Roberto Azevedo a quitté hier la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en laissant une institution en crise et sans capitaine. Une situation qui pourrait s’éterniser en raison des élections américaines, selon des experts.
En plein marasme économique mondial causé par la pandémie de Covid-19, plusieurs chantiers de taille attendent le futur patron de l’OMC : préparer la conférence ministérielle de 2021, relancer les négociations et dénouer les conflits opposant l’organisation aux États-Unis.
Washington, s’estimant « inéquitablement » traité par le gendarme du commerce mondial, a menacé de quitter l’organisation, dont il réclame la refonte, et paralyse depuis décembre le tribunal d’appel de son organe de règlement des différends. « Les États-Unis veulent que le prochain directeur général partage les préoccupations américaines, dont beaucoup concernent la Chine. Étant donné que le directeur général est choisi par consensus, cette position ferme complique la sélection », pointe le professeur en relations internationales Manfred Elsig, du World Trade Institute à Berne. « Il se pourrait bien que de nombreux membres de l’OMC veuillent attendre après l’élection, en espérant que l’administration change », estime-t-il.
Mi-mai, le Brésilien avait annoncé à la surprise générale qu’il quitterait ses fonctions un an avant la fin de son mandat pour « raisons familiales ». Les candidats à sa succession ne manquent pas – ils sont au nombre de huit, dont trois Africains, deux Européens, deux Asiatiques et un Latino-Américain. Mais les vives tensions internationales et la politisation croissante des élections à la tête des organisations internationales risquent de compliquer le processus de désignation du successeur de M. Azevedo.


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