Xavier Briffault, chargé de recherche au CNRS, membre du Haut-Conseil de la santé publique (HCSP), Commission spécialisée prévention, Éducation et promotion de la santé, 15/1/2021.
Les gérances de la crise du Covid-19 indiquent des vaccins prometteurs mais controversés, des directives étatiques fluctuantes, des oppositions perplexes ainsi que les angoisses des suiveurs et des souffrants. Les « variantes du coronavirus » inquiètent alors que les restrictions recommandées demeurent incontournables pour éviter la contagion et la mort. Cependant, l’état d’urgence mondial demeure inapplicable sans l’acharnement des êtres humains à rester vivants dans un désordre mondial qui rabâche des résolutions éloquentes pour préserver ce qui reste de la démocratie. Le bon vieux temps des valeurs humaines existe plus intensément chez tant de citoyens que le présent qu’ils vivent. Pour les malades souffrant à distance des leurs, la sécurité qui leur reste n’est plus une promesse, mais le regard attentif d’un soignant et l’image des proches et amis qui se lamentent à part. La survie psychologique s’inscrit gravement parmi les nouvelles priorités des gens. Quand le contexte environnemental est gravement secoué et que les systèmes de gouvernance inspirent surtout d’irrévocables méfiances, les préventions inégalées pour rester vivant et fonctionnel se révèlent fort insuffisantes. Sans la présence de gouvernements de soignants et de la sensibilité partagée, de la réanimation des belles traditions, de l’expérience qui jaillit du cœur et du geste bienveillant, la « décivilisation » désigne, d’une part, le processus de destruction des communautés et, d’autre part, le retournement du processus de civilisation, le reflux des comportements civilisés, le relâchement du contrôle des pulsions, le retour de la violence, notamment le retour de l’immédiateté.
Du concept de « décivilisation »
Aurélien Aramini et Florian Gulli.
Réf. : https://doi.org/10.4000/
philosophique
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