Le candidat démocrate et ancien vice-président, Joe Biden, et le président américain, Donald Trump. Jim Watson et Mandal Ngan/AFP
Donald Trump et Joe Biden, deux candidats que tout oppose, ont jeté hier leurs dernières forces dans la bataille pour la Maison-Blanche, à la veille d’un scrutin présenté comme le plus important de l’Amérique contemporaine. Après quatre années tumultueuses, les États-Unis, divisés en deux blocs à cran, s’apprêtent à rendre leur verdict sur la présidence hors norme du milliardaire républicain qui, selon son rival démocrate, a abîmé « l’âme » du pays. Affaibli par sa gestion de la pandémie, Donald Trump, 74 ans, espère faire mentir les sondages qui placent Joe Biden, 77 ans, en position de favori, et entretient le flou sur la position qu’il adoptera en cas de défaite.
Signe de la tension qui règne à l’issue d’une campagne d’une agressivité inouïe, des commerces dans plusieurs villes américaines, dont New York et Washington, se barricadaient par crainte de manifestations violentes. « Ce sont des villes démocrates », a commenté hier sur Fox la porte-parole de la Maison-Blanche Kayleigh McEnany, en les accusant de vouloir impressionner les électeurs. « Elles leur disent : “Si vous n’élisez pas le candidat de la gauche, la gauche vous attaquera.” » À ces crispations s’ajoute l’anxiété liée à une épidémie de coronavirus en pleine recrudescence, enjeu central de cette campagne sans pareille.
« Chaque vote compte »
Malgré ces vents défavorables, Donald Trump continue à prédire une « vague » républicaine. Hier, il a dénoncé des sondages « bidons » et s’est dit confiant dans sa victoire. « Nous allons gagner quatre ans de plus dans notre magnifique Maison-Blanche ! », avait déjà lancé dimanche celui qui redoute d’être le premier président à ne pas être réélu pour un second mandat depuis plus d’un quart de siècle. Au programme de son dernier jour de campagne : cinq meetings, dans quatre États – Caroline du Nord, Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin – avec un dernier acte à Grand Rapids (Michigan), comme en 2016 où il avait, dans la dernière ligne droite, créé une surprise qui avait sidéré le monde.
Son rival démocrate Joe Biden a pour sa part estimé hier que les États-Unis « en ont assez du chaos » de la présidence Trump, s’exprimant lors d’un meeting dans l’État-clé de l’Ohio. « Nous en avons assez du chaos ! Nous en avons assez des tweets, de la colère, de la haine, de l’échec et de l’irresponsabilité », a tonné l’ex-bras droit de Barack Obama. « Il est temps pour Donald Trump de faire ses valises et de rentrer chez lui », a-t-il ajouté. Dimanche, Joe Biden s’était essentiellement concentré sur la Pennsylvanie, qu’il espère faire basculer pour s’ouvrir enfin les portes de la Maison-Blanche. « Encore deux jours ! Dans deux jours, nous mettrons fin à cette présidence qui a divisé notre pays », avait-il lancé depuis Philadelphie. « La dernière fois (en 2016), Donald Trump a gagné la Pennsylvanie avec une avance de seulement 44 000 voix (sur un total de plus de 6 millions de voix), a-t-il rappelé. Chaque vote compte ! »
« Virez Fauci ! »
Un mois après son infection au Covid-19 et d’innombrables meetings de campagne, le président américain ne montre aucun signe de fatigue, bien au contraire. Il sillonne le pays depuis plus d’une semaine, passant très peu de temps à Washington. Dimanche soir, à Opa-Locka, en Floride, il a une nouvelle fois estimé que les démocrates parlaient trop du Covid-19, qui a fait plus de 230 000 morts aux États-Unis.
Et à l’évocation de l’immunologue Anthony Fauci, qui a émis des réserves sur la stratégie gouvernementale, la foule s’est mise à scander « Virez Fauci ! » « Laissez-moi attendre un peu après l’élection », a répondu, amusé, le président américain, évoquant le possible limogeage de ce chercheur très respecté aux États-Unis et à travers le monde.
