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Monde - Coronavirus

Origines de la pandémie : Washington et des experts de l’OMS font pression sur Pékin

Fermeture partielle de frontières en Allemagne malgré les critiques de l’UE.

Origines de la pandémie : Washington et des experts de l’OMS font pression sur Pékin

Des Britanniques faisant la queue devant un centre de vaccination mobile contre le Covid-19, à Thamesmead, près de Londres. Henry Nicholls/Reuters

Les États-Unis et des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont fait pression durant le week-end sur la Chine pour qu’elle fournisse davantage de données, alors que l’enquête de l’OMS à Wuhan sur les débuts de la pandémie s’est achevée sans conclusions définitives.

« Nous voulons davantage de données. Nous avons demandé plus de données », a déclaré Peter Ben Embarek, qui a passé avec son équipe un mois à Wuhan, où le coronavirus responsable de l’épidémie a été découvert en décembre 2019. « Il y a un ensemble de frustrations mais aussi d’attentes réalistes quant à ce qui est faisable dans un délai donné », a-t-il ajouté, avant d’espérer que les données réclamées seraient fournies, permettant d’aller plus loin.

Fortes inquiétudes

De son côté, la Maison-Blanche a fait savoir qu’elle avait « de fortes inquiétudes sur la façon dont les premiers résultats de l’enquête sur le Covid-19 ont été communiqués et des questions sur la procédure utilisée pour y parvenir ». « Pour mieux comprendre cette pandémie et préparer la prochaine, la Chine doit rendre accessibles ses données sur les premiers jours de l’épidémie », a ajouté dans cette déclaration le conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan.

Dépêchés en Chine la semaine dernière, les experts de l’OMS avaient semblé exclure l’hypothèse que le virus ait pu s’échapper de l’institut de virologie de Wuhan, comme l’administration Trump l’affirmait. Mais le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a par la suite semblé rectifier le tir en affirmant vendredi que « toutes les hypothèses (restaient) sur la table » pour expliquer l’origine de la pandémie.

Sous l’administration de Donald Trump, les États-Unis avaient quitté l’OMS. L’ancien président républicain accusait l’organisation d’être trop conciliante avec la Chine. Dès son entrée en fonctions le 20 janvier, son successeur démocrate Joe Biden a annoncé le retour de Washington au sein de l’organisation. « Reprendre notre place dans l’OMS signifie aussi en exiger les normes les plus élevées. Et à ce moment critique, protéger la crédibilité de l’OMS est primordial », a précisé Jake Sullivan.

Ennemi commun

Les experts de l’organisation sanitaire pensent que le Covid-19 a son origine dans les chauves-souris et pourrait avoir été transmis à l’homme via un autre mammifère. Ils ne savent pas en revanche où et quand la pandémie a réellement commencé, même si aucun foyer d’importance n’a été signalé à Wuhan ou ailleurs avant décembre 2019.

La pandémie a fait plus de 2,39 millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi hier. Après les États-Unis (484 149 morts), les pays comptant le plus de décès sont le Brésil (238 532), le Mexique (173 771), l’Inde (155 642) et le Royaume-Uni (116 908).

Le Premier ministre britannique Boris Johnson appellera à une approche mondiale commune pour vaincre « l’ennemi commun » qu’est le coronavirus lors de la première réunion virtuelle du G7 sous présidence britannique vendredi prochain, a indiqué Downing Street. La réunion, la première du G7 depuis avril dernier, sera la première à laquelle participera Joe Biden depuis son arrivée à la Maison-Blanche.

« Sans une action collective internationale rapide, efficace et solidaire, nous prenons le risque que le virus nous échappe », a averti, dans le Journal du Dimanche, le président français Emmanuel Macron.

Depuis un mois, la tendance des contaminations connaît une nette baisse en Europe. Si la courbe de la moyenne des décès quotidiens s’affaisse également, la dynamique reste plutôt constante lorsque replacée dans une temporalité plus longue.

Le Portugal a néanmoins annoncé samedi prolonger la suspension des vols avec le Brésil et le Royaume-Uni jusqu’au 1er mars pour maîtriser l’explosion des cas et la propagation des nouveaux variants du virus.

L’Allemagne a fermé en partie hier ses frontières avec la République tchèque et le Tyrol autrichien pour tenter de contenir la diffusion des très contagieux variants du coronavirus. Un important dispositif d’un millier de policiers est mobilisé pour assurer « des points de contrôle fixes » aux frontières. La compagnie ferroviaire Deutsche Bahn a suspendu ses liaisons avec ces zones. L’Allemagne, au prix de restrictions draconiennes depuis de nombreuses semaines, est parvenue à faire baisser le taux d’incidence du virus et à limiter la hausse des contaminations. Elle reste cependant très méfiante devant la menace des variants. Le Tyrol, isolé depuis mercredi par le gouvernement de Vienne, est considéré comme le plus gros foyer européen du variant sud-africain. Ces mesures frontalières ne sont pas du goût de l’Union européenne, qui craint comme au printemps 2020 la tentation du « chacun pour soi » des pays du bloc face à la pandémie. « Je peux comprendre la peur face aux mutations du coronavirus, mais il faut dire la vérité qui est que le virus ne se laissera pas arrêter par des frontières fermées », a déploré la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides hier dans le quotidien allemand Augsburger Allgemeine.

En France, le département de Moselle (Est) est durement touché par l’épidémie, avec une progression du variant sud-africain, mais les écoles restent ouvertes et il n’y a pas de confinement local, les mesures apparaissant « à ce jour suffisantes », selon les autorités.

Près de deux millions d’habitants d’Auckland, la plus grande ville de la Nouvelle-Zélande, sont confinés à partir de dimanche soir minuit pour trois jours, après la découverte d’un nouveau foyer de contamination au coronavirus. Écoles et commerces resteront fermés lundi, à l’exception des entreprises jugées « essentielles », a ordonné la Première ministre Jacinda Ardern.

En Iran, le président Hassan Rohani a mis en garde samedi contre une « quatrième vague » de Covid-19 dans le pays, après une hausse du nombre de cas dans certaines régions. Après plusieurs semaines de faibles niveaux de contamination, certaines villes de la province du Khouzestan, dans le sud-ouest du pays, sont désormais zones « rouges », a-t-il averti. L’Iran est le pays du Moyen-Orient le plus frappé par la pandémie avec près de 59 000 décès pour plus de 1,5 million de personnes contaminées.

Le ras-le-bol des restrictions s’est une nouvelle fois exprimé samedi en Autriche, où quelque 2 000 personnes ont manifesté à Vienne en dépit de l’interdiction.

Enfin, Israël et Chypre ont conclu hier un accord permettant à leurs citoyens respectifs ayant été vaccinés contre le coronavirus de voyager sans restriction dans ces deux pays.

Source : AFP

Les États-Unis et des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont fait pression durant le week-end sur la Chine pour qu’elle fournisse davantage de données, alors que l’enquête de l’OMS à Wuhan sur les débuts de la pandémie s’est achevée sans conclusions définitives.« Nous voulons davantage de données. Nous avons demandé plus de données », a déclaré Peter Ben Embarek, qui a passé avec son équipe un mois à Wuhan, où le coronavirus responsable de l’épidémie a été découvert en décembre 2019. « Il y a un ensemble de frustrations mais aussi d’attentes réalistes quant à ce qui est faisable dans un délai donné », a-t-il ajouté, avant d’espérer que les données réclamées seraient fournies, permettant d’aller plus loin.Fortes inquiétudesDe son côté, la...
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