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Nos lecteurs ont la parole

La balance de l’éducation pour sauver le pays

L’histoire a toujours montré que l’éducation renforce la démocratie établie, et le manque d’instruction couronne l’autoritarisme. Dans un pays qui se désigne comme démocratique d’après l’alinéa « c » des dispositions fondamentales du préambule de la Constitution libanaise, l’instruction de la population ne semble pas être l’intérêt primordial du gouvernement libanais. En tout cas, au-delà du clientélisme, il est fort difficile d’appréhender les préoccupations des dirigeants politiques.

Aujourd’hui, les Libanaises et les Libanais se divisent en deux catégories et sont mis sur une balance décisive de l’avenir de leur pays. D’une part, se placent les éduqués attachés au pays du Cèdre, qui prônent une démocratie neutre et impartiale ; et, d’autre part, une masse socialisée à la propagande, prête à trépasser pour garder son leader au pouvoir.

La question se pose : pourquoi et comment cette balance perdra bientôt son équilibre ?

Avec la crise économique, fiscale, politique et sanitaire, il est apparent que la population se paupérise et que l’éducation des jeunes est soit devenue difficile, soit en grande partie effectuée ailleurs. Au moyen terme, cela nous explique tout simplement que le cerveau instruit sera exporté, et le reste demeurera injecté. Si le restant des jeunes éduqués ne décident pas d’agir avant de partir, la balance va surement tendre vers le reste propagandé, mettant fin non seulement à une possibilité de renaissance de l’âge d’or libanais, mais au Liban démocratique tout court.

Nos proches ont acheté l’ignorance tellement chère que nous n’avons plus assez pour nous procurer une éducation, et nos mêmes proches ont travaillé tellement dur pour garder nos gouverneurs, que l’espoir de trouver un travail est devenu quasi impossible, et si possible, médiocre et insensé. Nous, jeunes, que garderons nous à nos prochains cèdres ? Et quelle histoire d’échec nous leur raconterons si nous n’agissons pas ? N’acceptons plus de vivre sur la saga des criminels de guerre, n’acceptons plus les discours endoctrinants, mais surtout n’acceptons plus de leur laisser ce qui reste du pays qu’ils ont ruiné à cause de l’allégeance de nos proches, et parfois de la nôtre.

Pour ceux qui pensent que le Liban pourra se redresser par une main invisible, cette fois ils ont tort parce que le Liban est mort. Au lieu que le flambeau soit passé, il a été soufflé par nos gouverneurs. Il ne faut pas être optimiste pour se décevoir, mais pessimiste pour bien reconstruire. Le Liban est déjà à bout de souffle. Si nous voulons le sauver, cassons une fois pour toute l’impasse confessionnelle et érigeons un Liban qui nous ressemble, sur les ruines de notre présent tout en se rappelant d’Hellen Keller qui stipulait que « le meilleur aboutissement de l’éducation est la tolérance » et c’est par la tolérance qu’on pourra développer notre éducation civique pour ainsi bâtir la nation du désir du vivre ensemble, tel que développé par Ernest Renan.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

L’histoire a toujours montré que l’éducation renforce la démocratie établie, et le manque d’instruction couronne l’autoritarisme. Dans un pays qui se désigne comme démocratique d’après l’alinéa « c » des dispositions fondamentales du préambule de la Constitution libanaise, l’instruction de la population ne semble pas être l’intérêt primordial du gouvernement libanais. En tout cas, au-delà du clientélisme, il est fort difficile d’appréhender les préoccupations des dirigeants politiques. Aujourd’hui, les Libanaises et les Libanais se divisent en deux catégories et sont mis sur une balance décisive de l’avenir de leur pays. D’une part, se placent les éduqués attachés au pays du Cèdre, qui prônent une démocratie neutre et impartiale ; et, d’autre part, une masse socialisée à la...
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