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Politique - Liban-US

Une « réunion amicale » Shea-Wehbé, dix jours après les sanctions US contre Bassil

Le ministre sortant des Affaires étrangères a demandé les documents sur la base desquels des personnalités libanaises ont été visées par les mesures américaines.

Une « réunion amicale » Shea-Wehbé, dix jours après les sanctions US contre Bassil

Charbel Wehbé s’entretenant avec Dorothy Shea, hier. Photo ANI

« Une réunion amicale. » C’est ainsi que le ministre des Affaires étrangères Charbel Wehbé et les milieux de l’ambassade américaine à Beyrouth s’accordent à décrire la rencontre organisée hier entre le chef de la diplomatie sortant et l’ambassadrice des États-Unis, Dorothy Shea, au nouveau siège du ministère. Il s’agit du tout premier contact direct entre le Liban officiel et l’administration américaine depuis l’entrée en vigueur des sanctions américaines contre le leader du Courant patriotique libre et gendre du chef de l’État, Gebran Bassil, il y a dix jours.

Accusé de « corruption » par Washington qui l’a sanctionné dans le cadre de la loi Magnitski, Gebran Bassil s’était naturellement employé à se défendre, exhortant Washington à présenter « les preuves » et les documents sur la base desquels il a été visé par ces sanctions. Et l’ancien ministre des Affaires étrangères de promettre de mener une bataille devant les tribunaux américains. La diplomate américaine s’était personnellement invitée dans la partie pour affirmer que M. Bassil « assurait la couverture à la corruption pratiquée par son allié, le Hezbollah ».

Au vu de ce contexte tendu entre les deux camps, certains médias avaient laissé entendre que Charbel Wehbé entendait « convoquer » l’ambassadrice des États-Unis pour mettre les points sur les « i ». Sauf que le ministère des Affaires étrangères n’a pas tardé à démentir ces rumeurs, se contentant de faire état d’une « réunion de routine » avec l’ambassadrice américaine. « Dans le cadre des réunions de routine que tient le ministre (sortant) des Affaires étrangères avec les diplomates, Charbel Wehbé a accueilli l’ambassadrice Dorothy Shea et a discuté avec elle des relations bilatérales et des moyens de les renforcer », peut-on lire dans un communiqué publié par le ministère à l’issue de l’entretien. Le texte précise que les deux responsables ont notamment évoqué « la question des négociations (autour de la délimitation des frontières maritimes) entre le Liban et Israël, sous l’égide des États-Unis, le dossier du retour des réfugiés syriens dans leur pays et la phase de transition entre l’administration du président Donald Trump et celle de son successeur, Joe Biden ». Ils ont également abordé les « crises régionales » et les conflits au Haut-Karabakh et au Sahara occidental, souligne encore le texte.

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Le communiqué précise toutefois aussi que « les discussions entre le ministre Wehbé et l’ambassadrice américaine ont porté sur les mesures prises par l’administration américaine contre certains Libanais, et notamment des députés, anciens ministres et le chef d’un important groupe parlementaire ». Une allusion on ne peut plus claire à Gebran Bassil, mais aussi à Youssef Fenianos (Marada) et Ali Hassan Khalil, bras droit du président de la Chambre, Nabih Berry, respectivement anciens ministres des Travaux publics et des Finances, sanctionnés par l’administration Trump en septembre dernier, pour leur soutien au Hezbollah. « Le ministre a demandé à Mme Shea si les autorités et la justice libanaises pouvaient obtenir les informations et documents sur lesquels l’administration US s’est basée pour prendre de telles mesures. Cette demande entre dans le cadre des réformes que le Liban s’est engagé à entreprendre afin de renforcer la transparence de l’action publique », précise le texte.

Interrogé à ce sujet par L’Orient-Le Jour, le ministre sortant des Affaires étrangères insiste sur le caractère « amical » de sa réunion avec Mme Shea, ainsi que sur « les bonnes » relations entre Beyrouth et Washington. « Nous avons demandé les documents, parce que la justice libanaise a le droit d’enquêter sur toute éventuelle corruption au sein de l’appareil étatique libanais », déclare M. Wehbé. Et d’assurer qu’il ne s’agit pas de « sanctions » dans le sens juridique du terme, mais de « mesures d’ordre administratif » prises à l’encontre de certains responsables libanais.

