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Politique - Réformes

« Sans audit de la BDL, adieu les dépôts », avertit Georges Adwan

Marie-Claude Najm soutient qu’« une loi n’est pas nécessaire » pour effectuer l’audit, tout en concédant à ceux qui pensent le contraire le droit d’en proposer.

« Sans audit de la BDL, adieu les dépôts », avertit Georges Adwan

Le député Georges Adwan au cours de sa conférence de presse hier au Parlement. Photo ANI

« Sans audit, vous pouvez dire adieu à vos dépôts ! » a lancé hier, à l’adresse de tous les déposants, le député Georges Adwan (FL), président de la commission de l’Administration et de la Justice, lors d’un point de presse tenu au Parlement. Plaidant passionnément en faveur de l’audit, le député a annoncé que sa formation a élaboré une proposition de loi revêtue du caractère de double urgence pour suspendre pour un an, et au bénéfice de la seule société chargée de l’audit juricomptable de la BDL, les effets de la loi sur le secret bancaire de 1956. Le secret bancaire est brandi par le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, pour justifier le refus de la BDL de présenter certains documents à la société en charge de l’audit des comptes de l’institution, Alvarez & Marsal.

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Dans son article 1, le projet de loi FL précise que « les effets de la loi sur le secret bancaire du 3 septembre 1956 et toutes dispositions afférentes, sont suspendus pour un an, à dater de la publication de cette loi, en tout ce qui concerne les opérations d’audit financier ou d’enquête pénale sur les comptes de la Banque centrale, quelle que soit la nature de ces comptes, au bénéfice exclusif de la partie qui l’entreprend (NDLR Alvarez & Marsal), que cet audit soit effectué au nom d’un parquet ou au nom d’une partie civile locale ou internationale. La suspension des effets de la loi porte sur tous les comptes compris dans l’opération d’audit ». Dans son article 2, il est écrit que « toutes les dispositions de la loi sur le secret bancaire restent en vigueur, à cette exception ». Et dans l’article 3, que « cette loi entre en vigueur aussitôt sa parution au Journal officiel ».

Dévoiler ce qui est occulté

Pour M. Adwan, il est certain que « l’adoption de cette proposition de loi va dévoiler tout ce qui est occulté ». Lors de son intervention, il a également critiqué le gouverneur de la BDL, dans la ligne de mire de plusieurs formations politiques. « Le gouverneur de la Banque du Liban se cache derrière le secret bancaire, qui n’est pourtant pas concerné par l’audit juricomptable, pour que les Libanais ne soient pas informés des raisons qui nous ont menés à la situation financière actuelle. Il n’est pas seul, derrière lui se trouvent tous les politiciens qui l’ont couvert », a affirmé le député.

Le lancement de l’audit juricomptable de la Banque du Liban par le cabinet Alvarez & Marsal a été ajourné, le 5 novembre, pour une période de trois mois. Or, cet audit est l’une des conditions indispensables à l’accès éventuel du Liban en crise à une aide internationale. « Sans audit juricomptable de la BDL et de toutes les institutions de l’État, nous ne pouvons pas passer à la phase des réformes. Sans cet audit, vous (les Libanais) pouvez dire adieu à vos dépôts et à tout plan économique concret, ainsi qu’à toute aide internationale », a conclu M. Adwan.

Une loi n’est pas nécessaire

Relancée à ce sujet, la ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, continue de soutenir qu’« une loi n’est pas nécessaire » pour effectuer l’audit juricomptable de la BDL, tout en concédant à ceux qui pensent le contraire le droit d’en proposer. « Que ceux qui pensent qu’il faut une loi la votent », a-t-elle affirmé à L’OLJ. Toutefois, Mme Najm redoute que la loi, même revêtue du caractère de double urgence, « ne soit pas soumise au vote, mais finisse en commission, où elle mourra de sa belle mort », un sort qui a été réservé à une proposition de loi de suppression totale du secret bancaire qu’elle a elle-même présentée en mars dernier.

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Par la même occasion, la ministre de la Justice met en garde contre un prétexte qu’on pourrait invoquer pour ne pas procéder à l’audit. « Je refuse toute équation qui dirait : pas d’audit juricomptable sans loi », martèle Mme Najm.

Enfin, réaffirmant que le combat pour l’audit n’est pas « un combat partisan », elle insiste sur le fait que « l’État n’a pas le droit, mais l’obligation d’y procéder. C’est une obligation de transparence, ajoute Mme Najm. Le gouvernement ne mériterait pas ce nom s’il ne commençait pas par là. Il s’agit d’une responsabilité juridique, voire morale, à l’égard des Libanais qui ne peuvent plus accéder à leurs dépôts. L’audit leur permettra de savoir ce qu’ils sont devenus ».



