Réunion entre le chef de l’État libanais, Michel Aoun (c), et le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni (g), hier au palais de Baabda. Photo Twitter/Présidence libanaise
Le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, a annoncé hier depuis le palais présidentiel de Baabda que le Liban voulait reprendre contact avec le cabinet américain Alvarez & Marsal. Ce dernier avait été mandaté le 1er septembre pour réaliser le volet juricomptable de l’audit de la Banque du Liban (BDL) en même temps que KPMG et Oliver Wyman, deux sociétés en charge d’autres volets de l’opération. Cet audit fait partie des réformes les plus urgentes réclamées par les soutiens du Liban ou encore le Fonds monétaire international, alors que le pays traverse une grave crise économique et financière.
Alvarez & Marsal s’était désisté vers fin novembre après que la banque centrale eut refusé, en invoquant la loi sur le secret bancaire, de lui fournir une importante partie des documents qu’il avait demandés pour démarrer sa mission. Cette décision avait poussé le Parlement à prendre position en faveur d’une réactivation de l’audit juricomptable, de l’élargissement de son champ d’application aux institutions publiques et à voter lundi dernier une loi autorisant la levée pendant un an du secret bancaire sur les comptes de la BDL et ceux des institutions publiques, à savoir ceux qu’elles détiennent à la banque centrale.
Toutefois, l’impact de cette loi sur l’audit pourrait rester incertain selon une source proche du dossier, qui a confié qu’une délégation du cabinet devrait rencontrer l’État libanais « prochainement », pour discuter d’un nouveau contrat incluant cette fois-ci également les institutions publiques. La source ajoute que le ministère des Finances « souhaite que la procédure aille vite », mais craint que « la classe politique » n’empêche le cabinet de parachever sa mission avant l’expiration de la loi levant partiellement le secret bancaire. Par ailleurs, l’État n’a toujours pas réglé les émoluments prévus par les contrats signés avec les sociétés. En outre, leurs contrats sont liés et l’arrêt de celui d’Alvarez & Marsal a compliqué la tâche des deux autres.
Mardi, l’avocat fiscaliste et président de l’Association libanaise pour les droits et l’information des contribuables (Aldic), Karim Daher, avait d’ailleurs jugé que cette loi seule était « insuffisante » pour garantir le succès de l’opération, cette dernière ne levant pas le secret bancaire sur les comptes tiers, ce qui bloque la possibilité de remonter jusqu’aux comptes des auteurs / bénéficiaires de potentielles opérations suspectes détectées au cours de l’audit.



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Désolé, mais l'équipe d'experts qui était censée s'occuper du dossier Liban a été assignée à d'autres projets...
14 h 58, le 25 décembre 2020