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Explosions de Beyrouth

Une semaine après la tragédie, la rue en colère rend hommage aux victimes

Des contestataires ont lancé des pierres et des morceaux de débris en direction des forces de l'ordre, qui ont réagi en jetant du gaz lacrymogène.

Une semaine après la tragédie, la rue en colère rend hommage aux victimes

Rassemblement devant la statue de l'émigré libanais, en face du port de Beyrouth, à l'entrée de la ville, le 11 août 2020. Photo Joao Sousa

Des centaines de Libanais se sont rassemblés mardi en fin d'après-midi devant la statue de l'Émigré, qui fait face au port de Beyrouth, à la sortie-nord de la ville pour rendre hommage aux victimes de l'immense explosion meurtrière qui a ravagé la capitale il y a une semaine jour pour jour, et réclamer la chute des dirigeants qu'ils tiennent pour responsables de la tragédie.

Peu après 18h, les manifestants "contre le crime du siècle" ont observé une minute de silence, à l'heure exacte de la seconde déflagration d'une violence inouïe qui avait dévasté de nombreux quartiers de Beyrouth. Dans la ville, les églises ont fait sonner leurs cloches, et les mosquées ont lancé des appels à la prière. Des images de la déflagration et de ses dégâts ont ensuite été projetées sur un grand écran installé pour l'occasion, au son de la chanson "Ya Beyrouth" de Magida el-Roumi, appelant la ville à "renaître de sous les décombres". Des drapeaux libanais étaient brandis par les manifestants, dont nombreux étaient vêtus de noir. Les équipes de secours, les secouristes et les médecins de la Croix-Rouge, ainsi que la Défense civile, ont été applaudis, avant que le nom de toutes les victimes aient été prononcés et projetés sur l'écran. Bougies allumées, les manifestants se sont ensuite dirigés vers la place des Martyrs. “Nous n’oublions pas nos martyrs, nous les ressusciterons”, dit le speaker.

La foule en route vers la place des Martyrs. Photo Hanaa Jabbour

"Beyrouth est libre, Iran dehors", ont scandé des manifestants arrivés devant l'immeuble du quotidien an-Nahar, tandis qu'un peu plus loin dans la rue de la municipalité, d'autres ont érigé sur le mur empêchant l'accès au Parlement une potence à laquelle était accrochée une effigie de Michel Aoun, à laquelle ils ont mis le feu. Comme les soirées précédentes, certains contestataires ont lancé des pierres et des morceaux de débris en direction des forces de l'ordre, qui ont réagi en jetant du gaz lacrymogène. Une grande majorité des protestataires s'est alors retirée vers la place des Martyrs.

"C'est tout le système qui doit tomber"
La rue tient la classe politique pour responsable des explosions du 4 août dans le port de Beyrouth, où étaient conservées 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium qui ont explosé, selon l'explication des autorités. Pour apaiser la rue après l'explosion, une catastrophe de trop pour une nation en crise, le gouvernement de Hassane Diab a présenté lundi sa démission. Mais une semaine jour pour jour après la tragédie, les Libanais exigent de voir les responsables du drame traduits en justice, réclamant des comptes pour la négligence de l'État.

L'édito de Issa Goraïeb

Le syndrome des hauteurs


"Je suis descendu pour tous ces gens qui sont morts et dont le sang n'a pas encore séché", explique Walid Abou el-Hosn, médecin de profession. "C'est tout le système qui doit tomber. Il ne doit pas rester un seul d'entre eux, ou alors on ne pourra pas reconstruire un nouveau Liban".

"Nous ne nous arrêterons pas à la démission du cabinet. C'est tout le système qui doit tomber", lance une manifestante présente sur les lieux du rassemblement, où se trouve un panneau sur lequel elle inscrit "Gouvernement transitoire de salut formé de spécialistes avec des prérogatives exceptionnelles, pour préparer les prochaines élections législatives".

"Les leaders qui tuent leur peuple ne seront jamais pardonnés", peut-on lire sur cette banderole. Photo Joao Sousa

"Tous les jours, je viens de Saïda pour aider", affirme Rita, qui affirme être venue à la manifestation "pour la commémoration de l'explosion". "La démission du gouvernement ne veut rien dire. S’ils avaient vraiment compris, ils auraient remis leur démission le jour même de l’explosion. Maintenant on veut une démission totale, du président et du Parlement", lance-t-elle.

