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Société - Coronavirus

Nouveau reconfinement attendu après les célébrations du Nouvel An

« Nous essayons d’ajouter 150 lits en soins intensifs et 300 lits dans les autres services », révèle Sleiman Haroun, président du syndicat des hôpitaux privés.

Nouveau reconfinement attendu après les célébrations du Nouvel An

Une foule de promeneurs profitant d’une météo clémente sur la corniche à Beyrouth, le 3 janvier 2021, à quelques jours d’un possible reconfinement. Anwar Amro/AFP

Au lendemain d’une Saint-Sylvestre animée, au cours de laquelle bars et restaurants ont accueilli les fêtards, certains en ignorant les mesures de précaution sanitaire, tandis que de nombreuses fêtes ont eu lieu chez des particuliers, sans précaution aucune, les autorités craignent une recrudescence des contaminations au Covid-19. La commission ministérielle pour le coronavirus, présidée par le Premier ministre sortant, Hassane Diab, doit se réunir aujourd’hui à 10h afin de prendre les décisions relatives à un nouveau reconfinement qui semble désormais inévitable. Les professionnels de la santé, eux, mettent en garde contre une saturation des hôpitaux, à l’heure où le pays se rapproche de la barre symbolique des 200 000 contaminations.

« Je suis étonné de voir que les responsables sont surpris par les chiffres. Je ne comprends pas pourquoi ils ont rouvert le pays de cette manière », s’insurge le Dr Abdel Rahman Bizri, spécialiste en maladies infectieuses et président de la commission chargée des préparatifs en vue de la campagne de vaccination anti-Covid-19, en allusion aux célébrations des fêtes de fin d’année. « Les autorités auraient pu alléger quelque peu les mesures pour les fêtes, mais pas de cette manière », regrette-t-il, avant d’ajouter : « Nous verrons les résultats des contaminations contractées d’ici à quelques jours. » Pour les fêtes, le couvre-feu avait notamment été repoussé à 5h, tandis que les boîtes de nuit avaient été autorisées à rouvrir, par exemple.

« Nous nous dirigeons probablement vers un nouveau confinement, mais l’important n’est pas uniquement de fermer les commerces. Il faut réfléchir à l’après-confinement », indique le Dr Bizri à L’Orient-Le Jour. Le spécialiste appelle par ailleurs les Libanais « à être plus sérieux dans le respect des règles de prévention contre le coronavirus ». Il estime également que « le ministère de la Santé doit être un peu plus ferme avec les hôpitaux privés qui n’accueillent toujours pas de patients atteints de Covid-19 ». « Le ministre de la Santé se dirige vers la pénalisation de ces hôpitaux », révèle-t-il cependant.

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Les effets à long terme du Covid-19

Le Liban a enregistré hier 2 870 nouveaux cas positifs au Covid-19 et 10 décès, selon le bilan quotidien du ministère de la Santé. Ces chiffres font grimper à 189 278 le nombre cumulé des contaminations depuis la détection du premier cas du virus dans le pays en février dernier, au nombre desquelles 1 486 décès et 132 768 guérisons. Parmi les cas toujours actifs, 1 182 personnes sont hospitalisées, dont 461 en soins intensifs. Selon les informations de notre correspondante Hoda Chedid, le reconfinement pourrait être décrété par la commission ministérielle pour le coronavirus à partir du 7 janvier, au lendemain de la Noël arménienne.

La Saint-Sylvestre, « une catastrophe »

