Une chambre du Foyer Saint-Georges sévèrement détruite. Photo DR
Dans un coin de la cour du Foyer Saint-Georges, à Achrafieh, des cadrages en aluminium sont proprement entassés. Quelques mètres plus loin, des bouts de fer gisent par terre. Un cordon blanc et rouge interdit l’accès à cette partie de la cour. « Je ne veux pas que les personnes âgées se blessent », explique Maha Abou Chaouareb, directrice du centre. Trois semaines après l’explosion du 4 août, les dégâts occasionnés à l’immeuble sont toujours visibles. Un mur extérieur crevassé qui menace de s’effondrer, des fenêtres tapissées de nylon et recouvertes de draps blancs en guise de rideaux, des portes d’ascenseurs défoncées… « C’est aujourd’hui qu’on a fini de recenser tous les dégâts », poursuit-elle. Et ceux-ci sont estimés à plusieurs centaines de milliers de dollars.
À l’instar de la grande majorité des bâtiments situés dans la région est de la capitale, ce foyer inauguré en 1874, « quatre ans avant l’hôpital Saint-Georges », a été gravement endommagé. « Les cages des deux ascenseurs sont tombées, les vitres ont été soufflées, les faux-plafonds arrachés, les lits brisés…, déplore-t-elle. La cantine du personnel a été entièrement détruite, ainsi que le bureau de la comptabilité où l’un des murs risque de s’effondrer, les dépôts, la cuisine, mais aussi le matériel et les équipements. Heureusement qu’aucun de nos patients n’a péri dans cette explosion. »
Ce centre médico-social comptait près de 42 locataires en ce jour funeste. « J’étais déjà sortie, se souvient Mme Abou Chaouareb. Nos vieillards avaient fini de dîner et l’équipe devait les ramener dans leurs chambres, sachant que 85 % d’entre eux ne sont plus autonomes et près de 50 % souffrent de démence et d’Alzheimer. De ce fait, leur évacuation n’était pas facile. Mais le personnel a réagi rapidement. Malgré leurs blessures – neuf membres de l’équipe ont été touchés – ils ont pu évacuer les malades dont neuf ont également été blessés. Ils les ont portés sur les bras et les ont mis dans la cour, où leur on a prodigué les soins nécessaires, avant de transporter deux des membres de notre équipe dans les hôpitaux, parce que leur cas était plus grave. Ils ont fait descendre aussi leurs matelas, puisqu’un grand nombre d’entre eux ne pouvait pas s’asseoir. »
Au final, seize personnes ont été évacuées soit vers d’autres centres soit chez eux. « Nous avons ramené les autres dans les étages, précise Mme Abou Chaouareb. À cet effet, nous avons rassemblé les matelas, qui étaient déchiquetés, pour leur former des lits. » Et de signaler qu’au nombre des personnes évacuées en dehors du centre, douze sont rentrés quelques jours plus tard. « Certains avaient même des escarres », regrette-t-elle.
Une des salles détruites au Foyer Saint-Georges. Photo DR
Besoin de donations
Oasis de vie, centre de soins et de convalescence pour les personnes du troisième âge, qui relève de l’Association de bienfaisance grecque-catholique de Beyrouth et ses environs, et situé dans le secteur de l’Hôtel-Dieu, présente les mêmes scènes de désolation : vitres soufflées, faux-plafonds éventrés, câbles pendant du plafond, ascenseurs défoncés… Les lieux ont été nettoyés, mais les stigmates sont encore visibles. « Les dégâts sont estimés à plus de 500 000 dollars, en comptant ceux occasionnés dans les locaux de l’association », explique Roger Nasnas, président de l’Association de bienfaisance grecque-catholique, fondée en 1883, qui vient en aide aux déshérités, aux malades et aux personnes âgées à travers son centre de soins de jour qui propose des services médicaux, une assistance aux personnes du troisième âge et des aides scolaires aux enfants.
« Le soir de l’explosion, nous avions environ vingt patients dans les chambres, dont trois qui souffrent d’Alzheimer, se rappelle Saydé Nassar, présidente du conseil d’administration du centre. Les autres étaient en convalescence. Un patient a été blessé. Une dame est tombée du lit. Mais heureusement, les blessures sont bénignes. Nous n’avons pas eu de cas sérieux. »
Formé de seize étages et comptant près de 135 lits, le centre, inauguré il y a treize mois, le 1er juillet 2019, offre des soins aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, à celles souffrant de maladies aiguës et modérées, comme aux personnes âgées. Il assure aussi des soins palliatifs. « Tous nos patients sont restés au centre », souligne Mme Nassar, notant que les chambres ont été arrangées avec les moyens de bord, le temps que les travaux de reconstruction et de réparation soient terminés.
À l’église Mar Mitr et dans le cimetière attenant, les dégâts sont estimés à près de 1,3 million de dollars. L’église a été sévèrement atteinte, les vitres ont éclaté, les chambres des Centres Saint-Paissios et Saint- Porphyrios endommagés… Ce jour-là, quelque 70 personnes se trouvaient sur place entre employés et jeunes résidant dans le foyer. « Deux personnes ont été sérieusement blessées, mais elles se portent bien, note le père You’il Nassif, l’un des prêtres de l’église. Les personnes âgées qui viennent au centre de soins de jour Saint-Paissios étaient tous partis. D’ailleurs ils viennent de 7h à 15h. Ils prennent le petit-déjeuner et le déjeuner. Certains d’entre eux font de la mouné (produits du terroir) que nous vendons dans notre boutique. L’église était même vide. D’habitude, nous faisons la prière à 18h. Ce jour-là, nous l’avons célébrée plus tôt. »
Pour pouvoir poursuivre leurs activités, tous ces centres comptent sur les donations.



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A Mme Abou Chaouaret , à n'en pas douter aux petits soins, je propose de remplacer le mot "nos vieillards" par "nos anciens".
16 h 32, le 26 août 2020