Le gouvernement va prononcer aujourd’hui la dissolution du mouvement ultranationaliste turc des Loups Gris en Conseil des ministres, a annoncé hier Gérard Darmanin devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’« un groupement de fait particulièrement agressif pour ne pas dire plus », a-t-il assuré, dont l’annonce intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre France et Turquie autour du traitement des musulmans en France. Le groupuscule des Loups Gris a été notamment pointé du doigt après des incidents ayant opposé la semaine dernière communautés turque et arménienne à Décines-Charpieu, près de Lyon.
El-Qaëda menace Macron et appelle à tuer quiconque insulte le Prophète
Le groupe jihadiste el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI) a appelé hier ses partisans à tuer toute personne insultant le prophète Mahomet et menacé de se venger du président français Emmanuel Macron, qui a défendu le droit à la caricature. « Tuer celui qui insulte le Prophète est le droit de chaque musulman capable de l’appliquer », a écrit le groupe AQMI dans un communiqué, en réaction aux déclarations du président Macron lors de la cérémonie d’hommage à l’enseignant français Samuel Paty, décapité le 16 octobre dans un attentat islamiste pour avoir montré en cours des caricatures du Prophète. « Le boycott est un devoir, mais ça ne suffit pas », a écrit AQMI, appelant à la « vengeance » et présentant comme un « martyr » le jeune Tchétchène radicalisé ayant tué Samuel Paty. « On n’oubliera pas vos agissements atroces », a par ailleurs lancé AQMI à Emmanuel Macron.
Abou Dhabi soutient Macron face aux critiques
Les Émirats arabes unis ont pris la défense du président français dans la polémique qui a enflé ces derniers jours dans le monde musulman à son encontre, au sujet des caricatures du prophète Mahomet. Dans une interview parue hier dans le quotidien allemand Die Welt, le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, a rejeté l’idée selon laquelle Emmanuel Macron aurait exprimé un message d’exclusion des musulmans. « Il faut écouter ce que Macron dans son discours a vraiment dit, il ne veut pas de ghettoïsation des musulmans en Occident et il a tout à fait raison », a-t-il déclaré. Les musulmans doivent mieux s’intégrer et l’État français est en droit de chercher des moyens d’y parvenir tout en luttant contre le radicalisme et l’enfermement communautaire, a ajouté le chef de la diplomatie. Pour le ministre émirati, la controverse est surtout le résultat d’une récupération politique par le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdogan. « Dès qu’Erdogan voit une faille ou une faiblesse, il l’utilise pour accroître son influence. C’est seulement lorsqu’on lui montre la ligne rouge qu’il se montre prêt à négocier », a ajouté M. Gargash.


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