Le Premier ministre sortant Hassane Diab a présidé mardi une réunion du comité ministériel chargé d’étudier le dossier de la rationalisation des subventions de certaines importations. Les participants se sont penchés sur les différents scénarios proposés qui pourraient remplacer les mécanismes de subvention actuellement adoptés, mais aucune décision n’a été communiquée à l’issue de la réunion.
En vertu de deux circulaires publiées fin 2019, les importations de blé, de carburant, de médicaments et de matériel médical sont toujours subventionnées par la Banque du Liban, qui fournit en principe entre 85 et 90 % des montants en dollars réclamés par les entrepreneurs bénéficiaires au taux officiel de 1 515 livres libanaises pour un dollar, à l’heure où le taux du marché noir oscille entre 8 800 et 9 000 livres pour un billet vert. Plusieurs denrées alimentaires et matières premières industrielles sont également subventionnées depuis mai dernier, les importateurs pouvant acheter des dollars à la banque centrale à un taux de 3 900 livres.
Mais malgré ces subventions, les prix du carburant et du pain continuent à augmenter. Un phénomène que certains, dont le patron de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL), Béchara Asmar, estiment être « un prélude à une levée progressive des subventions » sur les matières de première nécessité. L’Union nationale des syndicats des travailleurs (Fenasol) s’est aussi jointe à ce mouvement en demandant « au ministre de l’Économie et du Commerce et aux propriétaires de boulangeries de faire marche arrière sur leur décision d’augmenter le prix du paquet de pain ».
En effet, ce ministère avait annoncé lundi une hausse du prix de la « rabta ». Désormais, pour un paquet pesant 930 grammes minimum, le prix maximum est établi à 2 500 livres libanaises, au lieu de 2 250 livres pour 900 grammes à la mi-janvier, et celui de 450 grammes minimum est fixé à 1 750 livres, à la place de 1 500 livres pour 400 grammes précédemment.
Le patron de la CGTL a en outre insisté sur la nécessité de former un comité pour étudier l’évolution des prix, en coopération avec les syndicats concernés. Il a dénoncé le fait que de telles mesures soient prises par « un gouvernement sortant impuissant ».

