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Le Barreau de Beyrouth appelle à la grève après l'agression d'un avocat par des policiers

Le Barreau de Beyrouth appelle à la grève après l'agression d'un avocat par des policiers

Capture d'écran d'une vidéo de la chaîne locale al-Jadeed, montrant l'un des policiers reprochant à Clara Geha, journaliste et femme de l'avocat Jimmy Hadchiti, de filmer la scène de l'agression de ce dernier, le 3 janvier 2021 à Ghobeiri (Banlieue sud de Beyrouth).

Le Barreau de Beyrouth a appelé l'ensemble des avocats à faire grève lundi afin de protester contre la bastonnade, par un agent des forces de l'ordre, suivie d'une détention arbitraire, d'un avocat, la veille à Ghobeiri (dans le sud de Beyrouth). Le Conseil du Barreau a convoqué à une réunion d'urgence au cours de laquelle ses membres "prendront les mesures appropriées" face à cet incident.

Jimmy Hadchiti, a été agressé dimanche après-midi par un policier suite à une dispute concernant une place de parking. Sa femme, la journaliste Clara Geha, se trouvait dans la voiture avec leurs enfants, que l'on entend pleurer dans une vidéo partagée de nombreuses fois sur les réseaux sociaux. Mme Geha a elle-même été la cible de propos déplacés. Sur la chaîne al-Jadeed, pour laquelle elle travaille, la journaliste souligne que son mari a de nouveau été victime d'une agression au commissariat de Chiyah, de la part du même agent. Le bâtonnier de l'ordre des avocats de Beyrouth, Melhem Khalaf, s'est rendu sur place en soutien à M. Hadchiti, qui se trouvait alors en détention provisoire.

"Au regard de l'agression flagrante des forces de sécurité à l'encontre de l'avocat Jimmy Hadchiti dans l'après-midi du 3 janvier 2021, de la transgression manifeste de tous les principes juridiques du juge en charge de l'enquête sur cette affaire qui a pris la décision "surréaliste" de l'arrêter et de le détenir illégalement en violation flagrante des lois en vigueur, le Barreau de Beyrouth appelle les avocats à se mettre en grève le 4 janvier 2020. Le Conseil tiendra une réunion d'urgence pour que cet événement dangereux ne se reproduise plus et prendre les mesures appropriées", souligne le communiqué du Barreau.

En fin de journée, le Barreau de Beyrouth a annoncé qu'il poursuivrait sa grève demain mardi et a appelé les avocats à une manifestation symbolique, en épitoge, devant les différents tribunaux du pays, à 11 heures. Prenant la parole à l'issue de la réunion du conseil du Barreau, le bâtonnier Melhem Khalaf a dénoncé "des infractions extrêmement dangereuses" de la part des forces de l'ordre,

La ministre sortante de l'Information, Manal Abdelsamad, a également condamné cette agression. "Ce qui s'est passé est inacceptable et condamnable et il n'est en aucun cas admissible que les forces de sécurité se transforment en agresseurs", a-t-elle souligné dans un communiqué. Elle a dans ce cadre demandé au ministre sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, de "suivre l'affaire et de prendre des mesures disciplinaires contre l'auteur de l'agression et ses collègues qui ne sont pas intervenus".

Suite à la polémique, les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont souhaité apporter une clarification et donner leur version des faits, "après la circulation d'une vidéo sur les réseaux sociaux montrant un incident entre la journaliste Clara Geha et l'officier chargé de sécuriser la circulation, et l'ingérence du mari de la journaliste, l'avocat Jimmy Hadchiti". "D'après l'enquête, la journaliste avait garé son véhicule en violation de la loi, obstruant la circulation. Lorsque le policier lui a demandé de se déplacer, elle a refusé, attendant que son mari finisse ses courses. Le policier a filmé la violation puis s'en est retourné à son intersection sans rien faire", ont écrit les FSI dans un communiqué publié lundi soir. "A son retour, son mari s'est dirigé vers l'intersection en question, a insulté l'officier et l'a accusé d'avoir battu sa femme. Un policier en moto est alors intervenu et s'est fait lui aussi insulter et brusquer par l'avocat, ce qui l'a conduit à se défendre", ont-elles ajouté. "Le policier et l'avocat ont été arrêtés à ce moment-là. Ils ont été libérés le lendemain par le pouvoir judiciaire, en échange de documents de résidence", ont-elles conclu, regrettant que "certaines des personnes chargées d'appliquer la justice et de défendre les opprimés intimident les membres des forces de sécurité dans l'exercice de leurs fonctions". "Il aurait été plus efficace pour le couple concerné de respecter la loi et de retirer la voiture qui gênait la circulation", a estimé la police.


Le Barreau de Beyrouth a appelé l'ensemble des avocats à faire grève lundi afin de protester contre la bastonnade, par un agent des forces de l'ordre, suivie d'une détention arbitraire, d'un avocat, la veille à Ghobeiri (dans le sud de Beyrouth). Le Conseil du Barreau a convoqué à une réunion d'urgence au cours de laquelle ses membres "prendront les mesures appropriées" face à cet...