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Monde - Nucléaire

Les nouvelles cascades de centrifugeuses de Natanz « profondément préoccupantes » pour Paris, Londres et Berlin

Les nouvelles cascades de centrifugeuses de Natanz « profondément préoccupantes » pour Paris, Londres et Berlin

L’installation par l’Iran de trois nouvelles cascades de centrifugeuses à Natanz, principal site d’enrichissement d’uranium du pays, inquiète les Occidentaux. Photo prise en mars 2005. Henghameh Fahimi/AFP

L’installation par l’Iran de trois nouvelles cascades de centrifugeuses à Natanz (centre), principal site d’enrichissement d’uranium du pays, est « profondément préoccupante », ont souligné hier la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, alors que le prochain président américain semble prêt au dialogue sur le nucléaire iranien. « L’annonce récente par l’Iran de son intention d’installer trois nouvelles cascades de centrifugeuses avancées dans l’usine d’enrichissement de l’uranium de Natanz est contraire au JCPoA (accord sur le nucléaire iranien signé en 2015) et profondément préoccupante », soulignent les Européens dans un communiqué conjoint. Selon les termes de l’accord sur le nucléaire iranien que Paris, Berlin et Londres s’efforcent de préserver malgré sa dénonciation par les États-Unis, l’Iran n’est pas autorisé à utiliser des centrifugeuses aussi perfectionnées. Les porte-parole des ministères des Affaires étrangères français, allemand et britannique appellent Téhéran à ne pas « mettre en péril l’importante opportunité de revenir à la diplomatie que représente l’arrivée de la nouvelle administration américaine » sous la présidence de Joe Biden, qui a exprimé sa volonté de réintégrer les États-Unis à l’accord de Vienne. Ils expriment en outre leur « vive préoccupation » après l’adoption par le Parlement iranien d’une loi controversée sur la question nucléaire qui, « si elle est mise en œuvre, se traduira par un développement important du programme d’enrichissement de l’Iran et par une capacité d’accès réduite de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) ». Selon les médias iraniens, le texte enjoint le gouvernement à prendre immédiatement des dispositions pour produire et stocker au « moins 120 kilogrammes par an d’uranium enrichi à 20 % » et l’appelle à « mettre fin » aux inspections de l’AIEA. Toutefois, pour être promulguée, cette loi doit encore être signée par le président iranien Hassan Rohani, qui s’y est dit opposé. « Si l’Iran souhaite sérieusement préserver un espace pour la diplomatie, il ne doit pas mettre en oeuvre ces mesures », concluent les trois pays européens en soulignant qu’ « un retour au JCPoA aurait également des bénéfices pour l’Iran ».

Le président américain Donald Trump a sorti son pays de l’accord de Vienne en mai 2018, avant de rétablir des sanctions ayant plongé la République islamique dans une violente récession. En riposte, Téhéran s’est désengagé à partir de mai 2019 de la plupart de ses engagements-clefs pris à Vienne. Depuis l’annonce de la victoire de Joe Biden à la présidentielle du 3 novembre, M. Rohani multiplie les signaux d’ouverture à l’attention du prochain gouvernement américain. M. Biden a dit sa volonté de réintégrer les États-Unis à l’accord de Vienne, mais la voie qu’il propose est jugée inacceptable par le gouvernement iranien.

« Pays médiocre »

Par ailleurs, Téhéran a traité par le mépris hier l’exigence formulée par les Saoudiens d’être « consultés » avant toute éventuelle négociation entre les États-Unis et l’Iran à propos du programme nucléaire iranien. « S’attarder trop longtemps sur le cas d’un pays médiocre de cette région n’apporte rien », a déclaré Saïd Khatibzadeh, porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, lors d’une conférence de presse en ligne. « Chacun est libre de parler, mais eux feraient mieux de ne pas parler de ce qui ne les regarde pas afin de ne pas se mettre dans une position embarrassante », a ajouté M. Khatibzadeh, pressé de réagir à des propos tenus samedi à l’AFP par le prince Fayçal ben Farhan al-Saoud, ministre des Affaires étrangères saoudien. Rivaux à l’échelle régionale, la République islamique d’Iran, chiite, et le royaume sunnite d’Arabie saoudite ont rompu leurs relations diplomatiques en 2016 et s’accusent mutuellement de déstabiliser le Moyen-Orient. « Ce que nous attendons avant tout, c’est que nous soyons pleinement consultés (...) dans ce qui se passe au sujet des négociations avec l’Iran », avait déclaré le prince Fayçal en marge d’une conférence sur la sécurité organisée à Bahreïn.

Source : AFP

L’installation par l’Iran de trois nouvelles cascades de centrifugeuses à Natanz (centre), principal site d’enrichissement d’uranium du pays, est « profondément préoccupante », ont souligné hier la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, alors que le prochain président américain semble prêt au dialogue sur le nucléaire iranien. « L’annonce récente par l’Iran de son intention d’installer trois nouvelles cascades de centrifugeuses avancées dans l’usine d’enrichissement de l’uranium de Natanz est contraire au JCPoA (accord sur le nucléaire iranien signé en 2015) et profondément préoccupante », soulignent les Européens dans un communiqué conjoint. Selon les termes de l’accord sur le nucléaire iranien que Paris, Berlin et Londres s’efforcent de préserver malgré sa...
commentaires (2)

Je ne serais pas surpris qu'un raid éclair d'Israël sur ce site intervienne avant le départ effectif de Trump (bien entendu en plein accord avec Biden, mais "off") !

DM

20 h 32, le 08 décembre 2020

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Commentaires (2)

  • Je ne serais pas surpris qu'un raid éclair d'Israël sur ce site intervienne avant le départ effectif de Trump (bien entendu en plein accord avec Biden, mais "off") !

    DM

    20 h 32, le 08 décembre 2020

  • Ces centrifugeuses sont totalement inutiles pour un programme nucléaire civil. L'intention iranienne de se doter de l'arme nucléaire est claire. et ne laisse aucune place au doute. Et si Biden croit qu'il peut s'entendre avec l'Iran pour que celui-ci y renonce, il se fourre le doigt dans l'œil. L'Iran qui a de graves problèmes économiques n'a pas dépensé une fortune dans des machines aussi coûteuses pour ensuite les mettre à la casse pour les beaux yeux du président américain.

    Yves Prevost

    07 h 14, le 08 décembre 2020

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