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Diplomatie

Série d’entretiens à Paris pour Fathi Bachagha, un des acteurs-clés libyens

Réputé proche de la Turquie, le ministre libyen de l’Intérieur est souvent cité parmi les successeurs possibles du Premier ministre Fayez al-Sarraj.

Série d’entretiens à Paris pour Fathi Bachagha, un des acteurs-clés libyens

Le ministre de l’Intérieur libyen, Fathi Bachagha. Khalil/AFP

Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a reçu hier un poids lourd de la politique libyenne, le ministre de l’Intérieur Fathi Bachagha, susceptible de jouer un rôle-clé dans la transition à Tripoli. La visite est restée très discrète, à l’abri des caméras. Fathi Bachagha n’en séjourne pas moins trois jours à Paris, jusqu’à aujourd’hui, avec au programme trois entretiens de premier plan. Outre Jean-Yves Le Drian, il a rencontré son homologue de l’Intérieur Gérald Darmanin hier après-midi, avant un entretien aujourd’hui avec la ministre des Armées Florence Parly.

Ces entretiens s’inscrivent dans le cadre de « contacts plus larges avec les Libyens » visant à une « pleine mise en œuvre du cessez-le-feu », assure-t-on au ministère français des Affaires étrangères, où l’on récuse tout tournant diplomatique.

Fathi Bachagha, originaire de Misrata (Nord), cité côtière et commerçante dotée de puissantes milices, est réputé proche de la Turquie. Son nom est souvent cité parmi les successeurs possibles au Premier ministre Fayez al-Sarraj.

« Le fait d’inviter quelqu’un à Paris, ce n’est pas l’adouber », insiste-t-on au Quai d’Orsay, alors que la France est régulièrement accusée de parti- pris en Libye, toujours en proie au chaos près de dix ans après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Le chef de la diplomatie française et ex-ministre de la Défense est lui-même impliqué de longue date dans la recherche d’une solution au conflit libyen.

Pas de statu quo

Mais il se voit aussi reprocher d’avoir longtemps soutenu l’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, face au Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU, ce dont il se défend. La France, qui a perdu de son influence dans ce dossier, tente de garder la main. Elle pointe les « signaux encourageants » depuis peu en Libye et la nécessité de soutenir le processus politique sous l’égide des Nations unies.

La Libye est déchirée entre le GNA, basé à Tripoli et soutenu par la Turquie, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, soutenu par les Émirats arabes unis et la Russie notamment. Après l’intervention militaire turque en janvier et l’échec de l’offensive lancée par le maréchal Haftar sur Tripoli, les cartes ont été en partie rebattues. Des pourparlers interlibyens se sont conclus dimanche à Tunis par un accord sur des élections nationales en décembre 2021, mais pas sur les têtes de l’exécutif censé accompagner la transition.

« Il faut veiller à ce que les partisans du statu quo, à l’Ouest comme à l’Est, acceptent la mise en place de nouveaux responsables de la transition en Libye », souligne-t-on à Paris. Dans ce jeu complexe, Fathi Bachagha pourrait apparaître comme une alternative à Fayez al-Sarraj. Le président du Parlement basé à Tobrouk (Est), Aguila Saleh, obtiendrait lui la tête du futur Conseil présidentiel.

France contre Turquie

En se rendant à Paris, après être allé au Caire début novembre, Fathi Bachagha « veut être perçu comme quelqu’un qu’on soutient pour qu’il puisse devenir Premier ministre », estime Jalel Harchaoui, chercheur à l’institut néerlandais Clingendael. La France, qui entretient des relations houleuses avec la Turquie, n’est « pas naïve », selon lui. « Elle sait que Bachagha est très proche de la Turquie mais elle pense pouvoir jouer sur les ambitions personnelles des uns et des autres pour les “décoller” de la Turquie », analyse-t-il.

Les deux camps ont aussi conclu un cessez-le-feu permanent en octobre, qui prévoit notamment le départ des mercenaires étrangers et le démantèlement des milices. La Turquie est accusée d’avoir envoyé des milliers d’islamistes syriens proturcs en Libye, et la Russie d’être présente indirectement via les mercenaires du groupe Wagner. « Il faut veiller à ce que l’accord soit bien mis en œuvre, notamment le départ des mercenaires et forces étrangères sous trois mois », souligne-t-on à Paris où l’on s’inquiète d’éventuelles menaces d’attentats en Europe.

Le ministre libyen de l’Intérieur a aussi discuté coopération sécuritaire bilatérale à Paris et lutte contre l’immigration clandestine, dont la Libye est une plaque tournante vers l’Europe. Il a par ailleurs signé mercredi un protocole d’accord avec la société française Idemia pour l’acquisition de technologies d’identification biométrique.

Source : AFP


Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a reçu hier un poids lourd de la politique libyenne, le ministre de l’Intérieur Fathi Bachagha, susceptible de jouer un rôle-clé dans la transition à Tripoli. La visite est restée très discrète, à l’abri des caméras. Fathi Bachagha n’en séjourne pas moins trois jours à Paris, jusqu’à aujourd’hui, avec au programme...

commentaires (1)

A Turquie n'est pas contente , elle envoie des jihadistes syriens

Eleni Caridopoulou

18 h 32, le 20 novembre 2020

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Commentaires (1)

  • A Turquie n'est pas contente , elle envoie des jihadistes syriens

    Eleni Caridopoulou

    18 h 32, le 20 novembre 2020