Une partie des barils découverts à Aïn el-Tiné. Photo tirée de la page Facebook de la municipalité de Beyrouth
La police municipale de Beyrouth a saisi hier 75 000 litres de mazout ainsi qu’une centaine de bonbonnes de gaz dans deux quartiers de la capitale, dans le cadre d’une campagne qu’elle mène contre le stockage illégal de matières inflammables, depuis l’explosion accidentelle de cuves de mazout dans le sous-sol d’un immeuble à Tarik Jdidé, le 9 octobre dernier. Quatre personnes avaient été tuées dans cette explosion.
Les saisies, pratiquement au quotidien, de divers dérivés pétroliers lors de descentes effectuées par la police municipale dans des dépôts ou sous-sols à Beyrouth, montrent l’ampleur d’un phénomène qui n’est peut-être pas nouveau mais qui s’est exacerbé avec la crise économique et financière, les menaces de pénuries d’essence et de mazout et les rumeurs sur une éventuelle levée de subventions sur ces produits.
Par crainte d’une flambée des prix ou d’une pénurie, certains n’ont pas hésité à stocker de l’essence et du mazout dans des voitures abandonnées, une pratique contre laquelle le mohafez de Beyrouth, Marwan Abboud, a mis en garde hier.
Les 75 000 litres de mazout ont été saisis à Aïn el-Tiné et les 100 bonbonnes de gaz dans un commerce du quartier de Aïcha Bakkar. Selon un communiqué publié par la municipalité de Beyrouth, les pompiers et la police municipale ont saisi 35 cuves de mazout reliées à un générateur, dans la cave d’un bâtiment à Aïn el-Tiné. Ces cuves contenaient près de 75 000 litres de mazout, alors que la quantité maximale autorisée pour le stockage dans la capitale est de mille litres. D’autres cuves contenant, elles, 20 000 litres de gaz ont été retrouvées au rez-de-chaussée de ce bâtiment, ainsi que plusieurs bonbonnes d’huiles hautement inflammables. Les responsables de ces stocks ont été verbalisés et tous les produits ont été saisis.
Plus tôt dans la journée, le mohafez de Beyrouth, Marwan Abboud, avait mis en garde contre tout stockage de matières inflammables à l’intérieur des véhicules garés le long des rues de la capitale, enjoignant la police municipale et les pompiers de Beyrouth d’évacuer toutes ces voitures qui constituent selon lui des « bombes à retardement ». « Un nouveau phénomène » se développe à Beyrouth et met en péril la vie des habitants, a déploré dans un communiqué M. Abboud, qui a accusé certaines personnes de « stocker des matières inflammables comme du pétrole, du mazout, du kérozène et des bonbonnes de gaz dans des voitures qui semblent abandonnées au bord des routes ». Il a souligné que cette nouvelle « technique » de stockage illégal de matières dangereuses avait provoqué l’incendie d’un véhicule dans le quartier de Tarik Jdidé, obligeant les pompiers à intervenir pour éviter « une nouvelle catastrophe ». C’est dans ce contexte que le mohafez a chargé la police municipale et les pompiers de demander aux propriétaires de véhicules suspects de les évacuer. Les voitures concernées pourront être saisies, tout comme les matériaux qu’elles contiennent, a averti le responsable local.


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