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Élection américaine

Débat Trump-Biden : un dernier round maîtrisé sans K.-O. final

Contrairement aux précédentes présidentielles, il n’y aura cette année que deux débats, le président sortant ayant refusé un duel virtuel le 15 octobre.

Débat Trump-Biden : un dernier round maîtrisé sans K.-O. final

Le locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, et le candidat démocrate, Joe Biden, lors du dernier débat en vue de l’élection présidentielle le 22 octobre 2020 à Nashville. Mike Segar/Reuters

Donald Trump et Joe Biden se sont affrontés jeudi soir à Nashville lors d’un ultime débat à la tonalité plutôt constructive et respectueuse qui ne devrait pas profondément changer la dynamique à douze jours de la présidentielle américaine. Visiblement désireux d’offrir un visage plus discipliné après un premier tête-à-tête cacophonique, le président américain, à la traîne dans les sondages, a accusé son rival de vouloir « reconfiner » le pays en raison du Covid-19. « Quelqu’un qui est responsable d’autant de morts ne devrait pas pouvoir rester président des États-Unis d’Amérique », a lancé le candidat démocrate en prédisant « un hiver sombre » pour le pays le plus endeuillé au monde, avec plus de 222 000 décès dus au coronavirus.

Le vieux routier de la politique a reproché au président républicain de ne « toujours pas avoir de plan » pour endiguer la pandémie. « Il n’y a pas un seul scientifique sérieux au monde qui pense que ça va disparaître bientôt », a-t-il martelé, alors que le locataire de la Maison-Blanche ne cesse d’assurer le contraire. « Nous le combattons très fermement », a répondu le tempétueux milliardaire, arrivé sans masque sur la scène de Nashville, dans le Tennessee, trois semaines après avoir été diagnostiqué positif au coronavirus.

Les échanges, bien que vifs, étaient nettement plus audibles que la fois précédente, lorsque le démocrate de 77 ans avait traité le 45e président des États-Unis, 74 ans, de « menteur », de « raciste » puis de « clown ». « Il n’y a rien d’intelligent en vous », avait rétorqué l’ex-homme d’affaires.

« Les deux candidats ont clairement retenu les leçons de leur premier débat », a déclaré à l’AFP Aaron Kall, enseignant à l’Université du Michigan et spécialiste des duels présidentiels. « Le statu quo à l’issue du débat de ce soir sera probablement perçu comme une bonne nouvelle pour la campagne de Biden, qui bénéficie d’une avance stable dans les sondages au niveau national et dans les États-clés », a-t-il cependant ajouté.

« Il affronte Joe Biden ! »

À Donald Trump qui l’accusait de vouloir mettre en place la politique de « la gauche radicale », Joe Biden a rappelé qu’il l’avait emporté lors des primaires démocrates où d’autres candidats étaient plus ancrés à gauche que lui. « Il est un peu perdu, il croit qu’il affronte quelqu’un d’autre. Il affronte Joe Biden ! » a-t-il ironisé.

Pour éviter la cacophonie, les organisateurs avaient décidé cette fois de couper le micro d’un candidat pendant les deux premières minutes de prise de parole de l’autre pour chacune des questions sur la pandémie, les questions raciales, le changement climatique ou encore la politique étrangère.

Donald Trump a, comme il l’avait annoncé, demandé à Joe Biden de « s’expliquer » sur des allégations de corruption au sujet des activités de son fils Hunter en Chine et en Ukraine, quand le candidat démocrate était vice-président de Barack Obama (2009-2017). « Joe, je pense que vous devez une explication aux Américains », a insisté le président-candidat qui a accentué ces derniers jours ses attaques personnelles sur l’intégrité de son adversaire, martelant, sans éléments concrets à l’appui, que la famille Biden est une « entreprise criminelle ».

