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Des avocats toujours en grève après l'"agression" de l'un des leurs par la police

Des avocats toujours en grève après l'

Des avocats en grève au Liban-sud, le 5 janvier 2021. Photo ANI

Des avocats libanais poursuivaient leur grève pour le deuxième jour consécutif, notamment dans la capitale Beyrouth et au Liban-Sud, après "l'agression" selon eux de l'un de leurs collègues, Jimmy Hadchiti, par des policiers dimanche, une affaire qui fait polémique dans le pays. 

Jimmy Hadchiti a été physiquement agressé dimanche dernier par les forces de l’ordre, dans le cadre d’une affaire de stationnement gênant dans la région de Hadeth, en face du magasin Karout. L'avocat et le policier qui lui aurait porté des coups ont été arrêtés et conduits au poste de police de Hammana, où ils ont été maintenus en garde à vue. Me Hadchiti a été relâché hier après-midi, sous caution d’élection de domicile, tout comme le policier.

"Il s'agit d'un sit-in symbolique, et ce sit-in dérange", a affirmé Melhem Khalaf au micro de la chaîne MTV, lors d'un rassemblement à la Maison de l'Avocat, située près du Palais de justice de Beyrouth. "Notre verbe restera libre en toutes circonstances. La situation actuelle, et les jours qui viennent, seront difficiles. Mais nous disons aux avocats : n'ayez pas peur. Si les avocats ont peur, que fera alors le reste des citoyens ?", a-t-il demandé. "L'Ordre des avocats restera le rempart pour la défense des libertés. Notre message n'est en relation uniquement avec l'agression dont a été victime notre collègue. Il concerne la situation actuelle qui laisse présager le délitement des institutions étatiques", a prévenu Melhem Khalaf. "La justice ne peut pas outrepasser ses limites. Un juge ne peut pas arrêter un avocat pendant plus de 24h pour un mot qu'il aurait dit. C'est très dangereux. Arrêter la victime et l'agresseur ne passera pas. Le temps des compromis est révolu", a martelé le bâtonnier. 

Dans le sud du pays, les avocats ont également observé un deuxième jour de grève, comme le rapporte notre correspondant Mountasser Abdallah. Ils ont ainsi suspendu leur présence aux séances prévues au Palais de justice de Saïda. Ils se sont rassemblés de manière symbolique devant l'entrée du Palais, au milieu d'un déploiement policier. 

Dans un bref communiqué, le Conseil supérieur de la magistrature a réagi "à ce qu'il s'est passé les deux derniers jours et aux communiqués publiés", sans citer la grève des avocats et les prises de position du Barreau de Beyrouth, en appelant au "respect des lois qui encadrent le travail des institutions" et à ne pas avoir recours "à la surenchère".

L’épouse de Jimmy Hadchiti, Clara Geha, journaliste à la chaîne télévisée al-Jadeed, multiplie les accusations contre les forces de l’ordre depuis cet incident. Elle a livré sa version des faits lundi à L'Orient-Le Jour. Si les critiques dans les milieux des avocats et sur les réseaux sociaux ont fusé contre la police, d'autres ont blâmé les prises de position de Melhem Khalaf, se demandant si l’incident dont a été victime Jimmy Hadchiti s’est bien déroulé dans le cadre de l’exercice de sa profession d’avocat.

En novembre dernier, une polémique similaire avait éclaté après des images montrant un avocat plaqué au sol par des policiers lors d'un contrôle routier. Il s'était avéré que l'avocat avait asséné un premier coup au policier qui le contrôlait, avant que celui-ci ne s'en prenne à lui en retour.

Des avocats libanais poursuivaient leur grève pour le deuxième jour consécutif, notamment dans la capitale Beyrouth et au Liban-Sud, après "l'agression" selon eux de l'un de leurs collègues, Jimmy Hadchiti, par des policiers dimanche, une affaire qui fait polémique dans le pays. Jimmy Hadchiti a été physiquement agressé dimanche dernier par les forces de l’ordre, dans le cadre d’une affaire de stationnement gênant dans la région de Hadeth, en face du magasin Karout. L'avocat et le policier qui lui aurait porté des coups ont été arrêtés et conduits au poste de police de Hammana, où ils ont été maintenus en garde à vue. Me Hadchiti a été relâché hier après-midi, sous caution d’élection de domicile, tout comme le policier."Il s'agit d'un sit-in symbolique, et ce sit-in dérange", a affirmé Melhem Khalaf...