Les clients doivent désormais attendre patiemment leur tour à l’entrée, ce qui n’est pas sans causer certaines perturbations. Photo Zeina Antonios
À l’entrée d’un grand supermarché de la banlieue est de Beyrouth, Georgette Saddi, 73 ans, supplie le vigile de la laisser entrer. La septuagénaire, qui vit seule, ne possède pas de smartphone pour obtenir une autorisation sur la plate-forme Impact lui permettant de faire ses courses. « Je n’ai ni internet ni téléphone sophistiqué, laissez-moi entrer s’il vous plaît, je dois faire mes courses ! Je peux vous montrer mon vieux téléphone si vous voulez vous en assurer », lance-t-elle au gardien. Pris de pitié pour la dame, le jeune homme la laisse entrer, tout en lui demandant de ne pas trop tarder. « Avec cette situation, je ne peux pas me permettre d’installer internet chez moi. Je n’ai pas les moyens de le faire et, de toute manière, je ne sais même pas l’utiliser », dit Georgette à L’Orient-Le Jour. Pour s’assurer de ne pas être refoulée à l’entrée, elle avait contacté la fille d’une amie qui travaille au supermarché avant de se rendre sur place. Au cas où. « Heureusement que le vigile m’a laissée entrer. Je préfère faire mes courses moi-même. Je peux choisir les marques les moins chères de cette manière », souligne cette retraitée.
Tout comme Georgette, de nombreux seniors se retrouvent incapables de remplir les formulaires de la plate-forme Impact. Depuis lundi, le public doit demander une autorisation pour se rendre au supermarché. Sur place, le formulaire est scanné par l’établissement et les clients ont deux heures pour faire leurs courses. Mais ce ne sont pas que les seniors qui ont du mal avec la plate-forme et nombreux sont ceux qui se font refouler aux portes des supermarchés parce qu’ils n’ont pas su remplir le formulaire correctement. Une mesure critiquée par les clients et qui semble un peu absurde à l’heure où les rues de la ville sont noires de monde depuis le début du déconfinement.
Des clients en colère
Riad Khairallah, directeur marketing d’une grande enseigne dans la banlieue est de Beyrouth, assure que le supermarché ne désemplit pas depuis lundi, mais que le système mis en place par les autorités ne facilite pas les choses. « Le confinement nous a fait perdre beaucoup d’argent. Certes, nous assurions de la livraison à domicile, mais cela ne représente que 4 % de notre chiffre d’affaires », confie M. Kharaillah. « Nous ne pouvons pas faire entrer tout le monde en même temps. Les clients doivent patienter dehors, mais certains s’énervent et se mettent à proférer des insultes. Ils paniquent en attendant leur tour et ils s’énervent car, souvent, ils ne savent pas utiliser la plate-forme pour demander une autorisation. Certains n’ont même pas de téléphone nouvelle génération », explique-t-il.Il n’est donc pas rare de voir, aux portes des supermarchés, des clients trépigner et se mettre en colère.
Devant une grande enseigne de la banlieue sud, un couple âgé d’une cinquantaine d’années commence à perdre patience. Le couple a bien effectué la demande, mais il s’est trompé sur l’adresse du supermarché, qui possède de nombreuses succursales dans la région. Du coup, il ne leur a pas été autorisé d’accéder à l’intérieur. « Ils disent qu’ils n’arrivent pas à scanner notre formulaire, car nous ne sommes pas à la bonne adresse », fulmine l’épouse, qui panique puisqu’il ne lui reste plus qu’une heure pour faire ses emplettes. Son mari tente d’obtenir une nouvelle autorisation pour ne pas rentrer bredouille. Deux jeunes hommes sont également refoulés à l’entrée. « Il semblerait que nous n’ayons pas la bonne autorisation », confie l’un d’eux.
« Nous essayons de satisfaire tout le monde »
« Toutes ces restrictions rendent notre travail difficile, témoigne pour sa part le gérant d’un supermarché proche de la capitale. En même temps, nous ne pouvons pas refuser de servir nos clients, il en va de notre réputation. Nous essayons donc de satisfaire tout le monde », indique-t-il, sous le couvert de l’anonymat. « Avec les personnes âgées de plus de 60 ans, qui n’ont pas le droit de sortir en principe, nous nous arrangeons pour empaqueter leurs produits nous-mêmes et les leur remettre à la porte du supermarché. Nous continuons également la livraison à domicile. Les clients peuvent aussi passer leurs commandes en ligne et récupérer leurs achats sur place », explique ce directeur. Son établissement est autorisé à accueillir 60 à 65 personnes à la fois, un calcul effectué en fonction du nombre d’employés et de la superficie du magasin.
