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La thaoura, un an après /Commentaire

Comment sortir du système politique verrouillé ?

Comment sortir du système politique verrouillé ?

« Vous avez perdu notre confiance dans la rue. Alors dégagez de nos sièges (de députés). » Photo João Sousa

Au-delà des slogans à la mode à un moment donné ou chez tel ou tel groupe de manifestants, tout mouvement de contestation de longue haleine et bénéficiant d’une large assise au sein de la population vise naturellement à occasionner un changement profond, non seulement au niveau des figures au pouvoir, mais aussi dans les règles de l’exercice de ce pouvoir.

Le besoin de passer à un autre système politique, que ce changement soit perçu par rapport au système tel qu’il est censé être initialement ou par rapport à la pratique qui en est faite – et qui dans le cas du Liban actuel est très éloignée de l’original – paraît évident chez de nombreux contestataires depuis le 17 octobre, même si ce besoin est le plus souvent exprimé de manière diffuse, voire maladroite. Ainsi, tout un chacun se révèle capable de dire ce qu’il ne veut pas ou plus : qui la corruption à grande échelle, qui le confessionnalisme politique, le clientélisme, l’arrogance sectaire de Gebran Bassil, les armes du Hezbollah ou encore la tyrannie des banques et les entourloupes de Riad Salamé… Peu, en revanche, sont en mesure d’exprimer clairement ce qu’ils veulent et – surtout – de dire comment y parvenir.

C’est à ce niveau qu’un an après le 17 octobre 2019, il est actuellement reproché aux groupes dits de la société civile, ces groupes qui sont justement appelés à devenir les partis politiques de demain si l’on veut que la contestation débouche sur quelque chose, de n’avoir pas été à la hauteur des attentes. Cela ne veut pas dire, comme on a parfois tendance à le croire, qu’il faille les accuser de ne pas s’être unis autour d’un programme politique commun. Cette demande est une aberration qui égale en grossièreté la nature des gouvernements dits d’union nationale ou d’entente nationale qui se succèdent au pouvoir depuis des années au Liban. Avec l’insuccès que l’on sait.

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Il y a de tout dans le mouvement du 17 octobre, des gens de droite, des gens de gauche, des libéraux, des nationalistes, des communistes, des croyants, des identitaires, des progressistes, des conservateurs, etc. Toutes ces personnes ont le droit d’exprimer d’une seule voix leur ras-le-bol sur les places de la thaoura, cela ne signifie nullement que pour que leur mouvement réussisse, il faut les enfermer toutes sous une même étiquette politique ou même dans une coalition d’étiquettes.

D’ailleurs, à ce sujet, un certain nombre de groupes se sont aventurés récemment sur le terrain du rapprochement de leurs programmes politiques. Le résultat est un document bourré de vœux pieux qui ne diffère en rien de ce que font les partis traditionnels lorsqu’ils concluent des accords entre eux et qui ne fera certainement pas avancer la cause de la thaoura.

En revanche, ce qui est demandé aux formations de la société civile, c’est de s’entendre sur des plans d’action concrets susceptibles de canaliser la contestation et, partant, de lui donner un second souffle. S’il est impossible d’unifier aujourd’hui les manifestants et encore moins les Libanais dans leur ensemble, sur par exemple l’opportunité d’abattre ou non le système confessionnel, ou de le réaménager, ce n’est pas la fin du monde, ni sûrement de la révolution. Il est par contre possible – et même nécessaire – de travailler, par des actions concrètes, à recréer le cadre d’une gouvernance normale dans lequel les différents points de vue pourront s’exprimer pleinement et les changements se faire par voie de compétition démocratique non violente. C’est de cela que le Liban a le plus besoin aujourd’hui : régénérer ses institutions politiques et sa gouvernance par le rétablissement (ou peut-être l’établissement) d’une démocratie plus ou moins normalisée. Le nouveau pacte politique et social viendra après.