Interrogé sur les spéculations dans les médias concernant la possibilité qu’il se déclare vainqueur mardi soir si les résultats sont indécis, Donald Trump a catégoriquement démenti. « Non, non, c’est une fausse information », a-t-il affirmé à sa descente d’Air Force One en Caroline du Nord. « Dès que l’élection sera terminée, nos avocats seront prêts », a-t-il cependant pris soin d’ajouter, laissant entrevoir la possibilité d’une longue bataille judiciaire. « Ma réponse est que le président ne va pas voler cette élection », a de son côté affirmé Joe Biden.
La voix d’Obama
Selon le New York Times, Donald Trump a l’intention d’organiser une soirée élections dans les salons de la Maison-Blanche et envisagerait d’accueillir jusqu’à 400 invités. Joe Biden s’adressera, lui, à la nation depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware.
Les derniers sondages placent le démocrate confortablement en tête dans plusieurs États décisifs remportés par le républicain en 2016, comme le Wisconsin et Michigan, mais sa marge est un peu plus étroite en Pennsylvanie et les deux candidats sont même au coude-à-coude en Floride. Et les observateurs répètent leurs appels à la prudence, pointant le scrutin de 2016, où Donald Trump avait créé l’une des plus grandes surprises de l’histoire politique américaine, en battant Hillary Clinton.
Singularité du système américain : ce sont les grands électeurs, et non le vote populaire, qui font l’élection. En 2016, Donald Trump avait recueilli près de trois millions de voix de moins que Hillary Clinton, mais avait remporté la majorité des 538 grands électeurs.
Plus de 93 millions d’Américains ont déjà voté à la présidentielle, laissant présager d’une participation record.
L’ancien président Barack Obama, très présent dans cette dernière ligne droite, s’est rendu hier à Atlanta, en Géorgie, et à Miami, en Floride, pour soutenir la candidature de celui qui fut son vice-président pendant huit ans. Depuis deux semaines, il appelle à ne pas répéter les erreurs de 2016. « Beaucoup de gens sont restés chez eux, ont été flemmards et complaisants. Pas cette fois ! Pas lors de cette élection ! »
Source : AFP
L’Iran se focalisera sur les « actions » de la future administration américaine
L’Iran a affirmé hier qu’il focaliserait son attention sur les « actions » de la prochaine administration américaine plutôt que sur la personne du futur président. Téhéran et Washington, ennemis jurés, sont à couteaux tirés depuis le retrait des États-Unis en 2018 de l’accord international censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Le président républicain Donald Trump a rétabli puis durci les sanctions américaines, notamment l’embargo sur le pétrole iranien. « Notre position est claire : nous surveillerons l’approche de la nouvelle administration américaine quel que soit le parti dont elle sera issue », a déclaré Saeed Khatibzadeh, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, à des journalistes. « Plus que le résultat de l’élection lui-même, nous focaliserons notre attention sur les actions » du prochain président, a-t-il ajouté. Le candidat démocrate Joe Biden, adversaire de M. Trump, a soutenu l’accord nucléaire conclu en 2015 lorsqu’il était vice-président de Barack Obama. L’Iran réclame un retour à l’accord nucléaire, la levée des sanctions et des compensations pour les dommages causés. « Il est clair que les deux partis ont réalisé l’étendue de l’échec de leurs politiques » à l’égard de l’Iran, a-t-il soutenu. L’administration Trump a accusé l’Iran ainsi que la Russie d’avoir tenté de s’immiscer dans les élections américaines, ce que Téhéran a démenti. « L’Iran a répété à plusieurs reprises qu’il n’avait aucun intérêt à s’immiscer dans les élections américaines », a répété le porte-parole iranien.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
L'Amérique est une drôle de démocratie enfin c'est comme ça mais moi je crainds que Trump va gagner
18 h 51, le 03 novembre 2020