Confronté en permanence aux restrictions des autorités et aux demandes des clients, ce gérant doit également faire face à l’irruption de personnes exemptées des autorisations de circuler, tels les militaires, les journalistes ou les médecins, mais qui doivent néanmoins obtenir une autorisation pour se rendre au supermarché, comme tous les autres. « Quand des militaires ou des secouristes viennent ici, par exemple, nous ne pouvons pas leur interdire d’entrer. Ils pensent qu’ils sont exemptés d’autorisations pour les supermarchés, mais cela est faux. Nous les laissons faire leurs achats, mais ils devraient obtenir des autorisations comme les autres », ajoute-t-il.
Vaccination : quelque 500 000 personnes inscrites à ce jour
Alors que le Liban lance dimanche sa campagne officielle de vaccination contre le coronavirus depuis le Grand Sérail, Abdel Rahman Bizri, président de la commission chargée des préparatifs du vaccin anti-Covid-19, a annoncé hier que le nombre de personnes inscrites sur la plateforme électronique a dépassé les 500 000. « La campagne concernera prioritairement le secteur sanitaire et les personnes âgées », a-t-il rappelé. « Les premières doses (28 000) arriveront samedi et leur distribution vers les centres de vaccination commencera lundi », a ajouté M. Bizri, se félicitant de la « hausse progressive du nombre d’inscriptions sur la plateforme ». Cette campagne de vaccination est attendue puisque le Liban n’a toujours pas enregistré une nette baisse dans les nombres de contaminations et de décès dus au virus malgré un bouclage strict de trois semaines. Ainsi, au troisième jour du déconfinement progressif, le pays a enregistré hier 66 décès et 3 157 nouveaux cas de Covid-19, selon le bilan quotidien du ministère de la Santé. Au total, 328 016 personnes ont contracté le virus depuis l’annonce du premier cas le 21 février 2020, au nombre desquelles 3 803 sont décédées et 218 588 guéries. Parmi les cas toujours actifs, 2 257 personnes sont hospitalisées, dont 928 en soins intensifs.
Dans le cadre de cette réouverture progressive, la Sûreté générale a annoncé que les portes de ses différents centres seraient rouverts « normalement » pour traiter les procédures administratives des citoyens. La frontière terrestre avec la Syrie restera fermée, mais il est possible pour les Libanais souhaitant rentrer dans le pays de la traverser, aux postes-frontières de Masnaa et Abboudiyé, le 17 février. Les personnes désirant rentrer au Liban devront présenter un test PCR négatif effectué au cours des dernières 96 heures et se soumettre à un nouveau test lors de leur entrée dans le pays.
Sur le plan éducatif, le ministre sortant de l’Éducation, Tarek Majzoub, a annoncé « la préparation à un retour à l’enseignement mixte » (en présentiel et à distance, NDLR), alors que l’enseignement à distance dans les écoles et instituts techniques publics et privés se poursuit jusqu’au 15 février. Il a ajouté que les examens officiels sont maintenus pour le moment, à condition que la situation sanitaire ne se dégrade pas. Le ministre a en outre demandé à ce que les enseignants et étudiants figurent parmi les personnes prioritaires pour recevoir le vaccin contre le coronavirus.




Vous ne comprenez pas chers citoyens libanais : nous sommes les meilleurs et les seuls au monde à avoir fermé les supermarchés pendant 3 semaines ! Qui sont ces responsables ingénieux qui ont bloqué la chaine alimentaire avec conséquences désastreuses? Pas assez de ventes en direct donc la nourriture fragile à jeter comme les poulets, les produits laitiers, légumes, fruits etc alors que nous avons tant de personnes dans le besoin ON HALLUCINE ! sans oublier les personnes âgées qui ont des difficultés à commander par delivery et le summum c'est l'entrée refusée sans le skan code internet .....Oui, c'est où nous touchons du doigt l'incapacité et la désorganisation de tous ces responsables, il est temps de les mettre tous à la porte ! MICHA
20 h 10, le 11 février 2021