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Rencontre/Roman

Qu’est-il arrivé à Élias Naccache, parti combattre Daech en Syrie ?

Dans « La Déconnexion » (éditions du Faubourg), premier roman palpitant d’Éric L’Helgouac’h, le lecteur suit les péripéties d’un petit génie du web au parcours intrigant.


Qu’est-il arrivé à Élias Naccache, parti combattre Daech en Syrie ?

Éric L’Helgoualc’h : « J’avais peur de tomber dans le cliché. » Photo Bertrand Verney

Élias Naccache a disparu « quelque part dans les ruines de Raqqa ». Dès la première phrase du roman, le lecteur est attrapé, tenu en haleine, pour ne plus lâcher, jusqu’à la dernière ligne, se demandant ce qui a pu arriver à ce petit génie du web, né au Liban pendant la guerre civile et parti rejoindre des volontaires chrétiens engagés contre Daech en Syrie. Tout au long du roman, son ami d’enfance, écrivain presque raté de son État, mène l’enquête, retraçant son parcours, de France en Syrie, en passant par le Liban, rencontrant ses proches, tentant d’expliquer la décision d’Élias Naccache. Était-il un « un immigré avide de revanche ? Un fasciste en puissance ? Un amant trompé ? » Autant de pistes explorées, dans un puzzle psychologique où se dessine la personnalité d’Élias Naccache, témoin de son époque.

Réalité ou fiction ? La question se pose tant le propos est réaliste, dans le fond comme dans la forme. Il s’agit pourtant d’une œuvre de l’esprit, totalement fictionnelle. « J’avais peur de tomber dans le cliché », reconnaît l’auteur, lors d’une rencontre dans un café, peu avant le lancement de son roman dans une librairie parisienne. À 40 ans, Éric L’Helgouac’h signe avec La Déconnexion son premier roman, après avoir exercé comme journaliste et publié notamment Panique aux frontières – Enquête sur cette Europe qui se ferme (éd. Max Milo), sur l’immigration vers l’Europe.



Deux idées, une histoire...

« Ce roman, ce sont deux idées réunies dans une même histoire, explique l’auteur. La première tourne autour de la bulle internet des années 1990 – 2000, caractérisée par des excès financiers. La seconde idée s’articule autour d’un personnage qui irait se battre en Orient. » Ce personnage, Éric L’Helgouac’h le voulait bien intégré, riche, pionnier de l’innovation internet et qui, malgré tout, bascule dans la violence, dans une sorte de régression guerrière. « Pour expliquer sa trajectoire et marquer son lien avec l’Orient, j’ai décidé de le faire libanais maronite, c’est une astuce narrative », explique le romancier breton, qui n’a mis les pieds qu’une fois au pays du Cèdre lors d’un voyage touristique il y a un peu moins de 10 ans. « J’ai vu Saïda, Tyr, Tripoli, la Békaa, la Qadicha, qui sert d’ailleurs de décor à la scène de conversion spirituelle d’Élias Naccache », se rappelle l’auteur, qui explique avoir aussi lu beaucoup d’ouvrages sur le Liban, notamment celui de Robert Fisk. Les inspirations artistiques viennent, elles, d’Emmanuel Carrère et de son Limonov, et de Citizen Kane d’Orson Welles à qui Éric L’Helgouac’h emprunte le dispositif narratif, celui d’un journaliste menant l’enquête sur la vie d’un personnage. « C’est un procédé intelligent qui permet à un narrateur non omniscient de poser des questions », justifie Éric L’Helgouac’h, qui écrit ainsi une histoire dans l’histoire. C’est ainsi que nous apparaît la vie d’Élias Naccache, à travers les yeux du narrateur, sorte de bobo parisien qui, tout en s’interrogeant sur le sens de sa vie, se souvient des moments forts de leur amitié qui remonte à l’adolescence, dans une petite ville de province de l’ouest de la France, et qui rapporte aussi ce qu’en disent son ex-femme, son collaborateur, son « oncle » libanais, sa maîtresse. Un portrait en pointillé, donc, où subsistent des ombres, des interrogations et où chacun peut voir le reflet de ses propres fantasmes. Car, au final, que reste-t-il d’un homme, sinon les souvenirs qu’il laisse derrière lui ?


Élias Naccache a disparu « quelque part dans les ruines de Raqqa ». Dès la première phrase du roman, le lecteur est attrapé, tenu en haleine, pour ne plus lâcher, jusqu’à la dernière ligne, se demandant ce qui a pu arriver à ce petit génie du web, né au Liban pendant la guerre civile et parti rejoindre des volontaires chrétiens engagés contre Daech en Syrie. Tout au...

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