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Initiative

Créativité et générosité pour la vente de décembre de Sotheby’s dédiée « à Beyrouth, avec amour »

Beyrouth émeut, Beyrouth anime. La diaspora libanaise récolte des fonds pour soulager les habitants de la capitale libanaise, à moitié dévastée par la double explosion du port le 4 août dernier. À Londres, la jeune ONG Creatives for Lebanon coorganise chez Sotheby’s, avec Art for Beirut, une vente aux enchères à la croisée de l’art et de la mode.

Créativité et générosité pour la vente de décembre de Sotheby’s dédiée « à Beyrouth, avec amour »

Damien Hirst, bracelet Pill avec crane diamanté, or jaune, 2013 (8 000-12 000 livres sterling). Photo DR

Après une vente aux enchères mitigée réalisée la semaine dernière par Christie’s sous le thème « We Are All Beirut », c’est au tour de la diaspora londonienne de lancer l’encan, cette fois chez Sotheby’s, sous le slogan « To Beirut With Love ». À la croisée de l’art et de la mode, l’opération, lancée notamment à l’initiative de l’ONG Creatives for Lebanon, se déroule du 7 au 15 décembre. Les artistes et créateurs ont eux-mêmes offert les lots proposés, une sélection éclectique qui promet beaucoup de générosité à la veille des fêtes de fin d’année. « Le Liban abrite une communauté artistique dont les contributions au paysage culturel ne peuvent être sous-estimées. La double explosion du port de Beyrouth cet été a provoqué des ondes de choc à travers la ville et le monde, affectant tous les secteurs de la société au Liban avec d’innombrables histoires de pertes, de dommages et de déplacements. Sotheby’s s’est réunie avec ses partenaires pour organiser la vente aux enchères « To Beirut With Love » afin de fournir des secours et des fonds indispensables pour aider au processus de guérison », annonce Edward Gibbs, président de Sotheby’s Moyen-Orient.

De fait, Sotheby’s s’associe à Creatives for Lebanon et Art for Beirut – deux organisations à but non lucratif créées par la diaspora libanaise à la suite de la double explosion – pour lever des fonds pour les habitants de Beyrouth par le biais des arts. Avec une sélection éclectique de donations d’artistes contemporains, de créateurs de mode et de concepteurs de bijoux, « To Beirut With Love » est donc annoncée pour la deuxième semaine de décembre. Les bénéfices de la vente seront répartis entre cinq associations caritatives, sélectionnées en collaboration avec Impact Lebanon et LIFE (Lebanese International Finance Executives), de manière à garantir qu’elles atteindront les zones qui en ont le plus besoin.

Le choix des bénéficiaires s’est ainsi porté sur Nusaned, Beit el-Baraka et Baytna Baytak, qui œuvrent à reloger les familles déplacées, et à réhabiliter les maisons et les entreprises locales qui ont le plus souffert. Alfanar, une organisation philanthropique de capital-risque qui soutient les entrepreneurs sociaux et les petites entreprises, fera également partie des bénéficiaires, ainsi que House of Christmas qui aide à préserver et à protéger les édifices patrimoniaux.

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« Le Liban mettra des années à guérir de ses blessures. Il est de notre devoir en tant que libanais de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider ce pays et faire en sorte que le reste du monde ne l’oublie pas. Je suis reconnaissante à tous les contributeurs de la vente aux enchères Sotheby’s, et j’espère que nous serons en mesure de collecter des fonds consistants et d’attirer l’attention sur ce pays grâce à cette initiative », a souligné la créatrice Noor Farès, l’une des chevilles ouvrières de Creatives for Lebanon avec Caroline Issa de Tank Magazine ; Sabine Getty, rédactrice en chef de Tatler ; Eli Rezkallah, fondateur de Plastik ; Ahmad Swaid de chez Dazed Media ; la styliste et consultante Émilie Kareh ; la consultante en relations publiques Alissa Kobeissi ; les créatrices de mode Racil Chalhoub et Sarah Baadarani. Sabine Getty a elle-même fait part de son émotion à l’issue du tour de table, se disant « infiniment reconnaissante et abasourdie par la volonté de la communauté internationale d’aider et par l’incroyable générosité dont fait preuve notre communauté créative, que ce soit dans la mode, l’art ou la joaillerie ».