Un mur infranchissable

Aujourd’hui, le drame du Liban ne réside pas dans le fait que la Constitution dit telle chose plutôt que telle autre, même si les uns ont le droit de rêver d’une IIIe République qui rompe dans sa teneur avec les précédentes et s’il est tout aussi légitime pour les autres de croire au contraire qu’il faut préserver les piliers traditionnels de la « formule » libanaise. Le drame du Liban réside plutôt dans le fait que quelle que soit l’idée qu’on défend, qu’elle soit de droite, de gauche ou du centre, elle se heurte systématiquement à un mur infranchissable qui fait que pour un certain nombre de raisons, structurelles et géopolitiques, toute créativité est interdite depuis des lustres à l’ombre de la République libanaise et que l’unique constante qui ressort de la vie politique dans ce pays est le blocage permanent ou, pour être plus exact, la menace permanente de blocage. À cet égard d’ailleurs, et contrairement à ce que pensent nombre de Libanais, il n’y a guère d’acteurs politiques au Liban en mesure d’imposer ce qu’ils veulent à tous les autres, et cela inclut le Hezbollah et son arsenal. En revanche, il existe des disparités entre les différents protagonistes au niveau de la capacité de blocage ou de nuisance.

Comment en est-on arrivé là ? Eh bien on a toujours été là en quelque sorte, même si l’époque actuelle, surtout depuis les accords de Doha, en 2008, se caractérise par des records qui n’ont probablement jamais auparavant été égalés en matière d’effondrement de la gouvernance politique, sauf peut-être aux pires moments de la guerre civile.

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Voilà bien le destin du Liban, un État unique qui se distingue de quasiment tous les autres sur la planète par une caractéristique très particulière, celle de n’être ni une vraie démocratie, malgré toutes les bêtises qu’on ânonne à ce sujet depuis des décennies, ni une vraie dictature, comme il y en a beaucoup dans la région et le monde. Un État avec une autorité et une légitimité si fractionnées qu’il est au mieux une ébauche d’État, au pire une caricature.

Dire que la thaoura aspire essentiellement à changer cette donne, à remplir les cases vides pour achever la construction de l’État libanais, est une lapalissade. Comme l’est le fait de dire que les Libanais souhaitent que leur État soit enfin « normal ». Mais comment normalise-t-on un État ? Par où commencer ? Voilà les questions de base que devraient se poser en priorité les groupes de la société civile qui aspirent réellement à ce que le mouvement de contestation soit davantage qu’un phénomène saisonnier et qu’il aboutisse à de vrais changements. Or il n’existe qu’une réponse unique à ces questionnements, si l’on écarte les options violentes : ce sont bien entendu les élections législatives, les seules à même de permettre au peuple de la thaoura, dans toute sa pluralité, d’entrer dans le jeu politique, en vue de s’employer à modifier de l’intérieur la règle du jeu. De l’extérieur, seule la violence peut y subvenir. A-t-on envie de dresser mille échafauds ? De revenir à la guerre civile? On peut supposer qu’une majorité de Libanais ne le voudrait pas. Dès lors, il n’y a plus que les urnes. Et elles ne doivent pas faire peur à ceux qui veulent le changement.

Que faire ?

Car en même temps, pour aborder de manière plus efficace la question des élections, un changement de mentalité s’impose chez ceux qui présenteront leurs candidatures au nom de la contestation civile. D’abord, il faut de l’humilité, ne pas croire que 100 % des Libanais sont derrière la thaoura et que les partis traditionnels n’existent plus. Hormis les laissés-pour-compte du clientélisme, qui sont certes nombreux, et la bourgeoisie occidentalisée, nettement moins importante en nombre, tout le reste de la population ou presque fait encore partie de la clientèle des partis. Cela fait beaucoup de monde, peut-être même bien plus que 50 % de l’électorat. Est-ce une raison valable pour que les groupes de la contestation rejettent les élections ? Certainement pas. À l’échelle du Liban, l’entrée de 10, 15 ou 20 députés issus de la thaoura au Parlement (sur 128 sièges au total) aurait déjà l’effet d’un séisme politique de grande ampleur.

Ensuite, pour permettre à la contestation d’envoyer ses filles et ses fils à l’hémicycle, il faut abattre les obstacles qui se dressent sur leur chemin, tout en privilégiant l’impératif d’efficacité. On l’a dit et répété : il ne sert à rien de réclamer une nouvelle loi électorale car c’est le meilleur moyen d’enterrer les élections en permettant aux partis politiques qui redoutent le scrutin d’accaparer le débat. À commencer par le tandem chiite qui ne rate aucune occasion de ressortir l’option de la circonscription unique, de loin la pire de toutes, véritable cimetière, même de la parodie de démocratie à la libanaise. Il n’y a qu’à demander aux Arabes israéliens ce qu’ils en pensent, l’État juif utilisant justement ce moyen pour les empêcher d’exercer la moindre influence même dans les régions où ils sont majoritaires, c’est-à-dire essentiellement en Galilée.

