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Politique - Gouvernement

Baabda fixe un « délai d’incitation » : des consultations parlementaires en fin de semaine ?

Levée de boucliers sunnite contre Michel Aoun pour « atteinte à la Constitution et aux prérogatives de la présidence du Conseil ».

Baabda fixe un « délai d’incitation » : des consultations parlementaires en fin de semaine ?

Saad Hariri s’entretenant avec Walid Joumblatt en présence de Waël Bou Faour et Ghattas Khoury. Photo tirée du compte Twitter de Saad Hariri/ @saadhariri

Deux semaines après la démission du gouvernement de Hassane Diab, le président de la République, Michel Aoun, attend toujours une entente politique élargie autour du nom du prochain Premier ministre avant de fixer la date des « consultations parlementaires contraignantes ». Mais il semble que, désormais, Baabda s’impatiente et souhaite voir cet accord atteint… avant la fin de la semaine.

C’est ainsi qu’il conviendrait d’interpréter les propos attribués à une source proche de Baabda, citée par notre correspondante Hoda Chédid. Cette source croit savoir que la convocation aux consultations parlementaires devrait avoir lieu avant la fin de la semaine. Assurant de « l’attachement » de M. Aoun à ce que la société civile soit représentée au sein de la future équipe, la source précise toutefois que celle-ci « devrait être techno-politique, dans la mesure où la phase actuelle exige une couverture politique du cabinet, afin de ne pas revivre l’expérience du cabinet Diab ». Alors que ce dernier n’était pas dénué, loin de là, de parrains politiques.

Après deux semaines d’atermoiements, Baabda a-t-il capté des signes d’un progrès quelconque au niveau des tractations gouvernementales, et décidé de passer à l’acte ? Interrogé par L’Orient-Le Jour, un proche de Michel Aoun répond par la négative. Selon lui, « il ne s’agit que d’un délai d’incitation pour exhorter les protagonistes concernés à aller de l’avant dans leurs négociations visant à choisir le prochain Premier ministre ». « D’autant que deux semaines après la démission du cabinet Diab, personne n’a encore désigné son candidat à la présidence du Conseil, à l’exception du président de la Chambre, Nabih Berry, qui a affirmé appuyer la nomination du (chef du courant du Futur) Saad Hariri », renchérit ce proche de Baabda, déplorant le fait que « tout le monde accuse le chef de l’État d’entraver la tenue des consultations parlementaires, alors qu’aucune entente n’a été conclue sur ce plan ».

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Il faisait ainsi allusion en particulier aux faucons du Futur, et plus largement à la communauté sunnite dans son ensemble qui reproche au chef de l’État de porter atteinte aux prérogatives du Premier ministre, et donc aux privilèges de la communauté sunnite, dans la mesure où les ténors de la communauté voient dans cette façon de faire « une volonté de la part du camp présidentiel de former le cabinet et de définir son plan d’action avant même la nomination de son chef ».

Cette position, Nouhad Machnouk, député de Beyrouth, a pris le soin de l’exprimer depuis Dar el-Fatwa, à l’issue d’un entretien avec le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane. Exhortant Michel Aoun à entamer les consultations parlementaires, l’ancien ministre de l’Intérieur a déclaré sans détour : « Former le gouvernement avant la nomination du Premier ministre est une flagrante entorse à la Constitution, mais aussi au pacte national. Et nous nous y opposons. » « Il est vrai que la Constitution ne fixe au président aucun délai pour la tenue des consultations. Mais elle ne lui permet pas de former le gouvernement avant la désignation du Premier ministre », a ajouté M. Machnouk, rappelant que les consultations parlementaires sont « un devoir du chef de l’État à l’égard du Parlement élu par le peuple, quelle que soit l’opinion que ce dernier se fait de la classe dirigeante ». Nouhad Machnouk a par ailleurs fait savoir que le mufti de la République « ne restera pas les bras croisés face à cette mascarade ». « Il va réunir, dans les prochaines 72 heures, les ténors de la communauté », a-t-il encore dit, assurant que « le cheikh Deriane s’acquittera de ses responsabilités en tant que chef religieux des sunnites ».

