Le patriarche maronite, Béchara Raï, le 8 avril 2026 lors d'une tournée à Kawkaba, dans le caza de Marjeyoun au Liban-Sud. Photo d'archives Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Le procureur général près la Cour de cassation, Ahmad Rami el-Hajj, a clôturé les enquêtes préliminaires qu’il supervisait concernant la plainte liée à la diffusion par la chaîne LBCI d’une vidéo caricaturale du Hezbollah inspirée de la série « Angry Birds », ainsi que la plainte déposée contre le chanteur Ali Barakat, l’activiste Alaa Abou Jabal et d’autres, à la suite de la publication et de la diffusion d’une image jugée offensante envers le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï.
Le clip représentait les combattants du Hezbollah sous forme d’oiseaux et les Israéliens sous forme de cochons. La justice a estimé que cette production ne constituait pas une infraction pénale et relevait de la liberté d’expression caricaturale, sans atteinte à un dogme religieux ni à un symbole sacré. La LBCI avait néanmoins retiré la vidéo à la demande du procureur général.
L’incident avait déclenché une campagne de dénigrement en ligne visant le patriarche maronite Béchara Raï. Plusieurs images du dignitaire religieux ont circulé sur les réseaux sociaux, dans lesquelles son visage était remplacé par une chaussure semblable à celles portées par des combattants du Hezbollah, un cochon ou encore un personnage inspiré des « Angry Birds ». Un autre montage le montrait souriant aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ces contenus ont été diffusés par plusieurs comptes, dont certains semblaient basés au Liban-Sud, tandis que d’autres apparaissaient comme de faux comptes ou des bots.
En revanche, le procureur a demandé que des poursuites soient engagées contre Ali Barakat et Alaa Abou Jabal, ainsi que contre toute autre personne que l’enquête pourrait identifier, pour des publications sur Facebook jugées insultantes à l’encontre du patriarche maronite, « sa personne et à son statut, pour outrage à sa symbolique religieuse, incitation au sectarisme et atteinte à la coexistence entre les composantes de la société libanaise ».

