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Reportage

Fizouli, ville fantôme reconquise par l’Azerbaïdjan

La capitale du district éponyme appartenait à un glacis de sécurité entourant la république autoproclamée du Haut-Karabakh depuis la guerre des années 1990.

Fizouli, ville fantôme reconquise par l’Azerbaïdjan

Un soldat azéri marche à côté d’une maison détruite à la périphérie de la ville de Fizouli, le 18 novembre 2020. Tofik Babayev/AFP

Sous une fine bruine glacée, se dressent des centaines de maisons et autres bâtiments en ruine, envahis par les herbes sauvages et de petits arbres dégarnis. Bienvenue à Fizouli, une ville fantôme reconquise par l’Azerbaïdjan, après 27 ans d’occupation arménienne. Depuis la guerre des années 1990, Fizouli, la capitale du district éponyme conquis par les séparatistes arméniens du Haut-Karabakh, appartenait à un glacis de sécurité entourant cette république autoproclamée soutenue par l’Arménie. Depuis, personne n’y a habité, la totalité de ses 17 000 habitants ayant rejoint la cohorte des centaines de milliers de déplacés azéris qui ont fui l’avancée des forces séparatistes dans la foulée de la chute de l’URSS.

Dans le district aujourd’hui, les seules traces d’une vie récente sont celles laissées par les soldats arméniens déployés dans la zone, avant leur retraite en octobre face aux forces azéries. Une victoire concrétisée le 9 novembre par un accord de paix négocié sous l’égide de la Russie après six semaines de guerre.

Dans la campagne, les chenilles des chars ont marqué des routes en terre crevassées. Près du village de Gorgan, lui aussi déserté, on découvre des tranchées et des caisses de munitions abandonnées, ainsi qu’une chapelle où se recueillaient les militaires arméniens, des chrétiens contrairement à leurs voisins azéris, musulmans chiites. Dans les décombres du hameau de Garahanbeyli, un drapeau azéri a été il y a peu hissé sur le toit d’une maison à moitié détruite par des tirs d’artillerie.

Accusations sans relâche

Où que l’on aille, personne à qui parler. À part les officiels arrivés pour montrer à la presse ces terres récemment reconquises, à l’occasion d’un voyage organisé par le ministère azéri de la Défense. Leur but, établir la malignité de l’adversaire arménien, chaque camp s’accusant sans relâche depuis des décennies de vouloir exterminer l’autre et d’occuper les terres ancestrales du voisin.

« Fizouli a été occupé par les forces armées arméniennes pendant plus de 27 ans. Quand on regarde les dévastations dans cette ville, on comprend une fois de plus le vandalisme de cette politique », proclame Hikmet Hajiev, un conseiller du président Ilham Aliev. « C’est de la barbarie, un crime contre l’humanité, cela témoigne de la sauvagerie arménienne », poursuit face caméra le responsable, appelant à diffuser ce message « à travers les médias internationaux ».

Entre le 20 novembre et 1er décembre, selon les termes de l’accord de cessation des hostilités, trois autres districts doivent repasser sous contrôle azéri : Aghdam, Kalbajar et Latchin. Là-bas, les populations arméniennes n’ont pas l’intention d’attendre les nouveaux maîtres des lieux. Partout, on y charge les camions de ses effets, autres biens et récoltes pour rejoindre l’Arménie ou le territoire amoindri de la république autoproclamée du Haut-Karabakh. Et parfois, on y incendie même la maison, laissant au voisin azéri honni de nouvelles ruines.

Tofik BABAYEV/AFP


Sous une fine bruine glacée, se dressent des centaines de maisons et autres bâtiments en ruine, envahis par les herbes sauvages et de petits arbres dégarnis. Bienvenue à Fizouli, une ville fantôme reconquise par l’Azerbaïdjan, après 27 ans d’occupation arménienne. Depuis la guerre des années 1990, Fizouli, la capitale du district éponyme conquis par les séparatistes arméniens...

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