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Société - Explosions au port de Beyrouth

L'homme d'affaires syrien Georges Haswani dément son implication

"Je vis normalement avec ma famille et je ris car je suis quelqu'un qui sait très bien qu'il n'a rien à voir avec cette affaire", affirme ce proche d'Assad à Reuters.

L'homme d'affaires syrien Georges Haswani dément son implication

L'homme d'affaires syrien Georges Haswani, lors d'une interview à l'agence Reuters, le 27 janvier 2021 à Damas. Photo Reuters/Firas Makdessii

L'homme d'affaires syrien proche du régime du président Bachar el-Assad, Georges Haswani, qui, selon des informations de presse, serait impliqué dans la double explosion meurtrière au port de Beyrouth le 4 août dernier, a démenti tout lien avec le drame, dans un entretien accordé à l'agence Reuters.

Selon le journaliste libanais d'investigation Firas Hatoum, c'est la compagnie Savaro Ltd, enregistrée au Royaume-Uni, qui aurait fait la commande des 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium qui ont provoqué l'explosion à Beyrouth, et en avait payé le prix. Le journaliste affirme que Savaro Ltd s’avère fictive, et explique avoir tenté de trouver à quelle adresse elle se trouve. Le contrat de vente conclu avec une usine de fabrication de matières chimiques située en Géorgie indique que son siège social est à Chypre. Il finit par savoir que la société Hesco Engineering and Construction Company Ltd, appartenant à Georges Haswani, un homme d'affaires syrien proche du régime Assad, est à la même adresse. Le journaliste apprend ensuite que la société Savaro est domiciliée en Grande-Bretagne et cherche alors à s’enquérir de l’identité de la société qui partage cette même adresse pour identifier les parties impliquées. Il est finalement apparu que toutes sont fictives, à l’exception d’une seule, IK Petroleum Industrial Company Limited, appartenant à Imad Khouri (un autre homme d'affaire syrien proche d'Assad), fondée moins d’un mois avant l’émission du bordereau d’exportation de la cargaison d’ammonium vers le Liban, selon lui. Reuters également nomme Georges Haswani pour ses liens présumés dans cette affaire. L'agence rappelle que dans le cadre d'une enquête qu'elle a menée sur l'explosion de Beyrouth, il s'est avéré que l'immense stock d'engrais de nitrate d'ammonium qui a explosé était destiné au Mozambique, avant d'être confisqué et stocké à Beyrouth. L'acheteur mozambicain, FEM, affirme que la société à laquelle il a acheté cette cargaison n'est autre que Savaro Ltd.

"Je ris"
Dans un entretien avec Reuters réalisé à son domicile à Damas, M. Haswani affirme "ne rien savoir au sujet d'une compagnie liée à l'achat du fertilisant qui a explosé au port de Beyrouth". L'homme d'affaires syrien affirme que "la compagnie qu'il a engagée a eu recours à la même agence chypriote, Interstatus, qui a enregistré Savaro, pour enregistrer sa propre société". Selon lui, "l'agent a migré l'adresse des registres de sa société à la même adresse (que celle de Savaro), le jour même". Mais Georges Haswani affirme "ne rien savoir au sujet de Savaro et suggère que tout lien entre celle-ci et sa propre compagnie n'est que le fruit d'un pur hasard dû au recours au même agent", écrit Reuters, qui rappelle n'avoir toujours pas pu confirmer si M. Haswani aurait des liens avec Savaro. "Je ne sais pas quelles autre sociétés ont été enregistrées par cette compagnie chypriote. Peut être cinq, trois, ou soixante-dix", affirme M. Haswani. "C'est une affaire médiatique fabriquée", se défend l'homme d'affaires. "Nous ne connaissons pas Savaro et n'avons jamais entendu parler d'elle auparavant", insiste-t-il. "Je vis normalement avec ma famille et je ris car je suis quelqu'un qui sait très bien qu'il n'a rien à voir avec cette affaire. Pourquoi devrai-je m'inquiéter ?", conclut-il. Interstate n'a pas répondu aux sollicitations de Reuters.

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Marina Psyllou, la femme répertoriée auprès du registre des sociétés britanniques ("Companies House")  comme propriétaire de Savaro, avait déclaré la semaine dernière à Reuters qu’elle agissait en tant qu’agent de Savaro au nom d’un autre bénéficiaire effectif, dont elle ne pouvait pas révéler l’identité. Et d’ajouter que Savaro Ltd "n’a jamais eu d’activité à ce jour", rapporte Reuters. "La compagnie, depuis qu’elle s’est enregistrée, est restée inactive, sans aucune transaction ou autre activité, ni de comptes en banque, car le projet auquel elle était dédiée n’a jamais été réalisé", a expliqué Mme Psyllou, sans toutefois fournir d’informations sur le projet de la société.

Le juge libanais Fadi Sawan, en charge de l'enquête sur l'explosion qui a fait plus de 200 morts et 6.500 blessés, a déjà inculpé le Premier ministre libanais sortant Hassane Diab, et trois anciens ministres pour négligence. Mais l'enquête fait du surplace depuis plusieurs semaines, face aux ingérences de divers responsables politiques, au grand dam d'une large frange de la population qui réclame une enquête indépendante.


L'homme d'affaires syrien proche du régime du président Bachar el-Assad, Georges Haswani, qui, selon des informations de presse, serait impliqué dans la double explosion meurtrière au port de Beyrouth le 4 août dernier, a démenti tout lien avec le drame, dans un entretien accordé à l'agence Reuters.Selon le journaliste libanais d'investigation Firas Hatoum, c'est la compagnie Savaro Ltd,...

commentaires (3)

Les trois syriens soupçonnés d’être impliqués dans cette affaire sont donc Georges Haswany, et les frères Imad et Mudallal Khoury, tous trois mis sur la liste des sanctions américaines en 2015. Là où ça devient savoureux, c’est que l’une des raisons citées pour avoir sanctionné Mudallal Khoury était sa tentative d’importer vers la Syrie, fin 2013, du ... nitrate d’ammonium. Ça ne s’invente pas...

Gros Gnon

21 h 18, le 28 janvier 2021

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Commentaires (3)

  • Les trois syriens soupçonnés d’être impliqués dans cette affaire sont donc Georges Haswany, et les frères Imad et Mudallal Khoury, tous trois mis sur la liste des sanctions américaines en 2015. Là où ça devient savoureux, c’est que l’une des raisons citées pour avoir sanctionné Mudallal Khoury était sa tentative d’importer vers la Syrie, fin 2013, du ... nitrate d’ammonium. Ça ne s’invente pas...

    Gros Gnon

    21 h 18, le 28 janvier 2021

  • Rira bien qui rira le dernier..

    LeRougeEtLeNoir

    19 h 49, le 28 janvier 2021

  • Alors que l'affaire porte sur la destruction partielle d'une ville, il dit "je ris" ! Pourquoi a-t-il tardé autant pour réagir?

    MGMTR

    19 h 25, le 28 janvier 2021

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