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Nos lecteurs ont la parole

Le 4 août 2020, 18h08

Explosion tragique, Beyrouth sous les remblais, des morts, des blessés, des cris et des larmes.

Et mon fils de trois ans et demi qui me dit : « Mami, ne pleure pas, mami, qui a cassé toutes les maisons ? Qui a tout détruit ? Mami, je ne veux pas que les gens soient tristes, je vais prier pour qu’ils deviennent heureux. Je vais donner mes jouets à tous les enfants qui ont tout perdu durant l’explosion. »

À jamais je maudis ce jour.

Tout allait bien, bon presque bien, on était juste en train de survivre, entre la révolution, le Covid, la crise économique, le chômage qui a frappé la porte de chaque famille, la corruption qui n’avait plus de limites, les restrictions bancaires et malgré tout on vivait, on s’adaptait, on essayait de s’habituer.

Jusqu’au jour où tout a changé, tout s’est arrêté, notre vie a été bouleversée, nos cœurs se sont brisés.

Beyrouth s’est effondrée.

Oui, vous avez tout détruit, vous avez tout cassé, vous avez tout changé.

Oui, vous êtes responsables de tout ce qui s’est passé, et vous allez très cher le payer.

L’incendie, l’explosion, la destruction et puis...

Le chaos a régné.

La poussière a tout caché.

Les immeubles cassés ont été évacués.

Les gens saignaient, tout le monde pleurait, paniquait...

La plupart des personnes étaient choquées.

Sans oublier ceux qui ne pouvaient plus parler ni s’exprimer.

Et la peur dans leurs yeux écarquillés.

Des parents, des frères, des sœurs, des enfants, des amoureux, des voisins, des amis se sont séparés.

Et tout le monde se questionnait : qui est probablement là-bas ? Qui de ma famille ou de mes amis habite à Saïfi, Mar Mikhaël, Gemmayzé ou Achrafieh ? Qui faut-il appeler ?

Est-ce qu’il a pu résister ? Et où tu penses qu’il était ? À quel hôpital ils l’ont emporté ? Tu penses que quelqu’un l’a accompagné ? Ou il a continué à marcher pour voir où est-ce qu’il pourrait aller et qui pourra le soigner ?

On s’est posé des milliers de questions.

Qui, comment et pourquoi ?

Mais on n’arrive plus à lever la voix...

Je pleure les victimes, les blessés et les perdus.

Je pleure les sans-abri, les murs et les pierres...

Je pleure avec et pour chaque famille qui a perdu un proche.

Je pleure mon pays, mon pauvre pays.

Et je maudis chaque personne qui est la cause de toutes nos tristesses, nos peurs, nos révoltes, nos cœurs brisés, nos ennuis et nos larmes.

Je vous maudis !

Laissez-nous vivre !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Explosion tragique, Beyrouth sous les remblais, des morts, des blessés, des cris et des larmes.Et mon fils de trois ans et demi qui me dit : « Mami, ne pleure pas, mami, qui a cassé toutes les maisons ? Qui a tout détruit ? Mami, je ne veux pas que les gens soient tristes, je vais prier pour qu’ils deviennent heureux. Je vais donner mes jouets à tous les enfants qui ont tout perdu durant l’explosion. »À jamais je maudis ce jour.Tout allait bien, bon presque bien, on était juste en train de survivre, entre la révolution, le Covid, la crise économique, le chômage qui a frappé la porte de chaque famille, la corruption qui n’avait plus de limites, les restrictions bancaires et malgré tout on vivait, on s’adaptait, on essayait de s’habituer.Jusqu’au jour où tout a changé, tout s’est arrêté, notre...
commentaires (1)

ILS VOUDRAIENT BIEN NOUS LAISSER VIVRE. MAIS A LEURS CONDITIONS A EUX. UN CITOYEN SOURD, AVEUGLE ET CON ! VOILA LEURS CONDITIONS . J'AVOUE QU'ILS Y ONT REUSSI JUSQU'ICI.

Gaby SIOUFI

11 h 06, le 20 août 2020

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Commentaires (1)

  • ILS VOUDRAIENT BIEN NOUS LAISSER VIVRE. MAIS A LEURS CONDITIONS A EUX. UN CITOYEN SOURD, AVEUGLE ET CON ! VOILA LEURS CONDITIONS . J'AVOUE QU'ILS Y ONT REUSSI JUSQU'ICI.

    Gaby SIOUFI

    11 h 06, le 20 août 2020

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