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Énergie / Environnement

Les véhicules à hydrogène séduisent

La pile à combustible offre une forte puissance motrice, un fonctionnement silencieux et une meilleure autonomie que les batteries électriques.

Les véhicules à hydrogène séduisent

Les bus à impériale à hydrogène d’Aberdeen. Michal Wachucik/AFP

Le développement des véhicules à hydrogène passera par les camions : c’est le pari de nombreux constructeurs, dont Hyundai qui a récemment livré ses premiers poids lourds roulant à l’hydrogène. La marque coréenne a loué à des transporteurs suisses sept XCient Fuel Cell, des 36 tonnes capables de parcourir 400 km à pleine charge. L’hydrogène est transformé via une pile alimentant un moteur électrique qui ne rejette que de la vapeur d’eau.

Alors que le marché des voitures particulières à hydrogène reste balbutiant faute d’infrastructures de production et de distribution du gaz, les camions pourraient ouvrir la route. « La demande de camions est bien plus forte, ça aidera à construire les infrastructures », souligne Mark Freymüller, le patron de l’opération de Hyundai en Suisse. Pour Florent Menegaux, le patron de Michelin, « c’est la prochaine grande révolution du transport ». Le géant français du pneu a misé dessus en lançant Symbio, une coentreprise de piles à combustible avec l’équipementier français Faurecia.

La pile à combustible, qui offre une forte puissance motrice et un fonctionnement silencieux, est prometteuse pour les poids-lourds : les chauffeurs ont généralement des trajets prévus à l’avance, facilitant l’installation de stations devant leur entrepôt ou sur leur parcours. Hyundai explique que ses ingénieurs perfectionnent leurs moteurs à hydrogène depuis vingt ans et compte produire deux mille Xcient par an à partir de 2021. Le Xcient promet une autonomie de 1 000 km à l’horizon 2030, avec un passage à la pompe d’une quinzaine de minutes. Hyundai vise à terme d’autres pays européens, ainsi que les États-Unis et la Chine.

Une autre marque pionnière, Toyota, développe un poids-lourd à l’hydrogène pour le marché nord-américain et un autre pour le marché japonais. Daimler et Volvo se sont aussi associés dans le domaine. De son côté, Faurecia a inauguré un centre d’expertise mondial en France, près duquel seront produits à partir de 2023 des réservoirs pour le Hyundai Xcient. Ils se doivent d’être extrêmement résistants avec ce gaz inodore et très inflammable. Reste un problème de taille : la production d’hydrogène est aujourd’hui fortement émettrice de CO2 car elle résulte essentiellement du reformage de méthane. L’Union européenne a fait de l’hydrogène propre – issu de l’électrolyse de l’eau –, une de ses priorités dans la course vers la neutralité climatique en 2050.

Les camions XCient Fuel Cell de Hyundai. Denis Balibouse/Reuters

Symbole de cet engouement croissant pour les véhicules à pile à combustible, après avoir prospéré grâce au pétrole de la mer du Nord, Aberdeen a mis en circulation les premiers bus à impériale au monde à rouler à l’hydrogène, une nouvelle étape de la transition écologique de la ville du nord-est de l’Écosse. D’un prix unitaire de 500 000 livres sterling (554 000 euros), les 15 bus viennent compléter la flotte de véhicules de la ville roulant déjà à l’hydrogène ou à l’électricité, contribuant à l’ambition d’Aberdeen d’être une pionnière dans cette technologie, de réduire son empreinte carbone et d’assurer sa transition vers une économie plus verte.

Un projet pilote avec des bus propulsés à l’hydrogène y avait déjà été mené en 2015, année où avait été inaugurée aussi la première station de production d’hydrogène et de ravitaillement pour bus du Royaume-Uni. « Actuellement, Aberdeen produit 500 kg d’hydrogène vert par jour », explique le conseiller local Philip Bell, avec l’objectif d’en produire « trois tonnes et demie quotidiennement dans trois ans ». Le procédé utilisé à Aberdeen pour produire l’hydrogène se base sur l’électrolyse, procédé qui consiste à faire passer un courant électrique dans de l’eau afin d’en séparer l’hydrogène de l’oxygène. Wrightbus, société nord-irlandaise qui a construit les 15 bus à impériale d’Aberdeen, en fournira aussi 20 à la ville de Birmingham, dans le centre de l’Angleterre, où ils devraient être mis en service en avril 2021. Le premier ferry au monde propulsé à l’hydrogène est également en phase de test en Écosse, sur l’île d’Orkney, de même qu’un prototype de train au Royaume-Uni.

Ailleurs en Europe, en France, des bus fonctionnant à l’hydrogène ont été mis en service fin 2019 à Pau. Des bus équipés de cette technologie ont également été mis en service en région parisienne ainsi que dans le Pas-de-Calais.

Source : AFP


Le développement des véhicules à hydrogène passera par les camions : c’est le pari de nombreux constructeurs, dont Hyundai qui a récemment livré ses premiers poids lourds roulant à l’hydrogène. La marque coréenne a loué à des transporteurs suisses sept XCient Fuel Cell, des 36 tonnes capables de parcourir 400 km à pleine charge. L’hydrogène est transformé via une pile...

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