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La parole aux médecins

L’enfant, les écrans et les écoles

L’enfant, les écrans et les écoles

Photo DR

Les écrans occupent actuellement une place importante dans l’environnement de l’enfant, alors que depuis des années, les pédiatres manifestent leurs inquiétudes médicales quant à leur mauvais usage par les plus petits, même s’ils ont aussi des bénéfices bien prouvés.

La télévision peut être bénéfique, à condition de la regarder avec modération, puisqu’une consommation excessive du petit écran peut conduire à une dislocation ou à un isolement intrafamilial dépourvu de toute conversation et communication, pouvant aller parfois jusqu’au mutisme. Le petit écran peut apporter à l’enfant et à l’adolescent autant d’intérêts positifs que des risques quelquefois graves pour leur santé physique et mentale, d’où le rôle des parents pour contrôler les émissions que leurs enfants suivent. Ils doivent aussi veiller à ne pas les laisser non plus seuls devant le petit écran.

Et pour cause, puisque de nos jours la télévision est considérée comme un phénomène de société et une arme à double tranchant.

Les enfants âgés entre 3 et 5 ans peuvent en fait profiter des programmes éducatifs diffusés sur certaines chaînes dans le cadre desquels ils acquièrent une variété assez riche de vocabulaire et une prononciation correcte des termes. Mais ils peuvent aussi, plus fréquemment, être exposés à des images négatives qui auraient un effet délétère comme les addictions et les troubles de l’attention.

Et les messages véhiculés par ces images passent soit directement, soit à travers des allusions incompatibles pour leur âge. Actuellement, la plupart des actes de violence commis par les enfants révèlent une influence télévisée. Quant aux programmes concernant la nutrition avec des publicités assez variées sur les friandises, les sucreries et le « fast-food », ils exposent l’enfant à l’obésité, qui constitue un handicap majeur physique et mental chez l’enfant et plus tard chez l’adulte. Sans oublier que l’obésité est aussi engendrée par la sédentarité observée devant le petit écran, mai aussi par le grignotage avec au menu des gourmandises trop sucrées, calorifiques et contenant trop souvent des ingrédients addictifs.

Rappelons que les adolescents et les enfants de 6 à 8 ans sont des acteurs réceptifs, influençables et capteurs vulnérables des messages qui leur sont transmis par la télévision. Ainsi, un adolescent qui se trouve exposé aux publicités sur le tabac et l’alcool, avec pour héros le plus souvent des personnages aimés, des stars charismatiques et héroïques, se trouve incité à essayer les produits dont la consommation non contrôlée peut aboutir à de graves toxicités.

Comme le dit D. Rosen, « la télé ne doit pas jouer un rôle de baby-sitter électronique, elle nous entoure pour le meilleur et le pire ».

Jeux vidéo

Parallèlement, les jeux vidéo peuvent être dangereux. La motivation parfois continue des enfants pour ces jeux doit donc être soutenue par la présence d’objectifs clairs et explicites à travers des programmes éducatifs.

Les jeux vidéo, en pédiatrie surtout, ont permis à beaucoup d’enfants de participer à la gestion de leurs maladies surtout celles chroniques comme l’asthme, le diabète de type 1, le psoriasis, la fièvre méditerranéenne périodique et les cancers.

L’éducation de l’enfant malade se fait aussi à travers le visionnage de films dont les héros aident l’enfant à s’adapter à sa maladie en renforçant l’autogestion, la prise en charge et les connaissances et, par ce fait, l’estime de soi. Le visionnage de ces films doit toutefois se faire en présence des parents. Cela va amener à une diminution des soins et des hospitalisations grâce à leur puissant pouvoir immersif, réduisant par ailleurs l’anxiété et la douleur, et favorisant la passivité de l’enfant.

Covid-19 et enseignement à distance

Par ailleurs, avec la rentrée scolaire à l’ombre de la pandémie de Covid-19, les problèmes d’apprentissage et d’adaptation scolaires seront accentués, d’autant que l’apprentissage à distance majore les risques de l’enfant face aux écrans.

Dans cette forme d’apprentissage, l’enfant n’est plus passivement figé, fixant son attention sur un écran qu’il aime puisqu’il y suit un programme favori ou s’adonne à un jeu qui le passionne. Il se trouve devant cet écran pour apprendre, son école lui offrant à travers lui des programmes exigeant un effort et un raisonnement soutenu.

Pour conclure, voici quelques recommandations simples que les pédiatres doivent transmettre aux familles en tant que nouvelle prévention : accepter les écrans sans les diaboliser ; mettre les écrans dans les pièces collectives et non dans les chambres à coucher ; passer du temps loin des écrans ; accompagner les enfants devant l’écran ; veiller et aider surtout à prévenir l’isolement social.

*Le Dr Joseph Rachkidi est pédiatre.


Les écrans occupent actuellement une place importante dans l’environnement de l’enfant, alors que depuis des années, les pédiatres manifestent leurs inquiétudes médicales quant à leur mauvais usage par les plus petits, même s’ils ont aussi des bénéfices bien prouvés.

La télévision peut être bénéfique, à condition de la regarder avec modération, puisqu’une...

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