Contacté par L’Orient-Le Jour, le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, dénonce pour sa part les « comportements irresponsables » observés durant les derniers jours de l’année 2020. « La Saint-Sylvestre était une catastrophe. Nous avons été témoins de comportements irresponsables dans les restaurants, mais aussi dans les maisons », estime-t-il. M. Haroun affirme s’attendre « au pire la semaine prochaine ». « Les hôpitaux sont saturés et certains malades en besoin d’hospitalisation attendent dans les urgences ou chez eux, explique le président du syndicat des hôpitaux privés. Nous demandons aux hôpitaux privés qui n’accueillent toujours pas de patients atteints du coronavirus de commencer à le faire », ajoute-t-il. Selon lui, les établissements hospitaliers du pays disposent aujourd’hui de 300 lits en soins intensifs et de 550 lits pour les traitements d’usage. « Nous essayons d’ajouter 150 lits dans les soins intensifs et 300 lits dans les autres services », révèle-t-il.En attendant les décisions du gouvernement, certaines localités ont d’ores et déjà décidé de se reconfiner ou de suspendre certaines de leurs activités, en raison d’une hausse des contaminations. Ainsi, le village de Aïn Majdaline (Jezzine) procède à un bouclage général à partir d’aujourd’hui et pour une semaine, avec interdiction des attroupements et couvre-feu de 18h à 5h, sur décision du caïmacam de Jezzine. La municipalité de Baabda-Louaïzé a, pour sa part, annoncé qu’elle fermera ses portes à partir d’aujourd’hui et pendant une semaine, après la découverte de deux cas positifs parmi ses employés. Les autorités sanitaires du caza de Zghorta ont, quant à elles, annoncé 92 cas positifs hier dans la région.Plusieurs confinements ont été décrétés au Liban depuis février 2020, dont le dernier en date remonte à novembre. Jeudi dernier, le chef de l’État, Michel Aoun, avait signé un décret en vertu duquel l’état de mobilisation générale pour lutter contre le coronavirus a été prolongé du 1er janvier au 31 mars 2021.

En attendant le vaccin

« Je passe mon temps à essayer de faire hospitaliser des gens. Il n’y a plus de places dans les hôpitaux », confie par ailleurs Abdel Rahman Bizri, qui considère que le « seul espoir » face à la pandémie réside dans l’arrivée au Liban à la mi-février du vaccin. Même son de cloche du côté du président de l’ordre des médecins Charaf Abou Charaf, qui estime que le bouclage est nécessaire en attendant le vaccin. « Il n’existe aucune solution provisoire autre que le bouclage général et le respect des mesures préventives avant l’arrivée du vaccin », affirme le Dr Abou Charaf, qui s’exprimait lors d’une rencontre hier avec le patriarche maronite à Bkerké.

Sur les réseaux sociaux, c’est un concert organisé pour le Nouvel An par le chanteur Assi el-Hellani dans un hôtel de la capitale qui suscite le plus de colère. Faisant fi des mesures sanitaires, le concert a réuni plusieurs centaines de personnes, dont une vingtaine auraient été testées positives au Covid-19. Le chanteur aurait écopé d’une amende de 300 millions de livres, selon les médias locaux. De son côté, le ministre sortant des Télécommunications, Talal Hawat, a annoncé avoir été testé positif au coronavirus et s’être mis à l’isolement afin d’éviter toute contamination. Massoud Achkar, ex-candidat aux législatives pour la circonscription d’Achrafieh-Rmeil-Saïfi, a par ailleurs été admis jeudi dernier d’urgence à l’hôpital Rizk à la suite de graves complications dues au coronavirus.


Au lendemain d’une Saint-Sylvestre animée, au cours de laquelle bars et restaurants ont accueilli les fêtards, certains en ignorant les mesures de précaution sanitaire, tandis que de nombreuses fêtes ont eu lieu chez des particuliers, sans précaution aucune, les autorités craignent une recrudescence des contaminations au Covid-19. La commission ministérielle pour le coronavirus,...

commentaires (2)

En inspect ant la photo, on comprend que c'est la faute aux autorités de ne pas faire appliquer les mesures ; hier donc, sur la corniche même à Beyrouth, un grand nombre de récalcitrants têtus.

Esber

11 h 08, le 04 janvier 2021

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Commentaires (2)

  • En inspect ant la photo, on comprend que c'est la faute aux autorités de ne pas faire appliquer les mesures ; hier donc, sur la corniche même à Beyrouth, un grand nombre de récalcitrants têtus.

    Esber

    11 h 08, le 04 janvier 2021

  • Un pays hors la loi, l'incompétence du gouvernement d’une part et l’irresponsabite du peuple ne font qu’y rajouter... ne prétendons pas la surprise! Entretemps, qu’est-il arrive des deux hôpitaux de campagne offerts par le Qatar?

    CW

    09 h 24, le 04 janvier 2021

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