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Monde - France

Darmanin envisage pour la première fois la dissolution de Génération identitaire

Une enquête a été ouverte pour provocation à la haine après une récente opération antimigrants du groupuscule d’extrême droite.

Darmanin envisage pour la première fois la dissolution de Génération identitaire

Une manifestation de Génération identitaire contre l'islamisme, à Paris, le 17 novembre 2019. Philippe Lopez/File/AFP

La dissolution de Génération identitaire a été évoquée pour la première fois hier par Gérald Darmanin, « scandalisé » par la récente opération antimigrants du groupuscule d’extrême droite dans les Pyrénées, qui a donné lieu à une enquête préliminaire pour provocation à la haine raciale.

« J’ai demandé aux services du ministère de l’Intérieur de réunir les éléments qui permettraient (...) de proposer la dissolution de Génération identitaire », réclamée de longue date par plusieurs associations et partis politiques, a déclaré le ministre de l’Intérieur. « Si les éléments sont réunis, je n’hésiterais pas à proposer la dissolution », a ajouté M. Darmanin, « scandalisé par le travail de sape de la République des militants de Génération identitaire », qui ont mené la semaine dernière une opération antimigrants entre Luchon (Haute-Garonne) et l’Espagne.

Une trentaine de leurs militants dans des voitures sérigraphiées “Défend Europe” s’étaient installées au Col du Portillon, certains étaient partis en randonnée en utilisant un drone pour surveiller la frontière.

Cette action entrait dans le cadre d’une campagne pour lutter, selon le groupe basé à Lyon, contre le « risque terroriste et migratoire dans les Pyrénées ».

Le ministère agira « évidemment dans le cadre des lois et des règlements de la République en proposant notamment, une fois que ces éléments seront réunis, le contradictoire dû à chaque association », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.

Provocation publique à la haine

Le même jour, une enquête préliminaire pour « provocation publique à la haine raciale » a été ouverte à la suite de l’opération pyrénéenne, a déclaré le procureur de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Ces investigations sont justifiées par « des propos tenus sur cette banderole très clairement anti-immigration et surtout la raison pour laquelle cette banderole a été déployée », a précisé Christophe Amunzateguy. Une plainte de SOS Racisme a également été recueillie.

« Les gendarmes étaient partis initialement sur un simple renseignement judiciaire au regard de la nature de l’intrusion sur un site EDF (pour déployer la banderole). Les lieux n’étant pas clos, il n’y avait pas eu d’infraction », a précisé le procureur.

Mais au regard des images de la banderole et des auditions des organisateurs, le procureur a souhaité « aller plus loin et voir » si des poursuites étaient possibles.

« II y a déjà beaucoup d’études qui ont été lancées pour nous dissoudre mais on n’a rien à nous reprocher, la justice approuve toutes nos actions », a réagi Clément Gandelin dit « Galant », président de Génération identitaire (GI), association créée en 2012 qui revendique quelque 2 800 adhérents. « Gérald Darmanin n’arrivera pas à nous dissoudre facilement. On n’a jamais été condamnés », a-t-il assuré.

En décembre, Génération identitaire et trois de ses cadres avaient été relaxés par la Cour d’appel de Grenoble pour des précédentes opérations antimigrants menées en 2018 dans les Alpes, à la frontière franco-italienne.

Difficulté juridique

En 2019, les dissolutions de plusieurs groupuscules d’ultradroite, dont Bastion social, Blood and Honour et Combat 18, ont été prononcées à la demande d’Emmanuel Macron, mais celle de Génération identitaire apparaît plus difficile à matérialiser. « Ils sont plus malins que les autres, essaient autant que possible de ne pas franchir les lignes jaunes, mais poussent le bouchon à chaque fois un peu plus loin », souligne le ministère de l’Intérieur.

Les actions du groupuscule pourraient relever de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine » ou « présentant, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ».

« La difficulté est juridique. Il faut matérialiser (ces) éléments. Génération identitaire fait bien attention à ne pas tomber dedans dans toute sa production littéraire, sur le net ou ailleurs », explique une source sécuritaire.

Plusieurs cadres du Rassemblement national, qui avaient récemment pris leurs distances avec le groupuscule, ont indirectement pris sa défense hier.

« De nombreuses mosquées radicales signalées en France, mais pour Darmanin c’est Génération identitaire qu’il faut dissoudre ! Le sens des priorités dangereuses de ce gouvernement me choquera toujours... », a tweeté l’eurodéputé RN Gilbert Collard. Le vice-président du parti Jordan Bardella a pour sa part réagi en demandant la dissolution de l’association promigrants Utopia 56.

Source : AFP


La dissolution de Génération identitaire a été évoquée pour la première fois hier par Gérald Darmanin, « scandalisé » par la récente opération antimigrants du groupuscule d’extrême droite dans les Pyrénées, qui a donné lieu à une enquête préliminaire pour provocation à la haine raciale.« J’ai demandé aux services du ministère de l’Intérieur de...

commentaires (1)

Il n'u a pas un "travail de sape de la République", bien au contraire. Les militants de GI ont fait ce que ne font pas les forces de l'ordre: surveiller la frontière et empêcher une immigration illégale. Quant à l'accusation d'être anti-immigrationniste, elle n'en est pas une dans la mesure où il n'y a rien d'illégal à être opposé à l'invasion de la France par des étrangers.

Yves Prevost

07 h 11, le 27 janvier 2021

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Commentaires (1)

  • Il n'u a pas un "travail de sape de la République", bien au contraire. Les militants de GI ont fait ce que ne font pas les forces de l'ordre: surveiller la frontière et empêcher une immigration illégale. Quant à l'accusation d'être anti-immigrationniste, elle n'en est pas une dans la mesure où il n'y a rien d'illégal à être opposé à l'invasion de la France par des étrangers.

    Yves Prevost

    07 h 11, le 27 janvier 2021

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