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Coronavirus

Le Liban reconfiné du 14 au 30 novembre

Le bilan quotidien : 1.552 cas supplémentaires et 17 nouveaux décès.

Le Liban reconfiné du 14 au 30 novembre

Le gouvernement libanais a décidé, le 10 novembre 2020, de reconfiner le pays pendant deux semaines pour enrayer la propagation du coranavirus. AFP / JOSEPH EID

La stratégie de bouclage généralisé adoptée depuis plusieurs semaines n'ayant pas eu les effets escomptés, de l'avis des autorités et des experts, le gouvernement libanais a décrété mardi un reconfinement généralisé du 14 au 30 novembre, afin de tenter d'enrayer la propagation du coronavirus dans le pays qui se rapproche de la barre des 100.000 contaminations officiellement recensées depuis février. Cette décision a été prise à l'issue d'une réunion du Conseil supérieur de défense au palais présidentiel de Baabda sous la houlette du chef de l'Etat, Michel Aoun. Le gouvernement sortant de Hassane Diab a ainsi suivi les recommandations formulées lundi par la commission ministérielle en charge du coronavirus, qui avait réclamé un bouclage général du 14 au 30 novembre, à l’exception de l’aéroport et des frontières terrestres.

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" (...) L'explosion du 4 août au port de Beyrouth et le non respect des mesures de prévention par les citoyens ont contribué à la perte de contrôle de la situation concernant le coronavirus", a reconnu le Premier ministre sortant, Hassane Diab, lors d'une allocution à Baabda à sa sortie de la réunion. "Nous avons atteint la ligne rouge sur le plan des contaminations et il y a un très grand danger (...). Nous craignons que les gens ne meurent dans la rue faute de place dans les hôpitaux. Tout le pays est dans une situation critique, et nous ne pouvons plus continuer avec les bouclages localisés car ils ont échoué à atteindre leur but", a affirmé M. Diab. "Je suis conscient des divisions concernant un nouveau confinement, et j'entends le cri des secteurs économiques, mais aussi celui du secteur sanitaire (...). Si les citoyens s'étaient conformés aux mesures il y a des mois, nous aurions pu éviter cette situation délicate aujourd'hui. Nous n'avons pas d'autre choix. C'est pour cela que nous avons décrété un reconfinement du 14 au 30 novembre au matin", a-t-il fait savoir. "Si les mesures ne sont pas respectées, nous serions dans l'obligation de prolonger ce reconfinement", a encore prévenu M. Diab.  "Nous avons demandé au ministère de la Santé de relever le niveau de préparation du secteur sanitaire durant cette période. Nous avons également demandé à l'armée et aux forces de sécurité de renforcer leurs contrôles dans toutes les régions afin de veiller sur la bonne application de cette mesure", a ajouté le PM sortant.
"Pour vaincre la pandémie, tout le monde doit aider en respectant les mesures prises par l’État", a écrit en soirée M. Diab sur son compte Twitter. "En respectant les directives, nous pouvons protéger nos familles et contribuer à un retour rapide à la vie normale, à la reconstruction de notre société et au soutien de notre économie", a-t-il ajouté.

La réunion du Conseil supérieur de défense sous la présidence de Michel Aoun au palais de Baabda. Photo Dalati et Nohra

"Nous devons réfléchir à l'après-reconfinement"
Les organismes économiques, les industriels, et les syndicats ouvriers, rejettent ce reconfinement, ces secteurs sont déjà à bout après un an de grave crise économique et financière et une spectaculaire chute de la livre libanaise. Mais le nombre important de contaminations au sein du corps médical, et la quasi-saturation des hôpitaux, font que le système sanitaire libanais risque de ne plus pouvoir faire face à la pandémie. Cette nouvelle fermeture est censée lui donner un court répit afin de se remettre debout. Mais des experts soulignent que si les hôpitaux ne se préparent pas à la prochaine étape, notamment en assurant des lits supplémentaires pour les patients atteints du virus, le reconfinement n'aura pas l'impact souhaité. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) indiquait fin octobre que 88% des 305 places en soins intensifs étaient occupées au Liban.

Le président du Conseil économique et social, Charles Arbid, a ainsi critiqué cette décision. "Pourquoi les hôpitaux n'ont-ils pas été équipés lors du premier confinement. Pourquoi les montants (que l'Etat doit à ces hôpitaux) ne leur ont pas été versés ? Ne s'agit-il pas d'une responsabilité du gouvernement ?", s'est-il interrogé lors d'une conférence de presse. "Nous devons réfléchir à l'après-reconfinement, une fois ces quinze jours écoulés", a ajouté M. Arbid. Il a toutefois concédé qu'un reconfinement en novembre était préférable à un bouclage total durant les fêtes, en décembre.

Situation "très dangereuse"
En début de réunion, le président Michel Aoun a estimé que "la situation concernant la propagation du coronavirus est désormais très dangereuse et il faut prendre des mesures qui aident à limiter et alléger ses conséquences, afin de permettre aux institutions sanitaires de jouer leur rôle et soigner les patients". "Pour enrayer la propagation de la pandémie, les citoyens doivent se conformer aux mesures qui seront mises en place et respecter les moyens de prévention, tout en coopérant avec les autorités compétentes", a prévenu le président Aoun. "Le confinement qui sera décidé se fera sur le plan national, avec une prise en compte de certains secteurs, des industries et des institutions sanitaires afin qu'elles puissent assumer les responsabilités qui leur incombent", a conclu le chef de l'Etat. Le président Aoun a également fait savoir qu'une "conférence nationale se tiendra bientôt et réunira toutes les autorités concernées par le dossier afin d'étudier les mesures nécessaires à prendre après la fin du reconfinement, de sorte à ce que la responsabilité soit collective et sur le plan national".

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Pour le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, le docteur Firas Abiad, "le reconfinement généralisé d'une période de deux semaines, n'est qu'un "strict minimum" et pourrait ne pas être suffisant. "Il faut faire baisser le taux de propagation et la pression qui pèse sur les hôpitaux et les soignants. Nous devons tous aider au succès de cette étape pour juguler l'épidémie jusqu'à la mise en place d'un vaccin", a plaidé le médecin. En outre, commentant l'annonce faite lundi par le groupe pharmaceutique américain Pfizer et selon laquelle son candidat vaccin était efficace "à 90 %" contre le Covid-19, Firas Abiad a salué "un début de bonnes nouvelles". "Les résultats préliminaires de Pfizer sont encourageants. Des questions posées par les milieux scientifiques nécessitent encore des réponses concernant l'efficacité du vaccin notamment. (...) Mais le vaccin ne sera pas disponible après le deuxième quart de l'année prochaine, au mieux", a-t-il toutefois nuancé.

Le bilan quotidien
Ce reconfinement intervient alors que le Liban a enregistré durant les dernières vingt-quatre heures 1.552 cas supplémentaires (dont 12 en provenance de l'étranger) et 17 nouveaux décès ont été enregistrés, selon le bilan officiel publié mardi par le ministère de la Santé. Ces chiffres font grimper à 96.907 le total des cas enregistrés depuis l’apparition de la pandémie dans le pays le 21 février dernier, au nombre desquels 749 décès et 53.660 guérisons. Parmi les personnes toujours contaminées à ce jour, 845 sont hospitalisées, dont 310 aux soins intensifs.

Sur un autre plan, le ministère de la Santé a modifié les règles en vigueur pour l'autoconfinement chez soi et le dépistage par PCR pour les cas contact, en raison du "nombre limité de tests et pour une optimisation de l'usage de ceux-ci". Le ministère a ainsi appelé les personnes ayant été en contact avec une autre contaminé par le virus à respecter un confinement de quatorze jours à compter de la date du dernier contact avec la personne contaminée, même si le test PCR du cas contact s'avère négatif. En cas de symptômes, la personne contaminée peut reprendre ses activités normales après 14 jours, sans besoin d'effectuer un nouveau test PCR. Pour les personnes contaminées mais asymptomatiques, un isolement de dix jours est requis, sans besoin d'effectuer de nouveau test après cette période. Cette période est de 13 jours pour les cas symptomatiques, et de 20 jours pour les patients souffrant de maladies chroniques ou de déficience immunitaire.


La stratégie de bouclage généralisé adoptée depuis plusieurs semaines n'ayant pas eu les effets escomptés, de l'avis des autorités et des experts, le gouvernement libanais a décrété mardi un reconfinement généralisé du 14 au 30 novembre, afin de tenter d'enrayer la propagation du coronavirus dans le pays qui se rapproche de la barre des 100.000 contaminations officiellement...

commentaires (2)

Le Liban est un petit pays 100.000 cas c'est beaucoup. Faites attention nous en Europe nous sommes dans état catastrophique

Eleni Caridopoulou

16 h 14, le 10 novembre 2020

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Commentaires (2)

  • Le Liban est un petit pays 100.000 cas c'est beaucoup. Faites attention nous en Europe nous sommes dans état catastrophique

    Eleni Caridopoulou

    16 h 14, le 10 novembre 2020

  • Malheureusement il faudrait un vrai confinement avec le moins de circulation possible Le virus circule et se transmet par les voies respiratoires supérieures ou les mains. Tant que ce principe n est pas compris le virus continuera à circuler. Les patients asymptomatiques sont nombreux et peuvent transmettre le virus à des personnes à haut risque C est le message qu il faut transmettre à la population Dr Fadi LABAKI

    fadi labaki

    14 h 29, le 10 novembre 2020