L’aviation éthiopienne a mené hier de nouvelles frappes dans la région dissidente du Tigré, tandis que le Premier ministre Abiy Ahmed tente, en affirmant que le conflit sera terminé « sous peu », de rassurer ses alliés inquiets de voir l’Éthiopie sombrer dans le chaos. Lauréat 2019 du prix Nobel de la paix, M. Abiy a lancé le 4 novembre une intervention militaire dans cette région du nord de l’Éthiopie. Une réponse selon lui aux attaques de deux bases de l’armée éthiopienne par les forces des autorités tigréennes, lesquelles l’ont accusé en retour de les avoir inventées pour justifier une « invasion » du Tigré. La situation sur le terrain restait peu claire hier et la coupure des réseaux internet et téléphoniques au Tigré rend extrêmement difficile la vérification des affirmations de chaque camp. « L’aviation bombarde actuellement des zones choisies dans la région » du Tigré, a déclaré un haut responsable de l’armée éthiopienne, le général Mohammad Tessema, à la télévision d’État EBC. Plusieurs frappes aériennes ont eu lieu ces derniers jours au Tigré, ciblant, selon le Premier ministre, des objectifs militaires. La communauté internationale a fait part de son inquiétude de voir le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique (plus de 100 millions d’habitants) sombrer dans un long conflit opposant la puissante armée fédérale aux très aguerries forces de sécurité tigréennes, susceptible de déborder hors du Tigré et de miner l’unité de l’Éthiopie, mosaïque ethnique. « Les inquiétudes sur le fait que l’Éthiopie va sombrer dans le chaos sont infondées et résultent d’une incompréhension profonde de notre contexte », a assuré hier sur Twitter M. Abiy.
Monde - Éthiopie
Frappes aériennes au Tigré, tandis que le gouvernement tente de rassurer
OLJ / le 10 novembre 2020 à 00h00


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