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La loi actuelle est médiocre ? Elle l’est, assurément. Mais toutes les autres le sont aussi. Les groupes de la société civile devraient faire un travail de pédagogie à ce niveau et cesser de faire croire aux masses qu’il existe quelque part un mode de scrutin idéal qui mènerait le peuple vers le Nirvana et que la classe politique s’amuse à dissimuler ou étouffer. En revanche, comment se fait-il que jusqu’ici, aucun groupe ne s’est mobilisé pour réclamer le retrait des articles qui, dans la loi actuelle, sont destinés à empêcher l’intrusion de forces nouvelles au Parlement ? L’article sur le seuil d’éligibilité (c’est-à-dire le minimum à partir duquel une liste peut gagner des sièges dans une circonscription donnée) situe celui-ci, selon les circonscriptions, entre 10 et 20 % des votants. Cette disposition est un scandale et une honte – le mot n’est pas fort – pour toute démocratie qui se respecte. C’est comme si dans un club prétendument ouvert au grand public, on exigeait de chaque personne 100 000 dollars pour être membre. Un an après le 17 octobre 2019, aucun travail n’a été fait à ce niveau par les groupes de la contestation auprès des manifestants. Si l’élite de la thaoura ignore elle-même ce genre de détails, qu’elle se reconvertisse donc dans la broderie ou le jardinage, au lieu de s’entêter à emmener un peuple fatigué vers des « samedis de la colère » ou des « dimanches de la révolte » sans lendemain.

Enfin, une fois arrivés au Parlement, les représentants de la contestation devraient une fois pour toutes ranger au placard le kellon yaané kellon (tous veut dire tous). C’est par la politique qu’on sauvera la politique au Liban. Ceux qui veulent rester « purs » feraient mieux de rester aussi à la maison. Les autres devront se « salir » les mains et contracter des alliances, ponctuelles ou même durables, avec telle ou telle formation traditionnelle, contre telle ou telle autre. Tout en apportant leur pierre à l’édifice.

Parce que cette pierre s’appellera le changement… et parce qu’elle représente l’unique moyen – non violent– de sortir enfin du système politique verrouillé.


Au-delà des slogans à la mode à un moment donné ou chez tel ou tel groupe de manifestants, tout mouvement de contestation de longue haleine et bénéficiant d’une large assise au sein de la population vise naturellement à occasionner un changement profond, non seulement au niveau des figures au pouvoir, mais aussi dans les règles de l’exercice de ce pouvoir.

Le besoin de...

commentaires (12)

POURQUOI PERSONNE N'OSE DIRE QUE LE PRESIDENT CHEF DE S ARMEES POURRAIRNT DONNER L'ORDRE AU GENERAL JOSPH AOUN DE DESARMER LA MILICE DE HEZBALLAH POUR EXECUTER ENFIN L'ACCORD DE TAEF NE CROYEZ PAS QUE CELA FERA UNE GUERRE CIVILE, HB PEUT AVOIR 100000 MISSILES CONTRE ISRAEL MAIS N'A RIEN EN COMPARAISON AVEC L'ARMEE LIBANAISE DANS LE PAYS LA MASSE DU PEUPLE SOUTIENDRA L'ARMEE ET ELLE NE SE DIVISERA PAS CETTE FOIS CI COMME ELLE L'A FAIT EN 1975 LAISSANT AU PEUPLE DE S'ARMER POUR DEFENDRE LA PATRIE

LA VERITE

12 h 39, le 21 octobre 2020

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Commentaires (12)

  • POURQUOI PERSONNE N'OSE DIRE QUE LE PRESIDENT CHEF DE S ARMEES POURRAIRNT DONNER L'ORDRE AU GENERAL JOSPH AOUN DE DESARMER LA MILICE DE HEZBALLAH POUR EXECUTER ENFIN L'ACCORD DE TAEF NE CROYEZ PAS QUE CELA FERA UNE GUERRE CIVILE, HB PEUT AVOIR 100000 MISSILES CONTRE ISRAEL MAIS N'A RIEN EN COMPARAISON AVEC L'ARMEE LIBANAISE DANS LE PAYS LA MASSE DU PEUPLE SOUTIENDRA L'ARMEE ET ELLE NE SE DIVISERA PAS CETTE FOIS CI COMME ELLE L'A FAIT EN 1975 LAISSANT AU PEUPLE DE S'ARMER POUR DEFENDRE LA PATRIE

