Rechercher
Rechercher

Culture - Initiative

Du cœur de la Bavière, un vibrant et généreux « Salam li Beirut »...

C’est le jeune ténor libanais Béchara Moufarrej qui entonne le petit poème symphonique dont la vidéo fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Du cœur de la Bavière, un vibrant et généreux « Salam li Beirut »...

Le jeune ténor libanais Béchara Moufarrej chante « Salam li Beirut », une cantate pour un port décapité. Photo DR

Une fois de plus la musique jette un pont d’amitié, d’amour, de paix et d’entraide entre deux pays. Du cœur de la capitale bavaroise, un chant échappé de l’opéra de Munich est lancé dans le ciel de Beyrouth, blessée et meurtrie. C’est le jeune ténor libanais, Béchara Moufarrej, fleuron de la nouvelle garde du bel canto au Liban, qui entonne ce salut chargé de compassion et d’empathie pour une ville touchée par un drame qui a sidéré et ému le monde entier. Avec Salam li Beirut, petit poème symphonique, l’initiative allemande Schulterschluss espère venir en aide aux victimes de l’explosion du 4 août 2020.

Dans cette vidéo réalisée par l’Allemand Götz Schulz-Temmel et très applaudie à la télé et sur les réseaux sociaux, Béchara Moufarrej apparaît en tenue sombre dans la grande salle de l’opéra de Munich, vide de public, face à l’orchestre Bayerisches Staatsorchester dirigé par le maestro Toufic Maatouk. À ses côtés, la cantatrice soprano Felicitas Fuchs-Wittekindt. En fond sonore, pour l’accompagnement, le chœur de l’Université antonine. Composée par Fadi Kassis et mise en paroles par père Youhanna Geha, la musique, ample et véhémente, oscille entre deux paysages et deux décors.

Lire aussi

Un clan des six à la rescousse du palais Sursock-Cochrane

De la somptueuse salle de l’opéra munichois aux loges désertes et aux lustres allumés, le spectateur se voit transporté dans le Grand Théâtre en ruine au centre-ville de Beyrouth. Le drame se noue et se joue comme une tragédie antique dans ce théâtre décati. Les images comme les paroles sont profondément bouleversantes. Grâce aussi à l’émotion dégagée par le jeune acteur Kevin Karamanoukian, qui apparaît, les yeux bandés, enserré dans une cage-geôle aux barreaux étouffants entre gravats, poussière et ferraille...

Béchara Moufarrej lance une prière pour Beyrouth. Photo DR

Idée lancée sur Facebook

Comment est né ce projet qui a envahi aujourd’hui les écrans non seulement au Liban et en Allemagne mais aussi en Europe, aux Amériques et dans les pays du Golfe, partout où sont disséminés les Libanais ? Âgé de 35 ans, Béchara Moufarrej, qui a triomphé sur scène, entre autres, dans Le barbier de Séville de Rossini en Italie et dans La bohème de Puccini en Angleterre, confie à L’OLJ sa fabuleuse aventure. « J’ai d’abord eu l’idée d’une musique, d’un chant pour marquer ce drame de la vie des Libanais et venir au secours de mes compatriotes sinistrés. Alors j’ai lancé l’idée sur Facebook. Pour savoir qui pouvait m’aider », raconte-t-il, en toute simplicité. « À ma grande surprise, c’est l’initiative allemande Schulterschluss qui a immédiatement répondu et m’a invité à l’un des plus prestigieux théâtres en Europe, à savoir celui de Munich. J’ai appelé maestro Toufic Maatouk pour lui demander s’il voulait bien être de la partie et il a gracieusement accepté. Tout s’est enclenché très vite, compositeur, parolier, acteur et chœur se sont joints à cette équipée. Tous bénévolement. Et avec un cœur grand comme ça ! » poursuit le ténor, enthousiaste.

Lire aussi

Beyrouth restera-t-elle cette étincelante muse du Parnasse ?

« Le ministère de la Culture bavarois a tout pris en charge. Je ne me suis pas senti seul dans cette aventure, mais au contraire parfaitement soutenu. Au contraire j’ai senti que tout Beyrouth était avec moi et tout le monde avec Beyrouth ! Au départ, je ne voulais pas montrer la destruction de Beyrouth. Seul le Grand Théâtre, lieu sacré de l’art et de la culture, symbolisait ce désastre de la destruction. Qu’est actuellement tout le pays… Et dire que quand j’ai commencé ce projet, que je croyais tout petit, je ne pensais à aucun moment qu’il prendrait cette envergure et ce vol international. Ni cet accueil… Et que tant de portes s’ouvriraient… » ajoute encore Béchara Moufarrej, reconnaissant. Partition au souffle verdien dans son torrent et sa force mélodique, Salam li Beirut est une cantate pour un port décapité, un cri de ralliement. Une cantate dont les paroles s’élèvent comme une prière, un appel à la clémence de Dieu, à la miséricorde pour un peuple malmené. Un appel au ralliement dans l’espoir d’un apaisement, d’une résurrection et relevant la volonté indéfectible d’un peuple à vivre, malgré les multiples revers, déboires et fiascos assénés par un pouvoir engoncé dans son mutisme et sa faillite.



Comment aider ?

Salam li Beirut s’accompagne d’une levée de fonds pour venir en aide aux victimes des explosions du 4 août. Les donations se font auprès de Orienthelfer avec les détails suivants :

Recipient : Orienthelfer e. V

Sujet : Beirut Explosion

IBAN : DE92 7015 0000 0000 5741 11

BIC : SSKMDEMM


Une fois de plus la musique jette un pont d’amitié, d’amour, de paix et d’entraide entre deux pays. Du cœur de la capitale bavaroise, un chant échappé de l’opéra de Munich est lancé dans le ciel de Beyrouth, blessée et meurtrie. C’est le jeune ténor libanais, Béchara Moufarrej, fleuron de la nouvelle garde du bel canto au Liban, qui entonne ce salut chargé de compassion et...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut