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Politique - Crise au Liban

Geagea: Si j'étais à la place du président Aoun, je démissionnerais

"Toute la classe au pouvoir doit démissionner", martèle le chef des Forces libanaises.

Geagea: Si j'étais à la place du président Aoun, je démissionnerais

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea (g), accueillant l'actuel président de la République, Michel Aoun, le 18 janvier 2016 en sa résidence de Maarab. Photo d'archives Aldo Ayoub/Lebanese Forces/AFP

Le chef des Forces libanaise et farouche critique de la classe politique au pouvoir, Samir Geagea, a affirmé samedi que s'il était président de la République, il démissionnerait, dans une critique virulente à l'encontre du chef de l'Etat, Michel Aoun, qui a accédé au pouvoir en 2016, notamment grâce à son alliance politique avec M. Geagea. 

Ces propos acerbes du leader chrétien interviennent au moment où le Liban est embourbé depuis plus d'un an dans une grave crise économique, financière et politique, et sans gouvernement depuis août, suite à la démission du cabinet de Hassane Diab dans la foulée de la gigantesque explosion au port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts et 6500 blessés.

"Hommes d'Etat qui n'existent pas"

"L'enchaînement des événements prouve une nouvelle fois que le groupe au pouvoir est incompétent et invivable", a estimé Samir Geagea, lors d'une conférence de presse depuis sa résidence de Maarab. Il a dans ce contexte affirmé que "la bataille n'est pas celle des prérogatives". "Le problème n'est pas entre les chrétiens et les musulmans, mais avec une classe au pouvoir qui a mené le pays à la situation actuelle", a-t-il souligné. "La seule solution, ce sont des élections législatives anticipées afin de constituer une nouveau pouvoir", a encore dit M. Geagea. Les élections sont prévues en 2022, mais plusieurs partis politiques d'opposition, ainsi que les partisans de la révolte populaire du 17 octobre 2019, réclament un scrutin anticipé qui, selon eux, leur permettrait d'évincer ou de réduire l'emprise de la classe au pouvoir. "La crise actuelle est une crise d'hommes d'Etat qui n'existent pas. Si j'étais à la place du président de la République, je démissionnerais. Tout le groupe au pouvoir doit démissionner", a conclu Samir Geagea, en réponse à une question des journalistes.

L'édito de Issa GORAIEB

Arrêts sur image

Concernant la crise gouvernementale, le chef des FL s'est dit "contre la formation d'un cabinet normal ou d'un cabinet d'union nationale, même si nous sommes en faveur de l'union nationale". Les cabinets dits d'"union nationale", en place au Liban durant les dernières années, sauf quelques exceptions, rassemblent aussi bien les partis au pouvoir que ceux dans l'opposition, ce qui aboutit généralement à des blocages dans la prise de décisions.

Depuis sa désignation pour former le cabinet, le 22 octobre dernier, Saad Hariri peine à trouver un terrain d'entente avec le président Aoun. Leurs négociations butent notamment sur la répartition des portefeuilles et la nomination des ministrables. Au cœur de cette polémique se trouve également le refus du chef du courant du Futur d'accorder le tiers de blocage au Courant patriotique libre (aouniste) et au chef de l'Etat. Lundi, dans un échange de communiqués acerbes, la présidence de la République et le Premier ministre désigné se sont mutuellement accusés d'être responsables du retard dans la formation du futur gouvernement. Les tensions entre les deux hommes ont encore empiré depuis la semaine dernière après l'inculpation du Premier ministre sortant, Hassane Diab, et de trois anciens ministres, dans le cadre de l'enquête sur les explosions du port. C'est dans ce contexte que Saad Hariri s'était entretenu mercredi avec le patriarche maronite Mgr Béchara Raï. Le prélat s'est ensuite rendu au palais présidentiel de Baabda vendredi, pour échanger avec le chef de l'Etat, et a reçu à Bkerké le gendre de celui-ci, le chef du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil. Une source informée contactée par L’Orient-Le Jour croit savoir que la rencontre Raï-Bassil s’est déroulée dans une atmosphère tendue.

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Le 1er septembre, lors de son deuxième séjour au Liban après un déplacement le 6 août à Beyrouth, deux jours après la gigantesque explosion meurtrière du port de la capitale,, le président français, Emmanuel Macron, avait annoncé une feuille de route pour une sortie de crise au Pays du Cèdre. Ce document prévoit entre autre la formation d'un gouvernement de "mission" composé d'experts. L'initiative française est plus que jamais dans l'impasse, voire enterrée, selon certains observateurs. Le président Macron, qui était attendu le 22 décembre à Beyrouth, pour tenter encore une fois de débloquer la situation, a du renoncer à son déplacement après avoir été testé positif au coronavirus jeudi.

Séance législative

Concernant la séance législative du Parlement qui doit se tenir lundi, et à l'ordre du jour de laquelle figure plus d'une soixantaine de textes de lois, certains à caractère de double-urgence, Samir Geagea a par ailleurs fait savoir que son parti allait y participer.

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"Nous allons participer à la séance car celle-ci débattra de questions qui intéressent la population, comme la proposition de loi sur la levée du secret bancaire afin d'aider la mise en place d'un audit juricomptable (au sein de la Banque du Liban), ou encore la prolongation du contrat d'Electricité de Zahlé", a affirmé M. Geagea. Enfin, le leader chrétien a dit être "contre le fait de toucher aux réserves obligatoires au sein de la BDL", cette question se posant à la lumière du coût élevé des subventions assurées par la banque afin de palier la dévaluation vertigineuse de la livre libanaise. "Les subventions, telles qu'elles ont été mises en place depuis un an, sont un crime. Toute subvention doit cibler les familles dans le besoin, à travers des cartes", a estimé le chef des FL, alors que les autorités planchent sur une "rationalisation" des subventions des matières de première nécessité (blé, fuel, médicaments) et de certains équipements, notamment médicaux.


Le chef des Forces libanaise et farouche critique de la classe politique au pouvoir, Samir Geagea, a affirmé samedi que s'il était président de la République, il démissionnerait, dans une critique virulente à l'encontre du chef de l'Etat, Michel Aoun, qui a accédé au pouvoir en 2016, notamment grâce à son alliance politique avec M. Geagea. Ces propos acerbes du leader chrétien...

commentaires (12)

Il ne faut pas oublier que Michel Aoun n'a pas été élu président de la République en octobre 2019 (intifada populaire), et encore moins en août 2020 (explosion du port), mais en octobre 2016. Il était alors le leader le plus populaire chez les chrétiens. Si Samir Geagea n'avait pas appuyé Michel Aoun, il y a fort à parier que Soleïman Frangieh aurait été élu président.

Fadi Harouny

00 h 38, le 21 décembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (12)

  • Il ne faut pas oublier que Michel Aoun n'a pas été élu président de la République en octobre 2019 (intifada populaire), et encore moins en août 2020 (explosion du port), mais en octobre 2016. Il était alors le leader le plus populaire chez les chrétiens. Si Samir Geagea n'avait pas appuyé Michel Aoun, il y a fort à parier que Soleïman Frangieh aurait été élu président.

    Fadi Harouny

    00 h 38, le 21 décembre 2020

  • Il ne faut pas oublier que Michel Aoun n'a pas été élu président de la République en octobre 2019 (intifada populaire), et encore moins en août 2020 (explosion du port), mais en octobre 2016. Il était alors le leader le plus populaire chez les chrétiens. Si Samir Geagea n'avait pas appuyé Michel Aoun, il y a fort à parier que Soleïman Frangieh aurait été élu président.

    Fadi Harouny

    00 h 38, le 21 décembre 2020

  • si je me rappelle les lecons de cathechisme: charite bien ordonnee commence par soi-meme.

    SATURNE

    16 h 05, le 20 décembre 2020

  • Ma question a peu de rapport avec la réaction de Geagea Comment cet homme qui n'a aucune activité rémunératrice (et c'est valable pour les autres) , avec les frais inéluctables et imputées à chaque parti (frais de fonctionnement, protection, frais de déplacement....) comment fait il pour assurer leurs besoins?

    Citoyen

    14 h 27, le 20 décembre 2020

  • M Geagea : Quoique vous disiez. Quoique vous fassiez. Même si vous êtes mieux considéré, pas du tout critiqué pour corruption par les libanais . Cependant PERSONNE n'oublie que c'est A CAUSE DE VOUS que AOUN est président. Vous lui avez ouvert la porte qui était fermée. Donc vous ne serez pas président. Même si, actuellement, vous êtes au "chômage" sans travail, sans activité . Votre ERREUR fatale fait de vous une personne rejettée par les libanais qui sont pourtant pro FL Attention on n'accuse pas les FL globalement, tout comme les Kataeb, le PNL et tous les jeunes des ex forces Libanaises , qui ont défendu le liban au peix de leur vie...Ces jeunes et partis qui sont notre histoire et notre honneur. Mais nous parlons juste de vous. Sachant que nous vous avons respecté des années avant votre culpabilité de faciliter la route à AOUN. Cette erreur fut un CRIME IMPARDONNABLE envers le liban. Désolé Hakim. Vous avez aussi votre part dans la misère des libanais.

    radiosatellite.online

    21 h 24, le 19 décembre 2020

  • Malheureusement personne n’est prêt à lâcher le pouvoir. Même s’ils règnent sur un pays exsangue et cadavérique. Ils préfèrent laisser couler 3 millions d’âmes pour garder leurs privilèges Ce sont des assassins des temps modernes. Des Nerons du 21eme siècle Tous à mettre dans le même sac sans exception. Ils sont solides et en place pour un moment encore... DESPERANT

    DAOU Nabil

    19 h 21, le 19 décembre 2020

  • ENTRE GEAGEA ET RAÏ, QUI N'ARRÊTENT PAS À NOUS DONNER DES LEÇONS. C'EST GRÂCE À GEAGEA QUE AOUN EST ASSI SUR SA CHAISE PRÉSIDENTIELLE NON ? ET CE N'EST PAS RAÏ QUI PASSAIT SON TEMPS PENDANT DES ANNÉES AVEC LES AGENTS DU HEZBOLLAH, QUI SONT AOUN, BASSIL ET SLEIMAN FRANGIÉ ?. AU LIEU QU'ILS DISPARAISSENT TOUS LES DEUX ET PRÉSENTENT CHACUN DE SON CÔTÉ, LEUR MIA CULPA, ET AVEC DES EXCUSES SINCÈRES, ILS CONTINUENT À SE MÊLER DE NOTRE VIE COMME S'ILS SONT DES CRACKS EN POLITIQUE.

    Gebran Eid

    19 h 09, le 19 décembre 2020

  • Mr. Aoun a l'alzeimer et son gendre gouverne avec l'aide du Hezbollah

    Eleni Caridopoulou

    17 h 47, le 19 décembre 2020

  • """Toute la classe au pouvoir doit démissionner", martèle le chef des Forces libanaises.""Et parole d’un ancien condamné à mort. Les politiciens s’ils laisseront la place qu’ils occupent depuis une quarantaine d’années, c’est pour la laisser à qui ? Ils doivent tous quitter la politique, et Samir Geagea le premier parmi eux.

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    17 h 04, le 19 décembre 2020

  • Si j'étais Président de la République Jamais plus un enfant n'aurait de pensée triste Je nommerais, bien sur, Mickey premier ministre De mon gouvernement, si j'étais président Simplet à la culture me semble une évidence Tintin à la police et Picsou aux finances Zorro à la justice et Minnie à la danse Est c'que tu serais content, si j'étais président? Tarzan serait ministre de l'écologie Bécassine au commerce, Maya à l'industrie Je déclarerais publiques toutes les patisseries Opposition néant, si j'étais Président...

    Gros Gnon

    16 h 31, le 19 décembre 2020

  • Parfaitement d’accord avec vous, Mr Geagea: si notre président avait de la dignité et un peu d’humilité, il devrait démissionner, demander à ses députés de le faire, en commençant par le gendre bien-aimé, dénoncer l’échec de son alliance avec le Hezbollah et demander des élections anticipées pour essayer de sauver le pays, si encore c’est faisable!.....Mais là où le bat blesse, Hakim, c’est que vous n’êtes pas non plus en odeur de sainteté car c’est à cause de votre opportunisme et accord avec Aoun que celui-ci est devenu président avec le calcul de boutiquiers qu’il vous laissera sa place à la fin de son mandat!....De plus, et si vous êtes logique avec vous-même, pourquoi vous et votre groupe de députés n’avaient pas encore démissionné de cette grotte d’Ali-Baba?....Le Président pourrait vous rétorquer les mêmes raisons que vous pourquoi il ne démissionnerait pas: cessons de jouer à ce jeu mesquin du chat et de la souris!

    Saliba Nouhad

    16 h 15, le 19 décembre 2020

  • Le chemin est tracé :démission déclarée, mais le président reste en fonction jusqu'à l'élection d'un nouveau président, en parallèle avec la dissolution du parlement par décret présidentiel, élections législatives au début du printemps avec un nouveau chef du Législatif; enfin, élection présidentielle juste après.

    Esber

    16 h 10, le 19 décembre 2020

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