 2025 répartis entre le Liban et l’Europe. Le PDG s’est vanté de la diversité présente dans ses équipes, en termes de religions et de nationalités (libanaises et palestiniennes), en particulier parmi les ingénieurs, dont la plupart ont obtenu récemment leurs diplômes, ou n’ont pas trouvé de travail dans leur domaine depuis leurs études. Toutefois, les ouvriers habitent « tous » dans des camps palestiniens, Jihad Mohammad souhaitant leur offrir une chance dans la vie, selon ses mots.


C’est avec fierté que le PDG et fondateur canado-palestinien Jihad Mohammad a dévoilé hier la première voiture électrique assemblée au Liban, baptisée Quds, nom arabe pour la Ville sainte de Jérusalem, à proximité du siège social de l’entreprise Ev Electra Ltd à Hadeth (caza de Baabda), fondée il y a trois ans et demi, et financée par la société d’investissement de son PDG,...

commentaires (7)

Belle initiative mais il faut relever que les chiffres de production indiqués sont un peu fantasmagoriques. Ils ont produit une voiture de sport, donc essentiellement adressée a un public plutôt jeune. Quel jeune aujourd'hui peut il se permettre de se payer une bagnole entre US$30.000 et 70.000 ? De plus, le monde entier a pris la crise du COVID en pleine figure et les conséquences économiques ne se sont pas encore fait réellement sentir. 2021 et 2022 nous montreront l'entendus des dégâts. N'aurait il pas été mieux que ce model vienne après une voiture urbaine plus pratique et plus accessible? Je ne critique pas mais pose matière a réflexion. J’espère avoir tort mais j'ai vu des sociétés s'effondrer parce que justement elles se sont grattées " l'oreille droite avec la main gauche ". Je leur souhaite beaucoup de succès et espère que cela marchera pour eux quand même.

Pierre Hadjigeorgiou

09 h 11, le 23 février 2021

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Commentaires (7)

  • Belle initiative mais il faut relever que les chiffres de production indiqués sont un peu fantasmagoriques. Ils ont produit une voiture de sport, donc essentiellement adressée a un public plutôt jeune. Quel jeune aujourd'hui peut il se permettre de se payer une bagnole entre US$30.000 et 70.000 ? De plus, le monde entier a pris la crise du COVID en pleine figure et les conséquences économiques ne se sont pas encore fait réellement sentir. 2021 et 2022 nous montreront l'entendus des dégâts. N'aurait il pas été mieux que ce model vienne après une voiture urbaine plus pratique et plus accessible? Je ne critique pas mais pose matière a réflexion. J’espère avoir tort mais j'ai vu des sociétés s'effondrer parce que justement elles se sont grattées " l'oreille droite avec la main gauche ". Je leur souhaite beaucoup de succès et espère que cela marchera pour eux quand même.

    Pierre Hadjigeorgiou

    09 h 11, le 23 février 2021

  • Bien qu'il soit difficile de se projeter dans l'avenir, en ces temps terribles, il faut saluer cette initiative ! Au delà de la main d'oeuvre bon marché pour l'assemblage et du fait que même Elon Musk s'est rendu compte de l'mpossibilite de tout automatiser, c'est un premier pas dans un secteur en mutation où nous pourrions trouver un axe pour innover.

    Gabriel Georges Dib

    22 h 15, le 22 février 2021

  • N'importe quoi.

    B Malek

    20 h 55, le 22 février 2021

  • Belle initiative mais pourquoi faut-il avoir une voiture à la Batmobile lorsque le pays pourrait produire des voitures normales pouvant compétitionner avec l'étranger? Évitons le show-off inutile.

    Michael

    19 h 50, le 22 février 2021

  • Bof bof bof ! une voiture électrique dans un pays qui a des problèmes d’électricité ! cherchez l’erreur …

    Le Point du Jour.

    16 h 15, le 22 février 2021

  • Voila une bonne nouvelle ! Il a du merite ce monsieur

    Elkhazen maud

    15 h 24, le 22 février 2021

  • Bravo... vraiment!

    NAUFAL SORAYA

    07 h 34, le 22 février 2021

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