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Nos lecteurs ont la parole

Ici, on ne vit pas. On survit

Désormais, le ciel est enfumé de gémissements, de brouhahas, de sanglots et de courroux.

Une ambiance funèbre s’empare des cadavres sous les décombres, sous les tombes, et des citoyens à bout de souffle qui respirent à peine la vie et pourtant refusent à tout prix de rendre l’âme.

Les explosions et l’incendie au port de Beyrouth scandent la voûte azurée en deux : surgit coup sur coup la lutte entre la vie et la mort, le blanc et le noir, l’éros et le thanatos, le bien et le mal, le beau et le laid.

Le Liban, entourant de ses bras tendres et affectueux ses chers petits, se voit plongé au fin fond du gouffre, au creux de l’abîme. Il pousse alors à plein gosier un cri de détresse : « Laissez-moi vivre en paix ! »

Sourds à ses appels, les innombrables Brutus l’étouffent à tout bout de champ et à fond pour le tuer, gênés par ses plaintes et son désir indicible de liberté.

Cette liberté emprisonnée, paralysée et enchaînée est terriblement réduite au mutisme absolu. Elle n’est malheureusement sauvée ni par le sang des martyrs ni par le soulèvement populaire, la thaoura.

Encerclés par le long, sombre, noir et lugubre tunnel, les survivants cheminent dans l’inconnu, dans l’impasse, en quête perpétuelle de la lumière, d’un avenir meilleur, d’une oasis de bonheur, d’une renaissance verdoyante et d’un pays autonome, indéfectible et allègre.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Désormais, le ciel est enfumé de gémissements, de brouhahas, de sanglots et de courroux.Une ambiance funèbre s’empare des cadavres sous les décombres, sous les tombes, et des citoyens à bout de souffle qui respirent à peine la vie et pourtant refusent à tout prix de rendre l’âme.Les explosions et l’incendie au port de Beyrouth scandent la voûte azurée en deux : surgit coup sur coup la lutte entre la vie et la mort, le blanc et le noir, l’éros et le thanatos, le bien et le mal, le beau et le laid.Le Liban, entourant de ses bras tendres et affectueux ses chers petits, se voit plongé au fin fond du gouffre, au creux de l’abîme. Il pousse alors à plein gosier un cri de détresse : « Laissez-moi vivre en paix ! » Sourds à ses appels, les innombrables Brutus l’étouffent à tout bout de champ...
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