La mobilisation contre le coup d’État n’a pas faibli hier en Birmanie, avec des centaines de milliers de manifestants dans les rues, malgré les nombreuses arrestations ordonnées par la junte. Depuis le putsch du 1er février, « plus de 350 responsables politiques, représentants de l’État, militants et membres de la société civile, y compris des journalistes, des moines et des étudiants ont été placés en détention », a relevé l’ONU lors d’une session extraordinaire de son Conseil des droits de l’homme, jugeant « inacceptable » l’usage de la violence contre des manifestants. Bravant l’interdiction de rassemblements, les contestataires ont été de nouveau très nombreux à défiler, au lendemain de nouvelles sanctions de Washington contre la junte. À Rangoun, la capitale économique, des médecins, des étudiants et des salariés du privé, ont marché sur une des grandes artères de la ville. Beaucoup ont arboré du rouge aux couleurs de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, d’autres ont brandi des portraits de l’ex-dirigeante de 75 ans, détenue au secret depuis 12 jours. Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs autres villes. Les manifestations ont été largement pacifiques, mais la tension était palpable. Les forces de l’ordre ont dispersé brutalement un sit-in dans le sud du pays. Plusieurs personnes ont été légèrement blessées par des tirs de balles en caoutchouc et au moins cinq autres interpellées. Dans le même temps, plus de 23 000 prisonniers, vont être libérés, selon un média d’État. Aucune précision n’a été apportée sur le profil de ces détenus, mais des amnisties de masse se produisent parfois dans le pays.
Monde - Birmanie
Les manifestants anti-coup d’État de nouveau dans la rue
OLJ / le 13 février 2021 à 00h00


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