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Monde - Portrait

Yvonne Huynh, une militaire française "passionnée", tuée au Mali

Tuée samedi dans le cadre de l'opération Barkhane, elle est la première femme de l'armée française à mourir au Sahel depuis le début de l'intervention ordonnée en 2013 pour repousser les jihadistes qui menaçaient de prendre le contrôle du Mali.

Yvonne Huynh, une militaire française

Le sergent français Yvonne Huynh, mortellement blessée à 33 ans par une mine artisanale lors d'une mission au Mali. Photo AFP /SIRPA

"Elle rigolait avec la vie". Mortellement blessée par une mine artisanale lors d'une mission au Mali, le sergent français Yvonne Huynh, 33 ans, laisse à ses frères d'armes et à ses proches le souvenir d'une femme "passionnée" par son métier, et un "vide énorme".

Tuée samedi dans le cadre de l'opération Barkhane, elle est la première femme de l'armée française à mourir au Sahel depuis le début de l'intervention ordonnée en 2013 pour repousser les jihadistes qui menaçaient de prendre le contrôle du Mali. A ce jour, cinquante soldats français y ont perdu la vie.

Yvonne Huynh a découvert l'armée à 18 ans en 2006 en classe de première, lors d'une journée de présentation à Versailles, près de Paris. "Elle a eu un déclic, un coup de coeur, elle a tout arrêté pour se lancer", se souvient son frère, Ximizu Huynh, 36 ans. Après une enfance à Trappes, en région parisienne auprès de sa mère vietnamienne, son frère et sa soeur, elle part alors pour le camp militaire de Canjuers, dans le Var (sud-est de la France).

Pour Amandine Biben, son amie d'enfance, "l'armée (lui) semblait naturelle". "Très tôt, elle savait qu'elle ne voulait pas bosser derrière un bureau, elle voulait un métier d'action", explique la jeune femme. "Elle était très passionnée, elle avait trouvé un métier qui canalisait son énergie", poursuit son frère, "elle rigolait avec la vie". Naturellement "petite" et "menue", elle est devenue à force d'entraînement "très sportive et déterminée", se remémorent ses proches. Toujours de "bonne humeur", "c'était un phénomène, avec un très fort caractère et une joie de vivre débordante", selon sa famille. En privée, elle "n'était jamais sérieuse" et va "laisser un grand vide", lâche sa grande soeur, Lucie Braconnet. Dès 2006, elle s'envole pour sa première mission au Tchad dans le cadre de l'opération Epervier. A son retour, elle donne naissance en juillet 2008 à un fils.

"Mon ange gardien"

Affectée à La Réunion, île française de l'océan Indien, pendant trois ans à partir de 2014, elle devient alors cheffe du groupe du Régiment du service militaire adapté (RSMA). "En charge de jeunes sortis du droit chemin", selon son frère.

Mutée en 2017 au 2e Régiment de hussards de Haguenau, dans l'est de la France, au grade de brigadier-chef au sein de la cellule secourisme, Yvonne Huynh se forme ensuite aux métiers du renseignement. "De par ses qualités naturelles, elle a pu accéder au grade supérieur (de sergent), changer complètement de métier et être intégrée dans une équipe de recueil du renseignement", souligne un capitaine de son unité. "Un exemple de réussite sociale", ajoute-t-il.

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En 2019, elle est déployée une première fois au Mali. Elle y était "mon ange-gardien", raconte "son" lieutenant du "2e hussards". "Elle était très stable, très agréable à vivre au quotidien". Sur une photo, elle pose en tenue de combat, béret noir sur la tête, derrière Edouard Philippe, alors Premier ministre, en visite à la base française de Gao, en février 2019. Lors de cette mission, le sous-officier rencontre celui qui était son compagnon, l'adjudant Matthieu, 32 ans. "Nous sommes repartis au Mali en septembre 2020 et on devait rentrer ensemble en France en février", indique-t-il au téléphone. "On était heureux, c'était une personne formidable". Dans la nuit de mardi à mercredi, il a raccompagné en France le corps de sa compagne. "Je lui avais promis qu'on rentrerait chez nous ensemble..." "Selon elle, le Mali était l'endroit où il fallait être", insiste son amie Amandine Biben. En poste sur une base opérationnelle de l'est du pays, Yvonne Huynh "voulait de plus en plus s'impliquer dans sa carrière militaire".

Un hommage national lui sera rendu jeudi à l'institut militaire des Invalides à Paris puis vendredi à Haguenau dans son régiment.


"Elle rigolait avec la vie". Mortellement blessée par une mine artisanale lors d'une mission au Mali, le sergent français Yvonne Huynh, 33 ans, laisse à ses frères d'armes et à ses proches le souvenir d'une femme "passionnée" par son métier, et un "vide énorme".Tuée samedi dans le cadre de l'opération Barkhane, elle est la première femme de l'armée française à mourir au Sahel...

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