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Société - Contestation

Vives tensions lors d’une manifestation de proches d’étudiants à l’étranger devant la BDL

À Saïda également, des dizaines de manifestants ont crié « Libérez le dollar étudiant ! »

Vives tensions lors d’une manifestation de proches d’étudiants à l’étranger devant la BDL

Une manifestante, probablement une mère d’étudiant à l’étranger, a perdu connaissance lors du rassemblement d’hier, devant la BDL à Beyrouth. Photo Marc Fayad

La tension était vive, hier, lors d’un nouveau sit-in de proches de jeunes Libanais étudiant à l’étranger. Une fois encore, ils étaient venus, devant le siège de la Banque du Liban (BDL) à Beyrouth, éclamer l’application de la loi sur le dollar étudiant qui doit permettre à ces parents de transférer des fonds à leurs enfants au taux officiel de la livre libanaise par rapport au dollar.

Ces manifestations de proches d’étudiants à l’étranger, devenues quasiment hebdomadaires, sont organisées alors que les banques limitent drastiquement les transferts internationaux depuis l’été 2019, sur fond d’effondrement de la monnaie nationale dans un Liban en pleine crise.

La police était massivement déployée sur les lieux, et plusieurs bousculades ont été enregistrées. Il n’est pas clair si ces tensions ont fait des blessés, mais une femme, au moins, a perdu connaissance. Certains manifestants étaient munis de casseroles et de microphones.

« La loi a été approuvée et publiée au Journal officiel et nous n’avons toujours pas obtenu notre droit », a déploré à la chaîne locale LBCI une mère de famille visiblement désespérée. « Jusqu’à quand ces atermoiements ? Nos enfants réclament de quoi manger, payer leur loyer, l’université... Ces enfants partagent la nourriture avec leurs amis, ils dorment les uns chez les autres, a-t-elle ajouté. La loi a été votée, mais il n’y a toujours aucun résultat. Nous n’en pouvons plus, aucun responsable ne se sent concerné, à qui s’adresser désormais ? » « On nous a promis une loi qui a été signée par le président de la République en personne. Mais à quoi bon la signer si cela ne reste que de l’encre sur le papier ? »

s’est indigné un autre manifestant. « Maudite soit une telle classe politique ! » a-t-il ensuite lancé.

À Saïda, au Liban-Sud, une poignée de protestataires ont également tenu un sit-in devant le siège de la BDL dans la ville avec les mêmes revendications, rapporte notre correspondant Mountasser Abdallah. Des dizaines de militants de la région se sont joints à eux. « Arrêtez de négliger les étudiants à l’étranger ! » ou encore « Libérez le dollar étudiant ! » pouvait-on lire sur les pancartes. Selon le témoignage de l’un des manifestants, son frère, étudiant, ne peut plus ni se loger ni vivre dans le pays où il se trouve, et il est désormais menacé d’expulsion. Tout comme à Beyrouth, les FSI étaient déployées en force face aux manifestants.

Que ce soit à Saïda ou à Beyrouth, les manifestants demandent l’application de la loi 193 adoptée par le Parlement le 16 octobre dernier, alors que les Libanais pâtissent depuis plus d’un an de restrictions bancaires drastiques et que le dollar s’échange ces derniers jours sur le marché noir autour de 8 500 livres. Cette loi permet le transfert à l’étranger d’un montant annuel de 10 000 dollars sur base du taux officiel maintenu à 1 515 livres pour un dollar à tout étudiant inscrit dans une université étrangère pour l’année 2020-2021. Elle n’a toujours pas été mise en œuvre, malgré la publication, mi-décembre, de circulaires par la Banque du Liban (BDL) relatives à sa mise en application. Les parents accusent le gouverneur de l’institution, Riad Salamé, de recourir à des atermoiements pour retarder son application.

La tension était vive, hier, lors d’un nouveau sit-in de proches de jeunes Libanais étudiant à l’étranger. Une fois encore, ils étaient venus, devant le siège de la Banque du Liban (BDL) à Beyrouth, éclamer l’application de la loi sur le dollar étudiant qui doit permettre à ces parents de transférer des fonds à leurs enfants au taux officiel de la livre libanaise par rapport au dollar. Ces manifestations de proches d’étudiants à l’étranger, devenues quasiment hebdomadaires, sont organisées alors que les banques limitent drastiquement les transferts internationaux depuis l’été 2019, sur fond d’effondrement de la monnaie nationale dans un Liban en pleine crise.La police était massivement déployée sur les lieux, et plusieurs bousculades ont été enregistrées. Il n’est pas clair si ces tensions ont fait...
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