Le patriarche entouré de sept députés démissionnaires. Photo ANI
C’est pour briser l’asthénie générale dans laquelle sombre le Liban, notamment depuis la mise en échec de l’initiative française pour la formation d’un nouveau gouvernement et l’absence de perspectives quant à la formation d’un cabinet à court terme, que le patriarche maronite Béchara Raï a décidé de prendre une nouvelle fois les devants. En conviant hier les huit députés démissionnaires, le dignitaire maronite a voulu sonder leur opinion pour réfléchir avec eux à une sortie de crise.
La rencontre, qui a eu lieu au siège du patriarcat à Bkerké, a été l’occasion pour le patriarche d’échanger avec ces anciens élus qui se prévalent désormais de l’opposition afin de comprendre notamment les raisons de l’échec de la formation du gouvernement et les mesures à prendre pour sortir de l’immobilisme dont les effets risquent d’être fatals pour un pays devenu exsangue.
« La tragédie du 4 août et ce qui a suivi, dont le torpillage de l’initiative française, étaient suffisants pour démontrer que le changement, en présence des équilibres de forces qui continuent de prévaloir, ne se fera pas », commente une source proche de la réunion en allusion à l’obstruction exercée par le tandem chiite face aux efforts en vue de mettre sur pied un nouveau cabinet.
Selon l’ancien député Nehmetallah Abi Nasr, qui serait l’une des personnes à l’origine de cette idée de rencontre, l’un de ses objectifs était de discuter de la place et du rôle des chrétiens dans le pays, alors que les appels à changer le système politique se multiplient.
L’activiste Paula Yacoubian, qui a pris part à la réunion, a souligné que le patriarche maronite « était soucieux de trouver les moyens de sortir de l’impasse ». Parmi les réponses recueillies par Béchara Raï auprès de ses interlocuteurs figure la proposition de faire pression en vue de l’organisation d’élections anticipées. Une échéance qui devrait survenir après la démission d’une grande majorité de députés et qui reste l’unique voie pour amener à une recomposition politique.
Selon Nadim Gemayel, c’est plutôt la démission du chef de l’État Michel Aoun qui, a-t-il dit à L’Orient-Le Jour, « n’est pas apte à gouverner, encore moins à trouver une sortie de crise », qui est aujourd’hui requise.
À l’issue de l’entretien, les députés démissionnaires ont exprimé tour à tour leurs points de vue et insisté presque unanimement sur l’importance d’organiser des élections anticipées, saluant au passage la proposition de neutralité positive faite il y a près de deux mois par le patriarche Raï.
À son tour, l’ancien député du Metn Élias Hankache a interpellé ses collègues au Parlement pour leur demander ce qu’ils attendent encore « pour provoquer le choc nécessaire », les invitant à leur tour à rendre leur tablier. « Le temps est à l’action immédiate et non pas aux calculs politiques », dit-il.
Neemat Frem, ancien député du Kesrouan, a estimé de son côté que le patriarche est attaché à préserver une « lueur d’espoir », qui s’est amenuisée depuis l’échec de l’initiative française. « Il nous a conviés en vue de savoir où va le pays », a-t-il ajouté. Paula Yacoubian a enfin affirmé avoir exhorté Béchara Raï à « se tenir auprès des gens qui réclament leur droit à renouveler la classe politique » par le biais des urnes.


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Attention au faux pas qui risque de faire gagner le trio destructeur du pays. Il faut obtenir un accord signé de toutes les parties concernées avant de franchir le pas de la démission sinon c’est leur faire offrande de notre pays si quelques traitres changent de fusil d’épaule à la dernière minute. Ils ne seront pas à leur première trahison. Assurez-vous de vos amis les ennemis on s’en charge.
13 h 52, le 02 octobre 2020