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Monde - Turquie

Face à la révolte des étudiants de Boğaziçi, Erdogan monte une affaire en épingle

Un nouvel épisode dans la crise née de la nomination, par le pouvoir, du recteur du prestigieux établissement.

Face à la révolte des étudiants de Boğaziçi, Erdogan monte une affaire en épingle

Heurts entre policiers et étudiants venus protester contre la décision du président Erdogan de nommer le recteur de université Boğazici à Istanbul. Bulent Kilic/AFP

Depuis hier, les réseaux sociaux turcs n’en finissent pas d’évoquer les arrestations musclées auxquelles ont procédé le jour même et la veille les autorités à Istanbul et en particulier à l’Université de Boğaziçi, prestigieux établissement d’études supérieures souvent qualifié de Harvard turque. Sur Twitter, les hashtags « Nous ne baisserons pas les yeux », « Boğaziçi assiégée » et « Les droits des LGBT sont des droits humains » ont été largement repris par des internautes turcs pour dénoncer les agissements du régime de Recep Tayyip Erdogan. Depuis le début du mois de janvier, étudiants et enseignants de cet établissement reconnu mais également d’autres établissements manifestent sans relâche contre la nomination par le reis turc d’un de ses proches comme recteur de l’Université de Boğaziçi. Avant cette nomination, le recteur de l’université de Boğaziçi était choisi parmi trois candidats élus par le personnel académique. « Les étudiants se sentent lésés. Alors qu’ils ont accédé à cette université suite à un concours très sélectif, ils constatent à présent que cette dernière va changer de couleur et de niveau, le président turc ne cherchant qu’à placer à la tête de l’établissement un proche du pouvoir », explique à L’Orient-Le Jour Nora Seni, professeure à l’Institut de géopolitique de l’Université Paris-VIII. « Les universités font partie d’un terrain qui échappe à l’islamisation par le bas voulue par le régime. Il s’agit pour le président de gagner ce fleuron de l’élite occidentalisée », poursuit-elle.

Samedi dernier, la faculté a de nouveau été au cœur d’un scandale. La veille, quatre étudiants appartenant à la communauté LGBT avaient accroché en face du bureau du nouveau recteur un tableau orné de drapeaux arc-en-ciel, les couleurs du mouvement, sur lequel était également représentée la Kaaba, cet édifice datant du VIIe siècle situé dans la cour de la grande mosquée de La Mecque, lieu le plus sacré de l’islam. « Certains étudiants de l’université, situés en particulier à la droite et l’extrême-droite de l’échiquier politique turc, ont commencé à donner de la visibilité à ce tableau en partageant la photo hors du groupe Facebook privé dédié aux étudiants de l’université. Cette diffusion était accompagnée de discours haineux envers la communauté LGBT sur leurs comptes Twitter. Ils ont dès lors été exclus par d’autres étudiants du groupe Facebook, qui compte plus de 70 000 élèves », explique à L’Orient-Le Jour Alp, qui s’exprime au nom de la communauté LBGT de la faculté. Accusés d’« incitation à la haine » pour avoir accroché un tableau insultant l’islam, les quatre étudiants derrière cette action ont été arrêtés samedi. Alors que deux d’entre eux ont été assignés à résidence, deux autres sont toujours incarcérés.

Pour mémoire

La nomination d’un proche d’Erdogan à la tête d’une université indépendante suscite l’indignation


« Quatre détraqués LGBT » ont été arrêtés, a commenté sur Twitter, après ces arrestations, le ministre de l’Intérieur du pays, Süleyman Soylu, provoquant un tollé général. « Nous allons mener vers l’avenir non pas une jeunesse LGBT, mais une jeunesse digne de l’histoire glorieuse de cette nation », a quant à lui affirmé Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours tenu lundi devant les cadres de son parti, à Ankara. « Vous ne faites pas partie de la jeunesse LGBT. Vous n’êtes pas de ces jeunes qui commettent des actes de vandalisme. Au contraire, vous êtes ceux qui réparez les cœurs brisés », a ajouté ce dernier.

Prétexte

« Le président a pris pour prétexte une banderole LGBT déployée près d’une image de la Kaaba pour renverser la situation à son profit et parler de profanation de l’islam, estime Nora Seni. C’est une façon d’alimenter sa stratégie de polarisation de la société entre laïcs et musulmans et faire croire que les protestations que connaissent les universités émanent de jeunes athées, agressifs envers l’islam ».

Une stratégie qui n’est pas passée inaperçue aux yeux d’une majorité d’étudiants, comme en témoigne Alp. Pour le jeune homme, le régime souhaite à tout prix montrer qu’il prend pour cible la communauté LGBT afin de dissimuler ses réelles motivations. « Le régime veut avant tout maintenir son haut degré de contrôle. Il sait que s’il écoute nos demandes démocratiques et légitimes, il devra écouter d’autres demandes et cela est incompatible par nature avec le régime d’Erdogan. De plus, il s’agit d’un avertissement contre quiconque ne pense pas et ne vit pas comme “le Turc idéal” ou “le musulman idéal”. Des avertissements déjà lancés aux Kurdes, aux opposants politiques, aux femmes et désormais aux personnes de notre communauté », ajoute-t-il.

Face aux propos du reis turc, les étudiants de l’université ont de nouveau manifesté lundi soir pour réclamer la démission du nouveau recteur et la libération des quatre étudiants. La manifestation a été violemment réprimée par les autorités. 159 protestataires ont été interpellés. « 159 personnes qui ont refusé de cesser de manifester devant le campus de l’Université du Bosphore et qui ont encerclé le rectorat ont été mises en garde à vue », a indiqué le bureau du gouverneur d’Istanbul. Hier, la police turque a de nouveau procédé à une cinquantaine d’interpellations en marge de nouvelles manifestations au cours desquelles la police a tiré des grenades lacrymogènes et des balles en plastique pour disperser les protestataires. Ailleurs, dans la province occidentale d’Izmir, neuf étudiants de la communauté LGBT qui voulaient protester contre l’arrestation des étudiants de l’Université Boğaziçi ont été arrêtés lundi.


Depuis hier, les réseaux sociaux turcs n’en finissent pas d’évoquer les arrestations musclées auxquelles ont procédé le jour même et la veille les autorités à Istanbul et en particulier à l’Université de Boğaziçi, prestigieux établissement d’études supérieures souvent qualifié de Harvard turque. Sur Twitter, les hashtags « Nous ne baisserons pas les yeux »,...

commentaires (1)

C,EST UN NOUVEAU HITLER ET DE PLUS FANATIQUE OTTOMAN QUE LE MONDE ET SURTOUT L,OCCIDENT ET LA RUSSIE ONT LE DEVOIR DE FAIRE DEGUERPIR ET LE PLUS TOT.

SPECIALE RUBRIQUE+NO CENSURE=REABONNEMENT+SOUTIEN.

18 h 57, le 03 février 2021

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Commentaires (1)

  • C,EST UN NOUVEAU HITLER ET DE PLUS FANATIQUE OTTOMAN QUE LE MONDE ET SURTOUT L,OCCIDENT ET LA RUSSIE ONT LE DEVOIR DE FAIRE DEGUERPIR ET LE PLUS TOT.

    SPECIALE RUBRIQUE+NO CENSURE=REABONNEMENT+SOUTIEN.

    18 h 57, le 03 février 2021

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