La création au Soudan d’une instance dotée de larges pouvoirs décrétée par le général Abdel Fatah al-Burhane, chef du Conseil de souveraineté, la plus haute instance exécutive, suscite la discorde entre militaires et civils qui se partagent le pouvoir depuis quinze mois. Un accord de transition entre militaires et civils a été signé en août 2019, à la suite d’un mouvement de contestation ayant entraîné la chute de l’autocrate Omar el-Bachir. Rendu public mardi, le décret qui a mis le feu aux poudres établit un « Conseil des partenaires de la transition » (CPT), « chargé de diriger la période de transition, résoudre les divergences (entre les composantes au pouvoir) et doté de toutes les prérogatives nécessaires pour exercer son pouvoir ». Le Conseil des ministres dirigé par Abdallah Hamdok a rejeté cette décision, estimant que le général Burhane avait outrepassé ses prérogatives en accordant à cette instance des pouvoirs exorbitants. Le Conseil de souveraineté s’était auparavant mis d’accord avec le gouvernement pour confier uniquement au CPT la tâche « de coordonner et résoudre les différends pouvant surgir durant la période de transition », a indiqué dans un communiqué le porte-parole du gouvernement Fayçal Mohammad Saleh. Pour lui, le décret du général Burhane est en contradiction avec le document constitutionnel signé en août 2019 entre les militants pro-démocratie et les militaires.
Monde - Soudan
Discorde au sommet de l’État entre civils et militaires
OLJ / le 07 décembre 2020 à 00h00


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