Joumblatt à la Maison du Centre

Cette même colère se fait également sentir chez les quatre anciens Premiers ministres, Saad Hariri, Fouad Siniora, Nagib Mikati et Tammam Salam. Indignés d’une « atteinte à la Constitution » de la part de la présidence de la République, pour reprendre les termes d’une source qui leur est proche, ils se sont réunis hier à la Maison du Centre sous la houlette de Saad Hariri. Sans publier de communiqué résumant leur position, ils ont décidé de garder leurs réunions ouvertes en vue de suivre de près les développements concernant la formation du gouvernement. Quelques heures plus tard, M. Hariri a reçu le leader du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, en présence de Waël Bou Faour, député joumblattiste de Rachaya, et de Ghattas Khoury, conseiller de l’ex-Premier ministre. Il s’agit du tout premier contact entre MM. Hariri et Joumblatt depuis leur appel téléphonique à l’issue de l’explosion dévastatrice du 4 août au port de Beyrouth. La rencontre est intervenue au lendemain d’un tweet virulent du leader druze dans lequel il avait déclaré que la position de son parti au sujet du gouvernement n’est liée à celle d’aucune autre formation, dans une allusion aux efforts de Nabih Berry pour un retour de M. Hariri au Sérail.

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Quoi qu’il en soit, les milieux de Baabda semblent peu se soucier de la levée de boucliers sunnite contre M. Aoun, dans la mesure où la priorité est aujourd’hui à la mise en œuvre des réformes, pour que le président français Emmanuel Macron puisse venir au Liban, comme prévu, le 1er septembre prochain. Selon une source proche de Baabda, M. Macron devrait rendre sa décision dans les prochaines 48 heures. Entre-temps, le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammad ben Abdel Rahman al-Thani, est attendu aujourd’hui à Beyrouth où, comme l’a confié une source diplomatique à L’OLJ, il sera reçu par Michel Aoun et Nabih Berry, ainsi que par le Premier ministre démissionnaire, Hassane Diab, le leader du Futur, Saad Hariri, et des représentants de la société civile.


Deux semaines après la démission du gouvernement de Hassane Diab, le président de la République, Michel Aoun, attend toujours une entente politique élargie autour du nom du prochain Premier ministre avant de fixer la date des « consultations parlementaires contraignantes ». Mais il semble que, désormais, Baabda s’impatiente et souhaite voir cet accord atteint… avant la fin...

commentaires (7)

Yallah, ils vont nous imaginer un nouveau suppositoire placebo pour nous faire croire au papi noel. Quelle honte et quel désastre!!

Wlek Sanferlou

19 h 37, le 25 août 2020

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Commentaires (7)

  • Yallah, ils vont nous imaginer un nouveau suppositoire placebo pour nous faire croire au papi noel. Quelle honte et quel désastre!!

    Wlek Sanferlou

    19 h 37, le 25 août 2020

  • Les mafieux à la rescousse du pays qu’ils ont noyé. Faites moi rire. Ils iront jusqu’au bout dans leur comédie de, moi j’accepte et toi tu refuses. Comme si AOUN ET SON gendre Pouvaient tenir tête à Berry et HN. J’en ris encore. Ils exécutent ce que leur boss leur demande sans moufter. Il leur a demandé de perdre du temps alors ils le font. Berry a choisi la division en s’accrochant exprès au retour de Hariri pour la même raison. Ils se paient la tête des libanais qui croient encore à leurs subterfuges. Tout est calculé est planifié d’avance d’où les visites incessantes des uns chez les autres. Toujours les mêmes d’ailleurs pour recevoir les consignes.

    Sissi zayyat

    18 h 58, le 25 août 2020

  • TITI, MÉTEL MA REHTI MÉTEL MA JIITI... Rien à faire; rien ne changera avec ces mêmes personnes qui atermoient de toutes les façons possibles et inimaginables pour maintenir leurs prérogatives et privilèges qui n'ont mené qu'à la destruction quasi-totale du pays dont ils en avaient la charge... Triste constat... Courage Liban, et beaucoup de courage aux libanaises et libanais...

    Christian Samman

    17 h 15, le 25 août 2020

  • Au vu de l'évolution ou de la non évolution des choses il est clair qu'ils veulent encore croire en leur bonne étoile et former un gouvernement techno pourri ...

    Zeidan

    10 h 55, le 25 août 2020

  • droits du peuple ,AVANT TOUS! J.P

    Petmezakis Jacqueline

    10 h 54, le 25 août 2020

  • LA SCHIMPANZERIE DE NOUVEAU.

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    09 h 55, le 25 août 2020

  • Le prochain cabinet "devrait être techno-politique, dans la mesure où la phase actuelle exige une couverture politique du cabinet, afin de ne pas revivre l’expérience du cabinet Diab". Ainsi, pour avoir des chances de réussir, il faut impérativement appliquer la méthode qui a échoué! Difficile de suivre les circonvolutions d'un tel raisonnement!. Cela me rappelle la définition de l'électron par Louis de Broglie: "Une torsion du néant négativement chargée"!

    Yves Prevost

    07 h 30, le 25 août 2020

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