"Je suis en première ligne depuis samedi", souligne de son côté Aya, âgée de 24 ans, jour du premier grand rassemblement après l'explosion dans le centre-ville de Beyrouth qui avait été émaillé de violences entre protestataires et fores de l'ordre. La manifestante plaide pour l'organisation de rassemblements massifs "une ou deux fois par semaine".


Des centaines de Libanais se sont rassemblés mardi en fin d'après-midi devant la statue de l'Émigré, qui fait face au port de Beyrouth, à la sortie-nord de la ville pour rendre hommage aux victimes de l'immense explosion meurtrière qui a ravagé la capitale il y a une semaine jour pour jour, et réclamer la chute des dirigeants qu'ils tiennent pour responsables de la tragédie.Peu après...

commentaires (7)

Heureusement que certains libanais refusent de baisser les bras et d’abandonner, malgré tout les malheurs qu’ils subissent. Il n’y a que le peuple qui peut sauver sa nation. Qu’attendent les autres pour les rejoindre au plus vite pour leur prêter main forte et grossir les rangs des révoltés résistants. Il faut le faire pour déborder tous les mal intentionnés et les faire fuir. Que représentent 1000 2000 ou 100.000 individus face à des millions de citoyens déterminés et qui n’ont plus rien à perdre sinon leur pays s’ils restent les bras croisés à se lamenter?

Sissi zayyat

15 h 23, le 12 août 2020

Tous les commentaires

Commentaires (7)

  • Heureusement que certains libanais refusent de baisser les bras et d’abandonner, malgré tout les malheurs qu’ils subissent. Il n’y a que le peuple qui peut sauver sa nation. Qu’attendent les autres pour les rejoindre au plus vite pour leur prêter main forte et grossir les rangs des révoltés résistants. Il faut le faire pour déborder tous les mal intentionnés et les faire fuir. Que représentent 1000 2000 ou 100.000 individus face à des millions de citoyens déterminés et qui n’ont plus rien à perdre sinon leur pays s’ils restent les bras croisés à se lamenter?

    Sissi zayyat

    15 h 23, le 12 août 2020

  • A propos de l’argent ça c’est la conscience de ceux qui accepteront une rétribution financière qui seront coupable d’ailleurs la faute n’est pas à celui qui achète des voix mais ceux qui acceptent et qui trahissent ce pourquoi ils sont descendu dans la rue .... Et dans ce cas alors le dicton est à ça place on mérite les politicien qui nous gouvernent

    Bery tus

    20 h 38, le 11 août 2020

  • Et tant qu'il y aura aussi beaucoup d'argent à distribuer pour s'assurer des voix aux élections, elles seront biaisées.

    Sybille S. Hneine

    20 h 24, le 11 août 2020

  • Pourquoi ne pas saisir la totalité des avoirs de ceux qui savaient pour payer les réparations de ceux qui ont subis. Si on ajoute ceux du parrain de la présidence, de son gendre arrogant, de son acolyte du parlement, on devrait plus ou moins arriver à couvrir les frais. Lequel de ces excellences ont fait un don?

    Bashir Karim

    20 h 13, le 11 août 2020

  • A Bery tus "Tant qu'il aura des hommes ..."

    Lillie Beth

    19 h 23, le 11 août 2020

  • Rien ne peut calmer les gens lésés.. absolument rien. Et que dire de ceux enterrés à cause de la négligence et de la corruption ? Des dizaines de milliers de maisons dévastés, attendront longtemps sans percevoir des dommages pour réparations. Le pays doit être livré aux soins des instances internationales, et arraché de force aux bandits et malfaiteurs.

    Esber

    18 h 52, le 11 août 2020

  • Wlok même si tout le monde tombe ... tant qu’il y aura des armes hors de la légalité les prochaines élections Législative seront biaisés faut arrêter de croire que tout se passera bien meme si tout le monde démissionne

    Bery tus

    18 h 48, le 11 août 2020