« Sans audit, vous pouvez dire adieu à vos dépôts ! » a lancé hier, à l’adresse de tous les déposants, le député Georges Adwan (FL), président de la commission de l’Administration et de la Justice, lors d’un point de presse tenu au Parlement. Plaidant passionnément en faveur de l’audit, le député a annoncé que sa formation a élaboré une proposition de loi...

commentaires (8)

En dépit du fait que l'on serait enclin à une certaine illusion à lire cette déclaration on peut malgré cela penser qu'il s'agit d'une gesticulation de plus ... tout le monde sait pertinemment que la BDL trouvera, et avec elle tous ces politiciens véreux, le subterfuge qui leur permettra d'atteindre les trois mois supplémentaires afin d'éviter l'audit et valider le refus de la BDL de présenter certains documents à la société Alvarez & Marsal. La ministre de la justice affirme qu'une loi n'est pas nécessaire pour effectuer l'audit, en face ils rétorquent que oui .... Cette ministre a t elle donc des pouvoirs aussi limités ou ne sait elle interpréter les textes de loi qui existent, concernant la banque du Liban, d'autant qu'elle bénéficie de l'appui du chef de l'état , de ses suppôts et maintenant de Georges Adwan qui semble t il serait téléguidé par les opposants du cpl... fort de tous ces appuis elle pourrait faire porter le projet de loi, préconisé par Adwan . Cette initiative aurait le mérite d'assécher ce marécage politique dans lequel nous baignons depuis trop longtemps.

c...

16 h 03, le 19 novembre 2020

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Commentaires (8)

  • En dépit du fait que l'on serait enclin à une certaine illusion à lire cette déclaration on peut malgré cela penser qu'il s'agit d'une gesticulation de plus ... tout le monde sait pertinemment que la BDL trouvera, et avec elle tous ces politiciens véreux, le subterfuge qui leur permettra d'atteindre les trois mois supplémentaires afin d'éviter l'audit et valider le refus de la BDL de présenter certains documents à la société Alvarez & Marsal. La ministre de la justice affirme qu'une loi n'est pas nécessaire pour effectuer l'audit, en face ils rétorquent que oui .... Cette ministre a t elle donc des pouvoirs aussi limités ou ne sait elle interpréter les textes de loi qui existent, concernant la banque du Liban, d'autant qu'elle bénéficie de l'appui du chef de l'état , de ses suppôts et maintenant de Georges Adwan qui semble t il serait téléguidé par les opposants du cpl... fort de tous ces appuis elle pourrait faire porter le projet de loi, préconisé par Adwan . Cette initiative aurait le mérite d'assécher ce marécage politique dans lequel nous baignons depuis trop longtemps.

    c...

    16 h 03, le 19 novembre 2020

  • mr adwan n'a pas a sonner aucune alarme car pas de son expertise ou alors devrait disséquer la chose et expliquer sa theorie-vraie ou fausse-. ceci dit , notre Conseil Constitutionnel ne doit il pas emettre son avis -astregnant? - et plus se voir ememttre les avis de m c najm, adwan,kanaan et tutti quanti ?

    gaby sioufi

    10 h 07, le 19 novembre 2020

  • De la démagogie très bon marché qui s’adresse uniquement aux idiots qui veulent bien le croire. L’épargne des libanais n’existe plus que sur le papier. Elle peut être convertie en doses homéopathiques à 3900 en monnaie de singe qui bientôt ne vaudra même plus son pesant de papier. Et ce guignol veut nous faire croire qu’un audit pourra ramener l’épargne des honnêtes citoyens qui a été dilapidée et volée par la caste politique dirigeante des 30 dernières années ainsi que par les hauts fonctionnaires dont le gouverneur de la BdL qui a menti en permanence sur l’état des finances du pays. C’est toute cette caste qui doit faire l’objet de sanctions américaines et européennes pour traquer leurs fortunes planquées dans les paradis fiscaux ou pire, se trouvent investies dans l’économie internationale sous des prêtes noms, ce qui ferait des autorités financières de ces pays des complices de ces voleurs.

    Liberté de Penser

    10 h 06, le 19 novembre 2020

  • avec ou sans Audit notre argent est perdu car dilapidé. M Adwan devrait avoir l’honnêteté intellectuel de le reconnaître. Sa phrase sous-entend que notre argent est caché quelque part et qu'un Audit nous dirait ou. Nous permettant ainsi de le récupérer. Ceci est grossièrement faux. notre argent a été dilapidé. Un Audit permettrait de clouer au pilori des politiciens, pour la plupart adversaire des FL. ce serait bien, mais notre argent n'en re-apparaitera pas pour autant.

    Lebinlon

    09 h 29, le 19 novembre 2020

  • C,EST DEMANDER A ALIBABA ET SES PLUS DE 128 ET 32 VOLEURS A OUVRIR LES LIVRES DE SEMSOM !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 25, le 19 novembre 2020

  • Pas besoin d'attendre un hypothétique audit de la BDL pour mettre en prison son gouverneur ainsi que tous les responsables qu'il couvre sous le prétexte du secret bancaire. Le fait que les dépôts d'honnêtes citoyens ont tout simplement disparu est un vol, délit puni par la loi ! - Irène Saïd

    Irene Said

    08 h 46, le 19 novembre 2020

  • ON VEUT NOTRE DU,NOS ÉPARGNES, Notre argent,avec et/ou sans AUDIT. CA,c est l obligation de la BDL,des banques...et de l Etat .

    Marie Claude

    06 h 13, le 19 novembre 2020

  • Sans audit de la BDL, adieu les dépôts et on ne saura pas où est passé notre argent. Avec audit de la BDL, adieu les dépôts mais on saura où est passé notre argent...

    Gros Gnon

    00 h 45, le 19 novembre 2020

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