Manchette My Dior en or jaune tressé, diamants et gemmes de couleur, dessinée par Victoire de Castellane (30 000-50 000 livres sterling). Photo DR

Côté mode

De Giambattista Valli à Ralph & Russo, de Azzedine Alaïa à Prada, cette vente aux enchères propose des pièces d’archives des plus célèbres maisons de mode. À côté de celles-ci, sont également proposées des robes offertes par des icônes du Moyen-Orient, notamment une robe haute couture en soie conçue par l’actrice égyptienne Sherihan, créée et portée lors de son célèbre show télévisé du ramadan « Fawazir » en 1987 (estimation 18 000-25 000 livres sterling). Pour sa part, le bottier Christian Louboutin a offert de réaliser des chaussures sur mesure à qui remportera l’enchère sur sa proposition. Parmi les articles vedettes du catalogue, on retiendra une robe Élie Saab vert chartreuse, perlée, à manches longues, personnalisée et éthérée, brodée de guipure et de paillettes (entre 20 000 et 30 000 livres sterling), dos ouvert et jupe fendue, portée pour la dernière fois par l’actrice Emma Stone sur le tapis rouge des oscars en 2015. Entre conte de fées et glamour hollywoodien, cette robe a fait partie d’une collection haute couture créée à Beyrouth en célébration de l’élégance et de la douceur de vivre de la ville.

Naomi Campbell, un cliché signé Laspata Decaro (3 000-5 000 livres sterling). Photo DR

Côté fétiche

La relation entre la musique et la mode a accompagné des moments iconiques, aussi vrai que les musiciens influencent les tendances de la mode, de même qu’en retour, une tenue emblématique peut rendre un artiste inoubliable.

On trouvera donc dans ce catalogue exceptionnel une veste portée par Mick Jagger lors de sa tournée européenne 2017, un costume d’inspiration matador créé pour Madonna par le créateur libanais Nicolas Jebran et une guitare de Pete Townshend signée par l’artiste. La vente aux enchères offrira également une tranche du parcours des Spice Girls. La tenue à paillettes de Geri Halliwell, portée dans le clip du premier single emblématique du groupe féminin Wannabe, est proposée sur une estimation entre 4 000 et 6 000 livres sterling. Deux décennies plus tard, la star a posté sur Instagram une photo d’elle portant cette pièce avec pour commentaire : « Je me souviens encore de moi, courant avec mes plateformes Mary Quant et le justaucorps scintillant que j’ai acheté sur le marché de Notting Hill. »

Autre illustration de collision de la mode avec l’art, l’un des portraits préférés de la top-modèle Naomi Campbell, réalisé par les photographes Rocco Lapasta et Charles DeCaro, estimé entre 3 000 et 5 000 livres sterlings et offert par la mannequin.

Robe haute couture dessinée et portée par l’icône égyptienne Sherihan (18 000-25 000 livres sterling). Photos DR

Côté bijoux

En tête de l’offre joaillière se trouve une manchette My Dior en or jaune tissé (estimée entre 30 000 et 50 000 livres sterling), conçue par la directrice artistique de Dior Joaillerie, Victoire de Castellane. Ce bracelet remarquable est orné de diamants et d’un véritable arc-en-ciel de pierres précieuses, dont notamment des saphirs, des spinelles, des améthystes, des aigues-marines, des tourmalines. Fascinée par la gloire impériale de Rome, la maison Bulgari a commencé à monter des pièces de monnaie anciennes dans ses bijoux dès les années 1960. Proposé dans cette enchère d’exception, un collier de pièces en or rose issu de cette collection intemporelle (estimé entre 3 000 et 5 000 livres sterling) représente ce concept signature qu’est l’insertion d’une pièce vieille de 2 000 ans dans un style contemporain audacieux. Le bracelet en or Pill de Damien Hirst avec tête de mort en diamant (estimé entre 8 000 et 12 000 livres sterling), créé en cinquante exemplaires en 2013, est une œuvre d’art à porter sur soi. Le statut des produits pharmaceutiques dans la société d’aujourd’hui reste l’un des thèmes les plus durables et les plus importants de l’œuvre de Hirst, et ce bracelet est inspiré de la série emblématique de l’armoire à pharmacie de l’artiste. L’ajout d’un crâne miniature est un clin d’œil à For the Love of God, la sculpture de Hirst composée d’un crâne humain du XVIIIe siècle incrusté de 8 601 diamants purs.

