Des milliers d’Irakiens se sont rassemblés hier place Tahrir à Bagdad et sur des places du sud du pays pour le premier anniversaire d’une révolte inédite, qui s’est essoufflée mais qu’ils promettent de relancer si aucune réforme n’est menée par le pouvoir en place. Les manifestants réclament des emplois pour les jeunes, des services publics fonctionnels, la garantie d’élections transparentes, alors que l’Irak est miné par la corruption et pris sous les feux des jeux d’influence de Washington et Téhéran. Un an – et près de 600 morts – après la pire crise sociale de l’histoire récente de l’Irak, l’ambiance dans le pays est bien différente : cette année, le Premier ministre Moustafa Kazimi, nommé en mai, a salué les défilés qui ont balayé le gouvernement précédent. La télévision d’État, qui l’année dernière avait cessé de faire état des morts, des 30 000 blessés et des manifestants enlevés, diffusait hier des clips montrant les photos des « martyrs » accompagnés de l’hymne national à la guitare électrique. Mais sur la place Tahrir, comme à Diwaniya (Sud), on rejette avec vigueur la main tendue du gouvernement et des différents partis, qui se préparent aux législatives anticipées prévues en juin. De Bassora (Sud) à Bagdad, en passant par Diwaniya ou d’autres villes, les ennemis sont nombreux : « les partis », « les milices », « l’Iran », « les États-Unis », l’ensemble des politiciens, tous sont allègrement conspués.
Moyen-Orient - Manifestation
Des milliers d’Irakiens défilent pour le 1er anniversaire de leur « révolution »
OLJ / le 02 octobre 2020 à 00h00


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