    LA VERITE

    12 h 39, le 21 octobre 2020

  • la guillotine la guillotine et encore la guillotine.... normal qu'elles tardent a etre elevees -mais pas sur les places publiques- ceci les fera encore plus enrager. une revolution n'est pas pour aboutir en si peu de temps. de plus , rappelons nous il a fallu des annees aux américains plus tard aux italiens pour se débarrasser de la mafia chez eux .

    gaby sioufi

    11 h 02, le 18 octobre 2020

  • Votre article n est pas exact. Les groupes de la thawra ne discutent pas de la loi car ils la rejetent entièrement. Ils ont leut gvt interimaire qui lui devait prendre en charge la gestion de la crise et s occuper des élections entre autres de decider de la loi a suivre...

    helene nasr

    09 h 42, le 17 octobre 2020

  • Cela fait un an que les Libanais,jeunes en majorité, sont descendus dans la rue,pensant peut être, que les mafieux du pouvoir, allaient le rendre....or,ces derniers ont plus de tours dans leur sac. Si vous voulez un état qui se tient,il faut arrêter de vous gargariser en disant que le Liban est un produit a part....qu'il est spécial.....il est comme tous les autres pays. Ensuite,la mafia politique au pouvoir ne laissera personne s'approcher de ses gisements économiques . L'Histoire nous a appris que pour réussir une "REVOLUTION", une vraie,doit couper les têtes et supprimer par la force la mafia. Le reste,avec tout le respect pour l'analyse qu'on peut présenter, et tous les souhaits pour une révolution Lite,ou douce,ou tranquille n'est qu'une vision biaisée de l'histoire......

    HIJAZI ABDULRAHIM

    00 h 04, le 17 octobre 2020

  • Je trouve cet article très lucide si on oublie le HB et son arsenal comme vous le dites si bien. Le seul hic dans l’histoire est ce parti armé qui impose toutes ses lois par la force des armes. Même si on arrive à avoir quelques représentants de la société civile dans le parlement nous n’arriverons à rien. Les grosses pointures de la politique et non des moindres ont payé de leur vie pour avoir osé contrarier ce parti vendu et la liste est longue. Alors non, cela ne peut pas fonctionné tant que les armes et les explosifs font la loi dans ce pays. Désolée de vous contredire mais nous en avons déjà expérimenté ce que vous suggérez et voilà où on en est. La première chose à faire avant de procéder à des élections ou autres projets d’union nationale, c’est désarmer le HB et de toute urgence. Avec l’accord qu’ils ont pris l’initiative de signer avec Israël pour délimiter les frontières leurs armes n’ont aucune justification à part celle de les utiliser contre les libanais et faire pression pour choisir le prochain président or ça c’est refusé par tous les patriotes et les libanais qui tiennent à leur pays et à sa démocratie. Pour que le système démocratique fonctionne, toutes les parties autour de la table doivent bénéficier des mêmes conditions. Alors soit on arme tout le monde, soit on discute ensemble entre gens civilisés d’une façon pacifique sans armes ni pressions. Donc on revient au cœur du problème et tant que certains n’ont pas compris, nous n’arriverons à rien.

    Sissi zayyat

    11 h 23, le 16 octobre 2020

  • IL N,Y A QU,UNE SORTIE. QUE TOUS LES LIBANAIS DE TOUTES LES CONFESSIONS S,UNISSENT EN UNE SEULE ET GIGANTESQUE MASSE REVOLUTIONNAIRE ET NE SE RETRACTE PAS AVANT D,AVOIR ACHEVER SES BUTS. JE REVE PEUT-ETRE. MAIS LA FAIM ET L,INCERTITUDE DU DEMAIN POUR LES CITOYENS ET LEURS FAMILLES ET L,AVENIR DE LEURS ENFANTS EST UN BON CIMENT POUR CIMENTER LES MASSES. ALLEZ-Y : THAWRA !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 02, le 16 octobre 2020