Hervé Van der Straeten, console Twist, 2015 (est. 12 000-18 000 livres sterling). Photo DR

Côté art

Parmi les œuvres d’art proposées dans cette vente, figure une œuvre des cinéastes Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, qui explorent et interrogent depuis quinze ans les images, les représentations et l’histoire de leur pays d’origine, le Liban. « Wonder Beirut » est l’un des projets photographiques les plus importants du couple. Basé sur des cartes postales touristiques d’avant la guerre civile à Beyrouth, il explore la frontière indéterminée entre fiction et réalité (estimée entre 4 000 et 6 000 livres sterling). Un tirage du grand photographe Fouad Elkoury, issu de sa série nostalgique « Suite égyptienne » réalisée lors d’un voyage sur le Nil, est également proposé avec une estimation entre 9 000 et 11 000 livres sterling. Une œuvre emblématique de la peintre engagée Huguette Caland, issue de sa série « Bribes de corps », est quant à elle estimée entre 10 000 et 15 000 livres sterling.

Côté design

Dans la catégorie design, la vente aux enchères propose une pièce du designer français Hervé Van der Straeten, dont les meubles dynamiques et les luminaires conceptuels se distinguent par leurs matériaux contrastés et leurs compositions audacieuses associées à un savoir-faire exceptionnel. La console Twist de 2015 (estimation 12 000-18 000 livres sterling) est un meuble-manifeste qui illustre parfaitement cette esthétique.

Quel que soit le résultat de cette vente, on en retiendra surtout que Beyrouth n’est pas oubliée, et c’est sans aucun doute l’essentiel.


Après une vente aux enchères mitigée réalisée la semaine dernière par Christie’s sous le thème « We Are All Beirut », c’est au tour de la diaspora londonienne de lancer l’encan, cette fois chez Sotheby’s, sous le slogan « To Beirut With Love ». À la croisée de l’art et de la mode, l’opération, lancée notamment à l’initiative de l’ONG Creatives for...

commentaires (2)

Espérons qu’avec l’argent collecté ils arriveront à stopper l’hémorragie qui touche notre patrimoine détruit par les mêmes fossoyeurs qui ont handicapé notre ville. Des projets immobiliers sont en marche pour continuer le saccage un peu partout et surtout dans les régions chrétiennes tel que les quartiers endommagés, Nahr El kalb, Nahr Ibarahim, le parc des cèdres du Barouk, ainsi qu’au parc classé à Ehden et tant d’autres sous prétextes d’améliorer l’accès ou drainer la tuyauterie. . Il faut les empêcher de défigurer et de souiller ces petits bijoux qui ont résisté à tout, y compris à la colère de la nature et des séismes.

Sissi zayyat

16 h 57, le 01 décembre 2020

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Commentaires (2)

  • Espérons qu’avec l’argent collecté ils arriveront à stopper l’hémorragie qui touche notre patrimoine détruit par les mêmes fossoyeurs qui ont handicapé notre ville. Des projets immobiliers sont en marche pour continuer le saccage un peu partout et surtout dans les régions chrétiennes tel que les quartiers endommagés, Nahr El kalb, Nahr Ibarahim, le parc des cèdres du Barouk, ainsi qu’au parc classé à Ehden et tant d’autres sous prétextes d’améliorer l’accès ou drainer la tuyauterie. . Il faut les empêcher de défigurer et de souiller ces petits bijoux qui ont résisté à tout, y compris à la colère de la nature et des séismes.

    Sissi zayyat

    16 h 57, le 01 décembre 2020

  • Espérons qu’avec l’argent collecté ils arriveront à stopper l’hémorragie qui touche notre patrimoine détruit par les mêmes fossoyeurs qui ont handicapé notre ville. Des projets immobiliers sont en marche pour continuer le saccage un peu partout et surtout dans les régions chrétiennes tel que les quartiers endommagés, Nahr El kalb, Nahr Ibarahim, le parc des cèdres du Barouk, ainsi qu’au parc classé à Ehden et tant d’autres sous prétextes d’améliorer l’accès ou drainer la tuyauterie. . Il faut les empêcher de défigurer et de souiller ces petits bijoux qui ont résisté à tout, y compris à la colère de la nature et des séismes.

    Sissi zayyat

    16 h 57, le 01 décembre 2020