« Bébé innocent »

« Vous étiez vice-président quand c’est arrivé et ça n’aurait jamais dû arriver », a ajouté l’ex-magnat de l’immobilier, qui avait invité dans le public un ex-associé de Hunter biden, Tony Bobulinski, qui accuse le fils du candidat d’avoir utilisé son nom de famille pour gagner « des millions » à l’étranger avec l’assentiment de son père.

Évoquant cet invité, Donald

Trump a jugé que son récit était « accablant ». « N’essayez pas de vous présenter en bébé innocent ! » a-t-il lâché un peu plus tard.

« Jamais de ma vie je n’ai pris un centime d’une source étrangère », a protesté le démocrate, qui a jusqu’ici esquivé les questions sur ce sujet en se montrant ultraprotecteur de sa famille. « Ce n’est pas vrai, pas vrai », a-t-il dit à plusieurs reprises. Il a contre-attaqué en reprochant au président de n’avoir jamais accepté de publier ses déclarations d’impôts. « Que cachez-vous ? » a-t-il demandé.

Contrairement aux précédentes présidentielles, il n’y aura cette année que deux débats, le président sortant ayant refusé un duel virtuel le 15 octobre – un format proposé pour éviter les risques d’infection après son diagnostic positif au coronavirus. Les équipes des candidats ont annoncé quelques heures avant le face-à-face de jeudi qu’ils avaient été testés négatifs au Covid-19, Donald Trump s’étant plié à l’exercice à bord de l’avion présidentiel Air Force One.

Les parois en Plexiglas qui avaient été installées sur la scène pour séparer les deux septuagénaires ont finalement été retirées.

Source : AFP

Téhéran sanctionne l’ambassadeur américain en Irak, accusé d’actes « terroristes »

Téhéran a annoncé hier des sanctions contre l’ambassadeur américain en Irak, Matthew Tueller, accusé d’avoir commis des actes « terroristes » contre les intérêts iraniens, une réponse apparente aux sanctions américaines prononcées la veille contre l’ambassadeur iranien à Bagdad. Matthew Tueller et deux autres diplomates américains « ont participé à l’organisation et au financement (...) d’actes terroristes contre les intérêts du gouvernement et du peuple » iraniens, a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué sur Twitter. Téhéran accuse aussi les responsables américains d’être impliqués dans la mort du puissant général iranien Kassem Soleimani, architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, tué par un tir de drone américain en janvier à Bagdad. M. Tueller, son adjoint Steve Fagin et Rob Waller, chef du consulat américain à Erbil, capitale du Kurdistan irakien, sont aussi accusés d’avoir « soutenu des extrémistes et des groupes terroristes » et participé à la campagne de sanctions américaines contre l’Iran, selon le communiqué. « Les actions anti-iraniennes ne seront pas laissées sans réponse », a déclaré sur Twitter le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Saïd Khatibzadeh. Les États-Unis ont sanctionné jeudi les gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ainsi que des médias iraniens pour « tentative d’ingérence » dans les élections américaines du 3 novembre, ce que l’Iran a fermement démenti. Le Trésor a aussi imposé des sanctions séparées contre Iraj Masjedi, l’ambassadeur d’Iran en Irak, où Washington lutte contre l’influence de Téhéran. M. Masjedi est notamment accusé d’avoir été « un proche conseiller » de Soleimani, qui dirigeait la Force al-Qods, unité d’élite des gardiens, chargée des opérations extérieures. « Au cours de ses décennies de service au sein de l’organisation, Masjedi a supervisé un programme de formation et de soutien aux milices irakiennes, et a dirigé ou soutenu des groupes responsables d’attaques ayant tué et blessé des membres des forces américaines et internationales en Irak », a ajouté le Trésor.


Donald Trump et Joe Biden se sont affrontés jeudi soir à Nashville lors d’un ultime débat à la tonalité plutôt constructive et respectueuse qui ne devrait pas profondément changer la dynamique à douze jours de la présidentielle américaine. Visiblement désireux d’offrir un visage plus discipliné après un premier tête-à-tête cacophonique, le président américain, à la...

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