  • Là on verra que les cinq gros partis qui se partagent le pouvoir depuis 1990 : CPL Hezbollah Amal Futur PSP ont tous en commun dans leur origine le fait d'avoir été grandement aidés par l'occupant assadien dans leur propulsion sur la scène locale au point que l'on puisse dire que sans l'action de l'occupant ennemi assadien aucun des cinq ne serait dans la cour des grands, d'autres partis auraient été bien plus puissants. Ensuite dans leur fonctionnement ils sont tous soumis de façon pleinement assumée : Amal et Hezbollah, partiellement assumée: CPL, assumée de temps en temps: PSP ou pas assumée: Futur, tous soumis à un axe transnational qui est constitué du régime iranien, du régime Assad ennemi héréditaire du Liban et du Hezbollah, ce dernier n'ayant pour autre objectif ultime que de perpétuer le second pour le compte du premier en concurrence avec la Russie. Que les révolutionnaires en herbe connaissent et dénoncent leur ennemi, et les masses se mobiliseront !

    Citoyen libanais

    08 h 05, le 16 octobre 2020

  • Très bon article qui rappelle que les maux des citoyens ne viennent pas directement du système politique de la constitution et des lois écrites ou orales comme le Pacte National, mais de leur mauvaise application par nos pseudo-autorités, que donc il faut chercher à remplacer "l'autorité" défaillante avant de changer le système, d'où la priorité absolue qui doit être accordée à la tenue des législatives au plus tôt avant toute autre considération. Il faut l'avouer les bourgeois révolutionnaires en herbe n'ont vraiment mobilisé les masses que très ponctuellement peu après le 17 octobre, ou plutôt ce furent les masses qui s'étaient mobilisées spontanément. Pourquoi par exemple la révolte syrienne malgré une absence de leadership et une répression incroyablement plus féroce qu'au Liban a tout de même pu mobiliser les masses pendant plusieurs années ? Parce que l'ennemi à abattre: le régime assad bien que maniant à fond la dissimulation et l'imposture était clairement identifié par tous les contestataires. La révolte syrienne aurait triomphé si aucune intervention étrangère n'était venue biaiser le jeu. Le premier défaut des groupes de la "société civile" c'est qu'aucun n'a désigné clairement l'ennemi à abattre, certes beaucoup plus difficile à cerner au Liban. Pour cela il faut chercher les causes de la défaillance des autorités dans les partis politiques qui la compose : leur origine et leur fonctionnement.

    Citoyen libanais

    07 h 52, le 16 octobre 2020

  • Merci pour cette analyse extrêmement lucide.

    Yves Prevost

    07 h 21, le 16 octobre 2020

  • On ne peut mieux analyser...excellent article

    Raad Michelle

    05 h 37, le 16 octobre 2020

  • Ils feront tout pour bloquer les élections qu'ils craignent et nous n'avons pas le luxe d'attendre deux ans. Il faut qu'un Macron ou un Trump menace de dévoiler leurs transferts vers l'étranger pour qu'ils ouvrent la voie au changement (voir récemment comment Berri a soudainement annoncé les négociations avec l'entité sioniste suite aux sanctions contre son poulain). Il faut dire que Trump a utilisé cette carte brillamment pour faire avancer sa carte Israelienne, bien plus importante à ses yeux que la carte libanaise. Seul Macron a et veut plaider la cause du Liban à cause de nos liens historiques et pour des raisons stratégiques pour la France. La France...la mère qui revient à la rescousse de son fils en danger de mort? Je l'espère!

    Onaissi Antoine

    02 h 05, le 16 octobre 2020

  • Ils feront tout pour bloquer les élections sous le prétexte de la loi actuelle. A t'on le temps d'attendre deux ans alors que tout s'effondre? Non. Ce qu'il faut faire c'est qu'un Macron ou Trump menace nos corrompus de dévoiler leurs transferts à l'étranger. Sous cette menace, ils risqueraient fort d'ouvrir la voie au changement (Voir comment récemment Berri a annoncé soudainement les négociations avec "l'entité sioniste", suite aux sanctions contre son poulain). Il faut dire que pourcl'Amerique

    Onaissi Antoine

    01 h 54, le 16 octobre 2020