Une rue marchande à Budapest, complètement désertée après le couvre-feu. Attila Kisbenedek/AFP
Le Royaume-Uni est devenu hier le premier pays à autoriser le vaccin AstraZeneca, donnant un coup de fouet à la campagne de vaccination face à l’envolée des cas de Covid-19, comme dans d’autres pays européens, dont l’Allemagne qui a enregistré pour la première fois plus de 1 000 décès quotidiens.
Le coronavirus a fait au moins 1 791 033 morts dans le monde et en a contaminé plus de 81 millions, et la planète entière craint que les nombreux voyageurs de la période des fêtes n’intensifient la flambée du nombre des cas.
Le Royaume-Uni, un des pays des plus touchés en Europe par la pandémie avec plus de 71 500 morts, est confronté à une envolée des contaminations attribuée à un variant du virus, présentant selon une étude britannique une contagiosité supérieure de 50 à 74 % et qui est détectée dans de plus en plus de pays.
L’agence britannique du médicament (MHRA) a donné son feu vert hier au vaccin mis au point par le groupe britannique AstraZeneca avec l’Université d’Oxford, grâce auquel les autorités comptent accélérer la campagne de vaccination lancée début décembre. Ce vaccin était très attendu pour des raisons pratiques : bien moins cher que celui déjà distribué, il peut être conservé à la température d’un réfrigérateur, entre deux et huit degrés Celsius, ce qui facilite une vaccination à grande échelle. Le Premier ministre Boris Johnson a salué une nouvelle « vraiment fantastique » et un « triomphe pour la science britannique ». « Nous allons maintenant vacciner autant de gens possible et le plus rapidement possible », a-t-il écrit sur son compte Twitter. Le vaccin sera utilisé dès le 4 janvier au Royaume-Uni qui en a commandé 100 millions de doses.
Par ailleurs, le gouvernement britannique a étendu hier le confinement appliqué à une partie de l’Angleterre et repoussé la rentrée scolaire pour certains élèves afin de contrer une flambée du nombre des cas de nouveau coronavirus attribuée à la nouvelle souche mutante du virus. Pour tenter de freiner sa propagation, le ministre de la Santé a déclaré qu’il était « nécessaire » de placer à partir de jeudi de nombreuses régions du centre, du sud et du nord de l’Angleterre en niveau d’alerte 4, où se trouvait jusqu’alors autour de 40 % de la population anglaise. Dans ces zones, la consigne est donnée aux habitants de rester chez eux. Dans le reste du Royaume-Uni, l’Écosse continentale, le pays de Galles et l’Irlande du Nord sont actuellement confinés.
Loin de la normalité
L’Allemagne a pour sa part enregistré plus de 1 000 décès liés au Covid-19 en 24 heures, pour la première fois depuis le début de la pandémie, selon les chiffres de l’institut de veille sanitaire Robert Koch (RKI) diffusés hier. Au total, 1 129 décès ont été recensés en une journée et 22 459 nouvelles infections au virus en Allemagne. « Les taux d’infection et de mortalité montrent que nous sommes encore loin de la normalité », a déclaré le ministre de la Santé Jens Spahn. Les restrictions en vigueur, dont la fermeture des écoles, commerces non essentiels, bars et restaurants, devraient par conséquent être prolongées au-delà du 10 janvier.
Le ministre s’est cependant félicité du succès de la campagne de vaccination, précisant que 60 000 Allemands avaient déjà été vaccinés.
Ce qui n’est pas le cas en France, où des responsables politiques et des médecins, dont le généticien Axel Kahn, ont regretté un excès de prudence dans la campagne de vaccination en France, jugée trop lente par rapport aux autres pays européens. « L’Allemagne est déjà à plus de 42 000 vaccinés, le Royaume-Uni à 900 000 et la France à moins de 200! Après les masques, les tests et l’isolement, un nouvel échec serait terrible », a alerté le patron des sénateurs LR (droite) Bruno Retailleau, sur Twitter. Le gouvernement français prévoit de nouvelles mesures dans les zones les plus touchées, notamment l’est du pays, dont un couvre-feu avancé de deux heures, à 18h, s’attendant à une « reprise incontrôlée de l’épidémie » en janvier après les fêtes de fin d’année.
Le bilan serait plus élevé à Wuhan
Aux États-Unis, pays qui compte le plus grand nombre de décès depuis le début de la pandémie (338 656), le président élu Joe Biden, qui prendra ses fonctions dans moins d’un mois, a exprimé son inquiétude face à l’envolée des cas : « Les semaines et mois à venir vont être très difficiles pour notre pays, a-t-il martelé. Peut-être les plus difficiles de toute la pandémie. » Car, malgré les appels des autorités à rester chez soi, des millions d’Américains ont voyagé pour fêter Noël en famille. Le président élu a renouvelé sa promesse de 100 millions de doses administrées au cours des 100 premiers jours de son mandat.
Les États-Unis misent sur une autorisation en avril du vaccin AstraZeneca/Oxford, plus de trois mois après le feu vert du régulateur britannique, a déclaré Moncef Slaoui, conseiller en chef du programme de vaccination américain.
Pour sa part, l’Argentine a délivré hier une autorisation « d’urgence » pour le vaccin développé par le laboratoire britannique AstraZeneca et l’Université d’Oxford.
En Chine, une étude du Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies a révélé que le nombre de personnes contaminées par le nouveau coronavirus à Wuhan, berceau de la pandémie, où le Covid-19 est apparu à la fin de l’an dernier, serait dix fois supérieur au bilan annoncé jusqu’ici par Pékin.
Le laboratoire chinois Sinopharm a pour sa part annoncé hier une efficacité de 79 % pour un de ses vaccins anti-Covid qui devrait être diffusé en Chine et dans les pays en développement.
Source : AFP


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