Des membres du service de santé en Russie désinfectent les quais de la gare de Yaroslavsky à Moscou, le 15 octobre 2020. Kirill Kudryavtsev/AFP
Nouveau tour de vis en Europe : les réunions privées à l’intérieur sont désormais interdites à Londres et dans plusieurs autres zones d’Angleterre, et les fêtes privées se tenant dans des lieux publics le seront en France en raison de l’évolution de la pandémie de Covid-19 en Europe, jugée « très préoccupante » par l’Organisation mondiale de la santé.
Alors que le Covid-19 continue à toucher des responsables politiques à travers le monde, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a quitté jeudi le sommet des dirigeants, qui venait juste de commencer à Bruxelles, pour se mettre en quarantaine, après un cas de Covid-19 dans son équipe. La candidate démocrate à la vice-présidence des États-Unis, Kamala Harris, a quant à elle suspendu ses déplacements jusqu’à dimanche en raison de cas de Covid-19 dans son entourage.
En Europe, « le nombre de cas par jour augmente, les admissions à l’hôpital aussi. Le Covid est désormais la cinquième cause de décès et la barre des mille décès par jour a été atteinte », bien que la situation ne soit pas similaire à celle de mars-avril, a déclaré le directeur de la branche Europe de l’OMS, Hans Kluge. L’OMS avertit que des niveaux de mortalité « quatre à cinq fois supérieurs à ceux d’avril » pourraient survenir « d’ici à janvier », si des « stratégies prolongées d’assouplissement » des restrictions étaient menées. « C’est loin d’être terminé », a affirmé de son côté Maria van Kerkhove, responsable de la gestion de la pandémie à l’OMS. « Cela peut faire peur, mais je pense que les gens doivent être mentalement prêts et patients. »
La pandémie de coronavirus a fait au moins 1,09 million de morts dans le monde depuis fin décembre. En Europe, où elle a fait 245 948 décès, elle connaît un fort rebond, conduisant les États à durcir leurs mesures sanitaires.
Parmi les nouvelles restrictions, le gouvernement britannique a relevé hier le niveau d’alerte pour Londres et sept autres zones en Angleterre (Essex, Elmbridge, Barrow in Furness, York, North East Derbyshire, Chesterfield et Erewash), interdisant à quelque onze millions d’habitants supplémentaires de rencontrer amis et famille à l’intérieur dès samedi.
« Chacun chez soi » en France
Le niveau élevé de contamination implique que les membres de foyers différents, quel que soit leur nombre, n’ont plus le droit de se rencontrer à l’intérieur, que ce soit chez eux ou à l’intérieur des pubs ou restaurants. Ils restent autorisé de se réunir mais à l’extérieur uniquement et par groupe de six personnes maximum, enfants inclus. Près de 20 000 nouveaux cas ont été enregistrés mercredi au Royaume-Uni ainsi que 137 morts, les décès atteignant ces derniers jours leur plus haut niveau depuis juin.
En France, face à l’aggravation de l’épidémie, le président Emmanuel Macron a annoncé mercredi que les habitants de Paris et de sa région, ainsi que de huit autres grandes métropoles, soit vingt millions de Français, seront soumis à partir de samedi à un couvre-feu nocturne entre 21h et 6h. La France n’avait pas connu un couvre-feu d’une telle ampleur depuis la Seconde Guerre mondiale.
« À 21h, chacun devra être chez soi », a détaillé hier Premier ministre Jean Castex. Il a annoncé aussi que « toutes les fêtes privées » se tenant « dans des salles polyvalentes ou tout autre établissement recevant du public seront interdites » sur l’ensemble du territoire et que tous les restaurants de France devront appliquer un protocole sanitaire renforcé. Ces mesures ne s’appliquaient jusqu’alors que dans les seules zones en niveau d’alerte maximale. Les indicateurs du Covid-19 ont continué de s’aggraver en France avec plus de cent morts sur 24 heures.
Éviter un confinement en Europe
La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakidès, a de son côté appelé les États membres à « faire le nécessaire » pour « éviter un confinement généralisé ».
Elle a exprimé « une grande inquiétude » face à « une augmentation de plus en plus rapide des taux d’infection à travers toute l’UE », notamment une hausse du nombre d’hospitalisations, des cas les plus sévères et des décès.
En Allemagne aussi, la situation inquiète : un nombre record de cas quotidiens (6 638, contre un précédent maximum de 6 294 cas le 28 mars) a été annoncé hier, et la chancelière Angela Merkel a présenté de nouvelles restrictions à l’issue d’une réunion avec les responsables des seize États régionaux. Le nombre de participants à des événements privés sera par exemple limité dans les régions enregistrant plus de 35 nouvelles contaminations pour 100 000 habitants sur sept jours. Dans ces régions, le port du masque sera obligatoire partout où les gens sont proches les uns des autres pour un certain temps.
Source : AFP


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