Charbel Wehbé tient par ailleurs à souligner que ce n’est pas à la suite des sanctions infligées à Gebran Bassil que le Liban officiel a décidé d’agir, et qu’une démarche similaire avait été adoptée après les décisions américaines contre Ali Hassan Khalil et Youssef Fenianos. « Étant alors atteint de coronavirus, il m’était naturellement impossible de rencontrer l’ambassadrice américaine. Mais j’ai chargé le responsable des affaires politiques de demander les preuves utilisées contre MM. Fenianos et Hassan Khalil », rappelle-t-il.

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Tout comme le ministre Wehbé, une source proche de l’ambassade américaine confie à L’OLJ que la rencontre de Mme Shea avec le chef de la diplomatie était « amicale ». Mais il reste que dans certains cercles diplomatiques, on exclut la possibilité, pour l’administration Trump, de divulguer les documents et preuves sur la base desquels des responsables libanais ont été sanctionnés. Ces sources affirment également que durant la phase de transition, Washington pourrait maintenir sa politique visant à sanctionner les alliés du Hezbollah, ainsi que « les corrompus et ceux qui soutiennent le régime (syrien) de Bachar el-Assad ».

« Combattre l’extrémisme du Hezbollah »

Un communiqué publié hier par la partie américaine sur l’entretien du chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, avec son homologue français, Jean-Yves le Drian, à Paris, a d’ailleurs clairement donné le ton sur ce plan. Le texte affirme que M. Pompeo a souligné « le besoin de combattre l’extrémisme et la grande influence néfaste du Hezbollah au Liban » et qu’il a évoqué « les efforts américains en faveur d’un gouvernement libanais qui se focaliserait sur les réformes ». À noter qu’aucun communiqué conjoint n’a été publié à l’issue de cette réunion.



« Une réunion amicale. » C’est ainsi que le ministre des Affaires étrangères Charbel Wehbé et les milieux de l’ambassade américaine à Beyrouth s’accordent à décrire la rencontre organisée hier entre le chef de la diplomatie sortant et l’ambassadrice des États-Unis, Dorothy Shea, au nouveau siège du ministère. Il s’agit du tout premier contact direct entre le...

commentaires (5)

Le gouvernement soutien les corrompus c'est tout à son honneur ... ou ils gesticulent tout simplement comme ils savent si bien faire

Zeidan

23 h 13, le 17 novembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Le gouvernement soutien les corrompus c'est tout à son honneur ... ou ils gesticulent tout simplement comme ils savent si bien faire

    Zeidan

    23 h 13, le 17 novembre 2020

  • Comme d'habitude on ne parle jamais du grand Ali Baba , Berry

    Eleni Caridopoulou

    16 h 54, le 17 novembre 2020

  • Le moins qu'on puisse dire, c'est que Charbel Wehbé est diplomate. Avis aux amateurs.

    Esber

    16 h 19, le 17 novembre 2020

  • L'ambiance amicale accompagna toute une série de chatting sur les évènements régionaux tel que le Karabakh, la Libye, Chypre, le royaume de Shiba et la santé du Dalaï et bien sûr le ministre des affaires disparates mentionna en passant et surtout par curiosité purement personnelle " les mesures prises par l’administration américaine contre certains Libanais" bien sûr Mr Wehbé use de toute sa diplomatie et malignité pour extraire les informations que l'ambassadrice avait clairement mentionné lors de sa brève vidéo... Si le ridicule ne tue pas il finit par assassiner le peuple Libanais qui n'arrive plus à se débarrasser d'une classe politique sangsue sans aucune classe...

    Wlek Sanferlou

    14 h 33, le 17 novembre 2020

  • j'aime beaucoup " reunion amicale".... car sinon, si le sieur wehbe devait avoir montre sa mauvaise humeur, la 6e flotte serait immediatement envoyee afin de sauver mme Shea de sa colere.

    Gaby SIOUFI

    10 h 03, le 17 novembre 2020

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