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Explosions du 4 août

L’ordre des ingénieurs donne l’alerte : plus de 300 bâtiments menacés d’effondrement

Plus de 350 ingénieurs et architectes volontaires ont procédé, au cours des dernières semaines, à une évaluation des dégâts survenus dans une zone de trois km² autour du port de Beyrouth.

L’ordre des ingénieurs donne l’alerte : plus de 300 bâtiments menacés d’effondrement

Une bâtisse de Gemmayzé lourdement endommagée par l’explosion. Photo João Sousa

Après des semaines passées à sillonner les quartiers dévastés de Beyrouth et à passer en revue les bâtiments endommagés, l’ordre des ingénieurs a publié son rapport final sur l’évaluation des bâtisses touchées par les explosions du 4 août au port. Dans ce document d’une dizaine de pages, l’ordre explique sa démarche et donne des recommandations concernant les structures qu’il a pu évaluer.

Mandaté par le mohafez de Beyrouth quelques jours après les explosions, l’ordre des ingénieurs a effectué, grâce à plus de 350 ingénieurs et architectes volontaires, une évaluation des dégâts survenus dans une zone de trois km² autour du port. Ainsi, les experts se sont rendus dans les quartiers de Medawar, de la Quarantaine, de Gemmayzé et de Saïfi. Ils ont également inspecté les dégâts dans les secteurs de Badaoui, Mar Mikhaël, Rmeil, Jeïtaoui, la Sagesse et Sursock. Les quartiers affectés ont été divisés en 97 zones pour faciliter leur inspection et la coordination des efforts avec les autorités concernées.

Plus de 200 bâtiments examinés

Dans le cadre de leur étude, les experts ont examiné la structure des bâtiments endommagés ainsi que leurs façades et fondations. Ils ont mené leurs investigations dans 2 509 bâtiments situés sur 3 040 biens-fonds disséminés dans les quartiers adjacents au port. Selon le rapport des ingénieurs, plus de 300 bâtiments examinés sont menacés d’effondrement total ou partiel. Environ 250 de ces bâtisses pourraient voir certaines parties de leur structure se détacher du reste du bâtiment. Plus de 550 immeubles examinés présentent quant à eux des fissures, sans risques d’effondrement.

Le rapport se penche aussi sur les structures à caractère traditionnel, gravement touchées par les explosions. 360 bâtiments classés, construits au XIXe siècle ou dans les années 1930 ont été endommagés lors de la catastrophe du port. Parmi ces bâtisses, plus de 100 structures risquent aujourd’hui de s’effondrer. Les maisons à caractère traditionnel examinées par les ingénieurs sont réparties sur 810 biens-fonds situés dans les alentours du port. Parmi ces bâtiments, 51 ont été classés comme étant à « haut risque » d’effondrement, tandis que 41 ont évalués à « moyen risque ». L’ordre des ingénieurs recommande l’évacuation immédiate de 180 bâtiments beyrouthins. Il appelle au renforcement des fondations de 389 d’entre eux et explique qu’une centaine d’autres nécessitent des travaux d’isolation. Parmi l’ensemble des bâtiments examinés par les experts, 109 nécessitent un renforcement complet de leurs fondations, alors que 131 ont besoin de renforcements partiels.

L’ordre explique avoir présenté ces résultats au mohafez de Beyrouth, à la municipalité de Beyrouth, ainsi qu’à l’armée. Ces données sont celles adoptées depuis par les autorités libanaises ainsi que la Banque mondiale et les Nations unies dans leurs différents rapports sur les conséquences de la catastrophe du 4 août dernier.


Après des semaines passées à sillonner les quartiers dévastés de Beyrouth et à passer en revue les bâtiments endommagés, l’ordre des ingénieurs a publié son rapport final sur l’évaluation des bâtisses touchées par les explosions du 4 août au port. Dans ce document d’une dizaine de pages, l’ordre explique sa démarche et donne des recommandations concernant les structures...

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