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Société - Mœurs

Les tirs de la Saint-Sylvestre font un mort et plusieurs blessés

Les trois avions de la MEA atteints par des balles perdues sont déjà réparés, annonce Mohammad el-Hout. Le manque à gagner par avion immobilisé en haute saison peut atteindre 200 000 dollars par jour.

Les tirs de la Saint-Sylvestre font un mort et plusieurs blessés

Des tirs dans le ciel de Beyrouth, lors du réveillon de la nouvelle année, saisis par des internautes. Capture d’écran d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux

On pensait cette barbare habitude interdite et sévèrement sanctionnée. Mais voilà que les tirs en l’air ont une nouvelle fois sévi cette année à minuit sonnantes, la nuit du réveillon, pour « célébrer » le Nouvel An. À l’arme automatique parfois et dans différentes régions du pays, depuis la capitale jusqu’aux zones rurales les plus éloignées. Le bilan est lourd : une vie fauchée, celle d’une mère de famille syrienne, dans le camp de réfugiés de Taybé, à Baalbeck, atteinte mortellement à la tête d’une balle qui retombait ; de nombreux blessés, dont certains ont dû être hospitalisés ; des dégâts matériels innombrables. Et trois avions de la compagnie nationale Middle East Airlines endommagés sur le tarmac de l’Aéroport international de Beyrouth, leur carlingue ayant été transpercée par des balles perdues. « Outre deux A 320, le tout nouveau A321 NEO, un des sept Airbus reçus par la compagnie nationale de transport entre juillet et décembre 2020 », précise une source responsable de la compagnie. « Les trois avions ont été réparés », a annoncé hier à L’Orient-Le Jour le PDG de la MEA, Mohammad el-Hout. Pour la compagnie nationale de transport aérien, les coûts sont néanmoins importants. Ceux des réparations, qui n’ont pas été divulgués et qui « varient d’un avion à l’autre, en fonction de l’importance des dégâts ». Il faut aussi compter avec « le manque à gagner » qui se chiffre par centaines de milliers de dollars. « La perte de revenus occasionnée par trois avions non opérationnels en haute saison peut atteindre la coquette somme de 200 000 dollars par avion et par jour », précisait aussi M. Hout. Cela, considérant que « la réparation des avions nécessite du temps et doit être impérativement évaluée, conçue et validée par l’avionneur Airbus ».

Dans une réponse à ces pratiques criminelles, les Forces de sécurité intérieure ont évoqué les campagnes de sensibilisation qu’elles avaient menées avant les fêtes, pour rappeler aux citoyens qu’il est formellement interdit de tirer. Se basant sur les vidéos publiées par les internautes sur les réseaux sociaux, elles ont procédé à travers leurs différents services à quelque 34 arrestations qu’elles ont rapportées sur leur compte Twitter. Parmi lesquelles un homme de 24 ans, S.R. à Amroussyé, dans la banlieue sud, un autre de 22 ans à Dardghaya, à Tyr, et une femme de 27 ans à Jdeidet Akkar. Les FSI ont aussi étonnamment invité les Libanais à la délation, en leur demandant de documenter leurs accusations de photos et vidéos des tireurs, un travail d’enquête pourtant dévolu à la police. « D’autres arrestations devraient avoir lieu », assure à L’OLJ un responsable sécuritaire. Mais pour l’instant, toujours aucune information sur la sanction qu’encourent les personnes arrêtées, sachant que certaines ont déjà été relâchées.

Phénomène « arriéré et criminel »

Les réactions n’ont pas tardé. Le patriarche maronite Béchara Raï a lui-même évoqué le phénomène. « Tirer des coups de feu à l’occasion du Nouvel An n’est pas un acte civilisé », a lancé le prélat. Avant de s’étonner : « Les victimes (de l’explosion, NDLR) du port, de la pandémie de coronavirus et des armes illégales ne suffisent-elles pas ? Certains Libanais ne possèdent pas de quoi s’acheter une miche de pain, alors d’où avez-vous ces armes, ces munitions ? La décence sociale et la solidarité humaine n’ont-elles pas imposé la modestie et de s’abstenir de ce genre de célébrations, alors que des centaines de familles pleurent ceux qui ont perdu la vie dans l’explosion au port et des suites de la pandémie ? », s’est interrogé Mgr Raï appelant les autorités à « remédier à ce fléau dans toutes les régions ».

De même, les députés Roula Tabch (Beyrouth II) et Hagop Terzian (Beyrouth I) ont dénoncé ces incidents. « Tirer au-dessus des têtes des gens n’est ni viril ni héroïque. Comment une menace contre la vie des gens peut-elle être considérée comme une célébration », a écrit Mme Tabch sur son compte Twitter, évoquant un phénomène « arriéré et criminel ». Elle a dans ce cadre appelé les forces de l’ordre à sévir contre les contrevenants, « comme si les calamités des gens n’étaient pas déjà suffisantes ». « Comme chaque année, des personnes méprisant la vie des autres tirent en l’air le soir du réveillon, ce qui est une manière arriérée de faire la fête », a de son côté critiqué M. Terzian. « Il faut faire payer ce manque de responsabilité de la part de certains », a-t-il plaidé.


On pensait cette barbare habitude interdite et sévèrement sanctionnée. Mais voilà que les tirs en l’air ont une nouvelle fois sévi cette année à minuit sonnantes, la nuit du réveillon, pour « célébrer » le Nouvel An. À l’arme automatique parfois et dans différentes régions du pays, depuis la capitale jusqu’aux zones rurales les plus éloignées. Le bilan est...

commentaires (3)

Il est écrit par ailleurs que la police a procédé à 3 arrestations photos DE DOS à l’appui. On va croire le porte parole de la police mais pourquoi ne pas montrer les visages de ces sauvages et criminels à toute la population pour qu’ils soient méprisés une fois pour toutes

Liberté de Penser

18 h 56, le 04 janvier 2021

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Commentaires (3)

  • Il est écrit par ailleurs que la police a procédé à 3 arrestations photos DE DOS à l’appui. On va croire le porte parole de la police mais pourquoi ne pas montrer les visages de ces sauvages et criminels à toute la population pour qu’ils soient méprisés une fois pour toutes

    Liberté de Penser

    18 h 56, le 04 janvier 2021

  • Prière de ne pas associer des saints, quelqu'ils soient, à ces écervelés "trigger happy" du type Wild Wild West...

    Wlek Sanferlou

    17 h 25, le 04 janvier 2021

  • Bande de bouffons...je n'ai pas d'autres mots...

    In Lebanon we (still) Trust

    11 h 20, le 04 janvier 2021

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