Un médecin inspecte un appareil médical. Gare aux pannes. Anwar Amro/AFP
Mettant leur menace de la veille à exécution, les importateurs de matériel médical et de laboratoire ont suspendu hier la livraison de leurs produits « sauf pour les cas urgents », une manière de dénoncer le fait que la Banque du Liban (BDL) ne couvre qu’un pourcentage réduit de leurs achats en dollars, alors que le billet vert n’en finit plus de s’apprécier par rapport à la livre.
Pour faire face à la dévaluation de la livre, la BDL avait mis en place un mécanisme de subventions pour les produits importés de première nécessité, dont le matériel médical. Dans un communiqué publié jeudi, le syndicat des importateurs a précisé que la Banque centrale n’a subventionné qu’à hauteur de 30 % l’importation de ces produits, tout en précisant que seuls 80 des 240 millions de dollars alloués au secteur ont été débloqués, une situation qui menace de banqueroute les sociétés importatrices. Le syndicat déplore aussi le non-paiement par certains hôpitaux de leurs factures, que les sociétés importatrices se font régler en monnaie américaine « fraîche ».
La décision des importateurs va certainement se répercuter sur l’ensemble du secteur de santé, en particulier sur la qualité des soins de santé. À la longue, elle pourrait paralyser certains services hospitaliers, notamment en cas de panne, quand la nécessité d’acheter des pièces de rechange se fera sentir. La décision du gouvernement d’allouer aux hôpitaux privés une trentaine de millions de dollars accordés par la BDL au titre d’aide sanitaire pourrait en atténuer l’impact pour les patients atteints de coronavirus, qui fait partie des urgences bénéficiant d’exemptions.


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